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Représentations du jeu d'échecs en littérature, au cinéma ou dans les Arts ...la suite par DDTM le  [Aller à la fin] | Actualités |
la suite ....


DDTM, le
le fil précédent :
https://www.france-echecs.com/article.php?art=20141027185857210


J'ai mentionné une nouvelle d'Isaac Asimov intitulée "Une curieuse omission" .
Elle traite non pas d'Alice au Pays des Merveilles, mais de sa suite ,"De l'autre côté du miroir", où il est effectivement question des Echecs.
Il s'avère que dans les aventures d'Alice, Lewis Carrol fait intervenir toutes les pièces d'échecs, sauf le Fou (la curieuse omission).
Il semble que l'auteur ne voulait pas froisser l'Eglise : en effet , le Fou en anglais est l'Evêque (Bishop) !


Kosmo, le
Ah, Asimov... Plus de 25 ans que j'ai lu la majorité des nouvelles et romans, et ce commentaire de supergogol m'a remis en mémoire le roman "Cailloux dans le ciel" ("Pebble in the sky", 1950), lu dans sa traduction chez J'ai Lu.
L'histoire reprend en une partie d'Échecs dans le texte, en expliquant verbalement les déplacements de façon précise, ce qui m'a permis de la noter en notation algébrique au fur et à mesure de ma lecture, et ensuite de la rejouer (je dois encore avoir la feuille dans mes archives de parties!)
Je découvre qu'il y a une page wikipedia dédiée avec des infos intéressantes:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Cailloux_dans_le_ciel


Krusti, le
Intéressantes ces informations concernant ces textes d'Asimov que je ne connais pas.
Je serais bien tenté d'aller y jeter un œil si je n'avais pas fait la douloureuse expérience récente qui est celle d'avoir voulu renouer avec une de mes grandes passions de jeunesse à savoir précisément la SF.
J'avais littéralement dévoré le cycle de fondation pour ne parler donc que d'Asimov et pour une raison indépendante du jeu j'ai voulu il y a peu commencer une relecture... mais au bout de 70 pages l'ouvrage m'est tombé des mains.
Je n'ai rien retrouvé de la magie initiale.
Bref.
Dans la fiche Wiki de "Cailloux dans le ciel" je lis que la partie en question est reprise d'une partie entre Boris Verlinsky et Grigory Levenfish à Moscou en 1924.

Levenfish... jamais ce nom ne m'est apparu autant que ces derniers temps.
Anecdote.
Le nom de Levenfish apparait aussi dans la série The Queen's Gambit. Dans la traduction Gallmeister (éditeur qui se pique de reprendre les traductions et dont j'ai déjà via un autre exemple frappant montré les limites sur un autre post) la formulation vaut le détour.
En effet dans la version initiale de l'ouvrage Walter Tevis écrit (Chapitre I page 14 aux éditions Vintage books A division of penguin Random House LLC New York) "He played the Levenfish Variation".
La traduction en 10/18 de 1983 se contente d'un précis "Il jouait la variante Levenfish" mais chez Galmestier... roulements de tambour... nous avons page 32 "Il joua la variante Lavendish""


Chemtov, le
Pas mal ! Un croisement d'un Cavendish et d'un Levenfish ? On a évité la variante du GM Fishenchips...


pour ceux que cela intéresse, vous pouvez télécharger "Cailloux dans le ciel " en version française, format PDF

sur le site sciarium.com

l'inscription est rapide et gratuite et sans malware !

cordialement


Meteore, le
C'est un peu comme 2001....qui est subjugant quand on est adolescent au début des années 1970....et qui a un peu perdu de sa magie aujourd'hui...je parle plus du film de kubrick que du livre...

