|
|
|
Ce match de 1978 entre Karpov et Kortchnoij fut le premier tournoi d'échecs que j'ai suivi dans ma vie...grace aux coupures de divers journaux quotidiens qui publiaient alors les parties...( pas d'internet à l'époque)
J'en ai gardé l'image d'un match (ou d'un combat ?) Extraordinaire où les deux joueurs étaient capables de gagner une partie à tour de rôle...et oû même les parties nulles étaient un vrai combat.
Karpov était désigné comme le favori par la presse, et pourtant Kortchnoij a montré qu'il était le candidat le plus dangereux pour lui ravir la couronne mondiale.
Un match extraordinaire en intensité et en incertitudes...
Seuls les affrontements qui allaient survenir quelques années plus tard entre Karpov et Kasparov ont pu éclipser l'intensité dramatique de ce match de 1978 à Baguio.
|
|
|
Si un mot devait définir une rencontre de cette importance (Baguio 1978) pour le commun des mortels c'est celui de transfuge. Autant 1972 illustre le combat Est-Ouest autant Baguio 1978 restera comme le match de l'Urss contre sa dissidence.
Comme mise en bouche j'extrais ce passage de l'excellent article d'Europe échecs.:
1976 : Le temps de l’exil
À la fin de l’année 1974, il rencontre Karpov en finale des Candidats à Moscou. Le match est dramatique et, après sa courte défaite (11,5-12,5), Korchnoï affirmera que ce match a été faussé et qu’il est victime d’une véritable « conspiration nationale ». D’esprit frondeur, il avait déjà maintes fois critiqué les prix insuffisants dans les tournois soviétiques, la surveillance à laquelle les joueurs soviétiques se rendant à l’étranger étaient soumis, il n’avait jamais caché son admiration pour Fischer... Cette fois, il est violemment pris à partie par la presse qui l’accuse de manquer de sportivité et d’être mauvais perdant. Cela s’accompagne de mesures concrètes : réduction de salaire, et il sera rayé pendant un an des compétitions internationales. Il sait maintenant que son avenir est ailleurs. Fin 1975, il joue à Hastings et il en profite pour emmener des livres d’échecs auxquels il tient et des albums de photos, qu’il fait parvenir à Sosonko, maintenant fixé aux Pays-Bas. En juillet 1976, à l’issue du tournoi IBM qu’il remporte à Amsterdam, il se rend dans un commissariat de police et demande l’asile politique. Une page est tournée.
On pourra également écouter avec profit cette émission de Radio Classique.
|
|
|
C'est malheureux à dire mais environ 75% des maches soviétiques (dans mon esprit implique deux soviétiques sur le territoire soviétique) étaient "faussés".
Il était par exemple interdit de gagner contre Karpov. Donc en 1974 Viktor Lvovitch n'avait tout simplement pas le droit de gagner. Mais la nuance est que les deux joueurs, au moment du match, ne savaient pas que Fischer allait "abandonner" le titre. Donc de facto Karpov et Kortchnoi jouaient en fait pour le titre mondial sans le savoir. Et donc Kortchnoi a bien perdu 3X la finale, en 1974, 1978 et 1981. Ce qui a fait dire ensuite à Kortchnoi : " Si j'avais su, j'aurais joué "autrement " sous entendu, contrairement à Bronstein contre Botvinnik, je n'aurais pas respecté les instructions et j'aurais tenté ma chance.
Et comme il a estimé qu'il n'avait pas pu "défendre correctement ses couleurs" il a décidé de "partir" à l'étranger ! On connait la suite.
|
|
|
C’est un match culte, marqué par la parapsychologie !
|
|
|
Oui, selon moi beaucoup plus intense que 1972 car Karpov ET Kortchnoi ont "déployé' beaucoup efforts pour tenter de déstabiliser l'adversaire.
Et puis 5-5 avant la dernière partie alors qu'à Reykjavik, Spassky avait rendu les armes depuis un moment. On connait l'histoire mais franchement Karpov devait pas être super à l'aise avant la dernière partie.
|
|
|
A noter que la femme et le fis de Kortchnoï sont retenus en URSS depuis déjà un moment et bien sûr durant le match.
On a du mal à imaginer un tel scénario aujourd'hui. (Remarque en direction des centaines de jeunes francophones qui visitent ce site et lisent ce fil avec espoir et curiosité).
A côté de ces aspects tragiques, ou en dépit, le livre de Hartston ne manque pas d'évoquer quelques éléments sinon comiques du moins relativement légers au regard du reste comme :"Korchnoi avait eu l'intention de demeurer stoïquement assis lors de la cérémonie officielle d'ouverture, tandis que retentirait l'hymne national soviétique. L’exécution de ce téméraire projet lui fut épargnée; l'orchestre joua par erreur l'Internationale". Page 65
18 Juillet 1978 Partie 1.
Kortchnoi a les Blancs.
1. c4 Nf6 2. Nc3 e6 3. Nf3 d5 4. d4 Be7 5. Bg5 h6 6. Bh4 O-O 7. e3 b6 8. Rc1 Bb7 9. Bd3 dxc4 10. Bxc4 Nbd7 11. O-O c5 12. dxc5 Nxc5 13. Qe2 a6 14. Rfd1 Qe8 15. a3 Nfe4 16. Nxe4 Nxe4 17. Bxe7 Qxe7 18. Nd4 Rfc8 1/2-1/2
Début décevant à tout point de vue. d'aprés W.R. Hatston pouvons-nous en dire autant 48 ans après ?
A noter également que dans son commentaire (diag) il évoque: " Au cours de leur rencontre de 1974 Karpov avait opté dans cette position pour 3... b6, se proposant de jouer une Ouest-Indienne. Il se fie aujourd'hui à la solidité éprouvée du Gambit de la Dame".

|
|
|
Il n'y avait pas de streaming sur internet pour ce match mais un récapitulatif sur la télévision nationale française le soir (assez tardivement)
|
|
|
On n'en trouve hélas aucune trace sur Ina Madelen.
|
|
|
Je reviens à la première et passionnante partie du livre qui constitue une présentation générale et qui contient les biographies des 2 protagonistes.
Anecdote concernant Karpov lorsqu'il était junior.
Sa première participation à un tournoi à l'étranger...à Triniec, en Tchécoslovaquie... Une fois sur place, Karpov et Kupreitchik constatèrent qu'il y avait erreur; il ne s'agissait pas d'un tournoi junior.... Karpov gagna neuf parties, en annula quatre et s'adjugea la première place avec un point et demi d'écart. Début saisissant, préfigurant l'avenir.
|
|
|
Cf DocteurPipo, le 30/07/2026 17:00
C’est un match culte, marqué par la parapsychologie !
C'est en fin de match le deuxième terme, après dissidence, qui me semble en effet estampiller durablement cet évènement.
On le verra au fur et à mesure mais des lunettes noires, du yaourt, du maitre de l’hypnose d'AK et des gourous de VK il naitra une farce qui apparaitra d'autant plus sinistre qu'elle s'adossera à des destins individuels sérieusement cabossés.
J'entrais en Terminale à l'époque et tout comme la rencontre de 1972, à distance des 64 cases (je parle là du grand public qui ne joue pas ou peu, en tous cas pour celui qui m'entoure, mes parents etc) ce match laissera quand même un drôle d'arrière-goût mais nous y reviendrons j'imagine.
Curieusement je m'aperçois qu'à l'époque j'étais beaucoup plus intrigué par les à côtés des pgn ce qui a pour effet de me mettre aujourd'hui en position de quasi-découvrir les rondes (j’exagère un peu mais à peine).
Qu'écrivait-on dans Le Monde le 18 Juillet 1978 ? C'est Jacques Sauvageot aujourd'hui disparu qui s'y collait dans un article intitulé "Deux rois pour une couronne."
On pouvait y lire:
Avant même le début de la rencontre. Kortchnoi redoute quelque arme secrète, se défie des rayons magnétiques et du K.G.B. Il voudrait voir Batourinski, le chef de la délégation soviétique, - pendu, noyé, écartelé " Les Russes, eux, sont venus pour voir gagner leur champion et disputeront chaque point du règlement On ne sait pas encore, par exemple, sous quel emblème jouera Kortchnoi, qui veut adopter soit le drapeau suisse - mais il n'est pas citoyen helvétique, soit le drapeau soviétique à condition qu'on y inscrive : " Je me suis enfui " On vient d'apprendre qu'un laborieux compromis aurait décidé la... suppression des deux drapeaux.
L'excellente série "The Americans" (tirée de faits réels) que j'ai déjà évoqué sur ce forum illustre parfaitement ce que pouvait concrètement mettre en œuvre le pouvoir soviétique. On ne pouvait donc que prendre au sérieux tous les avertissements.
|
|
|
Des années après Je me demande toujours si Kortchnoij et Karpov croyaient réellement à ces histoires de parapsychologie et de rayons invisibles ou bien s'ils faisaient semblant d'y croire pour agacer leur adversaire...
Il est certain que si l'on est agacé, par une chose quelconque, un fauteuil qui grince, une ampoule qui clignote, un spectateur avec son paquet de chips , une mouche qui vole autour de vos oreilles, etc etc , vous pouvez manquer de concentration devant l'échiquier et faire une bourde ...
C'est simplement de la psychologie , sans para....
|
|
|
Je préfère quand même le cht 84-85 inégalé depuis. Même si 72 a été surtout médiatisé.
|
|
|
Un sympathique intervenant lassé (comme on le comprend) de l'ambiance je le cite "délétère" qui règne ici me signale par un autre canal une bande déssinée toute entière tournée vers Baguio 1978 !!!.
Qu'il soit infiniment remercié ! J'ai hâte d'en prendre connaissance.
Sinon concernant ce qu'il est convenu d'appeler le match de 1974 (entre ces 2 K) une anecdote (difficile à vérifier comme tant de choses autour de ces rencontres...) cette fois-ci à base du combo chemise/cravate dont j'ignorais tout est narré page 53 par W.R. H
|
|
|
Dans son "Karpov-Kortchnoi : Championnat du monde 1978" page 10 on appréciera le clin d’œil du journaliste de Nice-Matin, Jacques Negro en direction de son confrère du Monde Jacques Sauvageot mentionné plus haut.
Quand je dis on appréciera c'est bien sûr sous réserve que l'on prenne plaisir à constater l'existence d'une presse diversifiée et que l'on ne sombre pas dans des travers rances, nauséabonds et simplificateurs.
20 Juillet 1978 Partie 2.
Karpov a les Blancs. Partie espagnole. Nulle sur proposition de Karpov.
1. e4 e5 2. Nf3 Nc6 3. Bb5 a6 4. Ba4 Nf6 5. O-O Nxe4
6. d4 b5 7. Bb3 d5 8. dxe5 Be6 9. c3 Bc5 10. Nbd2 O-O
11. Bc2 Bf5 12. Nb3 Bg4 13. Nxc5 Nxc5 14. Re1 d4 15. h3 Bh5
16. cxd4 Bxf3 17. Qxf3 Nxd4 18. Qc3 Qd5 19. Be3 Nxc2 20. Qxc2 Nd3
21. Red1 Rfd8 22. Qxc7 Qxe5 23. Qxe5 Nxe5 24. b3 f6 25. Bb6 Rxd1+
26. Rxd1 Rc8 27. Rd2 h5 28. Be3 Kf7 29. f4 1/2-1/2
Hartston dans l'un de ses commentaires nous dira Nouvelle nullité relativement rapide, mais plus intéressante que la précédente...
mais tournons-nous vers Jacques Negro pour l'introduction à l'affaire du Yaourt.
Position du diagramme 22. Dxc7 joué:
C'est ici que se passe le fameux incident du pot de yaourt apporté à A. Karpov, la secrétaire de V. Kortchnoi, Mme Petra Leuwerik, voulant y voir un message codé émanant de la délégation soviétique, ce qui amena l'arbitre à réglementer la distribution des vivres. A. Karpov fut autorisé à recevoir à 19h30 les jours de jeu un yaourt de couleur violette. Tout changement de couleur devait être précisé par écrit...
Post-Scriptum.
J'ai en main la fameuse BD elle date de Septembre 2025 et c'est en fait une adpatation du roman de Javier Cosnava "33 años en prisión" non traduit en français. Baguio 1978 est central mais vient en appui et/ou complément d'autres histoires ou d'autres facettes. Un retour plus circonstancié après lecture...

|
|
|
Ref Krusti : j'ai beaucoup apprécié de lire les comptes rendus du match de Baguio dans le quotidien Le Monde, je dois même avoir gardé quelques articles quelque part chez moi...
J'ai été lecteur régulier de ce journal pendant plusieurs très longues années (>20) ...lorsque ses journalistes qui y écrivaient des articles d'opinion ou des analyses sociétales étaient des professionnels compétents et démocrates. Il me semble que ce n'est plus le cas actuellement.
|
|
|
Votre itinéraire personnel vers les extrêmes ne m'intéresse pas.
|
|
|
@Krusti
Tu as conscience que à chaque fois que tu ramène ta (framboise) fraise tu t'enfonces ?
|
|
|
Vous débarquez comme ça, avec votre compte anonyme, sur un fil qui ne vous comptait pas comme intervenant, avec une histoire à base de fruits rouges à laquelle je ne comprends rien et au global pour me manquer de respect.
On est où ?
Vous avez clairement de la chance que le forum ne soit plus (du tout) modéré.
Si en m'enfonçant je m'éloigne (de fait) de vos hors sujets échiquéens alors je vais continuer à creuser, et avec la foi du charbonnier.
Ici on parle de Baguio 78.
La BD vers laquelle je me suis dirigé enthousiaste me laisse tout de même un goût amer. Le graphisme est vraiment pas mal (hors les visages ce qui est un gros problème).
Le texte, l'histoire, les scenarios... on va dire la dimension policière qui se greffe sur le match (pour lequel l'auteur respecte beaucoup la réalité allant jusqu'à utiliser les vrais noms propres, quelques vraies séquences...) pouvait convenir même si je la trouve bien tarabiscotée mais il y a vraiment des moments gênants comme les 3 cases du coït des deux agents de la CIA amants d'un soir.
Donc je suis pour ma part perplexe.
|
|
|
"au global pour me manquer de respect."
Ne fais pas aux autres ...
==> Krusti, le 07/08/2026 12:59
"Votre itinéraire personnel vers les extrêmes ne m'intéresse pas." <==
Tu accuses une personne d'être extrémiste et tu t'étonnes de te prendre un retour de baton.
Maintenant j'arrète parceque je sais que c'est en pure perte.
Donc je te laisse le mot de la fin 😉
|
|
|
En effet, ces trois cases me laissent perplexe.
D'abord, l'information donnée dans la deuxième se déduit directement de celle de la première. J'ose espérer qu'une agente de la CIA serait plus efficace dans sa transmission d'information.
Ensuite, reconnaissons-le, dire le texte du phylactère de la troisième case à son partenaire garantit de lui faire penser à Lulu.
Dommage, je trouve que ça gâche la relation. Celle dépeinte dans les cases certes, mais aussi celle du bédéaste à saon lecteur·ice.
|
|
|
A son retour (" Dis... quand reviendras-tu ? Dis... au moins le sais-tu ? ") le modérateur va halluciner...
|
|
|
Ce n’est pas « le modérateur », Chemtov, c’est Conchita Hystérique, sa métaphore amusante dont on trouvera des fils entiers expliquant qu’elle n’est ni raciste, ni sexiste, ni autre chose (j’avoue que le nom en -iste du biais consistant à réduire les supposés problèmes psychologiques des femmes à leur utérus en dépit de toute science m’échappe, temporairement je l’espère). Je suppose donc, pour continuer dans la même veine hautement respectueuse et amusante, qu’entre deux siestas, elle est partie préparer la paella pour ses 17 enfants qu’elle emmènera à la corrida après la messe. Olé !
|
|
|
@Chemtov
"Au printemps, tu verras, je serai de retour. "
Gardons espoir et montrons-nous patients.
|
|
|
Les 3 secondants de Korchnoi :
Keene, Stean et Murey
Aucune connexion entre Lombardy et Korchnoi
On peut mettre Petra et les deux hindoux comme secondants ? :)
|
|
|