Barry Lindon à moins vieilli


Krusti, le
Me rendant en métro vers Malakoff pour participer au 18° Open International je poursuivais ma lecture de Lucien Leuwen quand je tombe, 2° partie au milieu du chapitre 39, sur (Dialogue entre le père de Lucien et son fils sur sa future situation, le père parle...) :
...
- Il n'y a que deux choses sur lesquelles on n'ait pas encore trouvé le moyen d'être hypocrite: amuser quelqu'un dans la conversation, et gagner une bataille. Du reste, ne parlons pas de Napoléon. Laissez le sens moral à la porte en entrant au ministère, comme de sont temps on laissait l'amour de la patrie en entrant dans sa garde. Voulez-vous être un joueur d'échecs pendant dix-huit mois et n'être rebuté par aucune affaire d'argent ? Le sang seul vous arrêterait ?
- Oui, mon père.
- Eh-bien ! N'en parlons plus.

....
Note 1 ce n'est pas une afféterie du Krusti d'inscrire ici joueur d'échecs en italique c'est ainsi dans le texte et sans que l'appareil critique, pourtant riche, n'en précise l'explication.
Note 2 pour Meteore: Barry Lindon, chef d’œuvre ultime, indémodable et sublime. J'en ai la larme à l’œil à chaque fois que je le revois... ému presque autant que quand je vois filer une victoire après avoir connu une position à +5. Mais n'en parlons plus.


Krusti, le
Je me demande ce que ça donne...
Londres, 1589. Elizabeth Ire règne sur une nation qui se remet de ses blessures, dues aux querelles politiques et religieuses. La souveraine peut compter sur L’Echiquier du Roi. Fondé en 1196 par Richard Cœur de Lion, ce service entièrement dévoué à la Couronne règle ses affaires secrètes. Lorsque débute l’histoire, il est dirigé par sir Francis Drake, le flamboyant corsaire.

Depuis quelques temps, une série de meurtres frappe Londres. Ils se caractérisent par une mise en scène très élaborée. Un juriste est retrouvé avec le visage couvert de guêpes. Un collecteur d’impôts est dévoré par trois chiens qui semblent n’en faire qu’un, tel Cerbère. Francis Drake comprend très vite que toutes les victimes travaillent pour la maison royale. Plus étonnant, les meurtres correspondent aux châtiments décrits dans L’Enfer de Dante. Craignant une menace pour la reine, le corsaire décide d’enquêter en compagnie d’un assistant haut en couleurs, le poète et dramaturge Christopher Marlowe.

Une pièce au rythme mêlant action, suspense et humour, hommage au Nom de la Rose et aux Trois Mousquetaires.


https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-samedi-noir/lechiquier-du-roi-de-xavier-maumejean


Chemtov, le
Alors ? qu'est-ce que cela a donné ? Cela parle un peu d'échecs ?

Cet ''Echiquier du Roi'' m'a fait penser au ''Chancelier de l'Echiquier'' et à l' ''Exchequer of pleas'' ( ''Cour de l'Échiquier'' ) de nos amis britanniques. Et puis, en digressant encore davantage, j'ai vu cette nuit un merveilleux ''Grand Echiquier'' ( égal aux précédents ). Quel moment de bonheur !
Les Echecs y sont absents, mais le titre est à la hauteur du remarquable contenu de l'émission ( ou l'inverse ).


Krusti, le
La pièce audio que j'évoquais le 03/05/2022 09:56 de mon point de vue ne tient pas ses promesses.
Le projet était intéressant (thriller convoquant des éléments de La divine comédie de Dante) mais l'interprétation et la réalisation laissent vraiment à désirer.
Les échecs sont par deux fois (début et fin) évoqués mais de manière extrêmement brève (et pas désagréable si on aime les clins d’œil) et tout à fait anecdotique.

Sinon ils sont de retour, les échecs, chez Stendhal. Je termine la lecture de Lucien Leuwen et comme pour la fois précédente, il s'agit d'une "relation" entre Lucien et une de ses rencontres. Là aussi c'est tout à fait anecdotique.
C'est dans l'un des derniers chapitre.


Krusti, le
C'est dans l'un des derniers chapitres. (pardon)


Avis sur le livre "Grands maitres des échecs ; 50 destins extraordinaires" .

Je sais bien que l'on a déjà parlé de ce livre sur le forum, mais je n'arrive pas à retrouver dans quel fil de messages.

j'ai donc reçu hier ce livre que je viens de terminer.
Mon avis est mitigé je l'avoue .

Le livre inspire confiance grâce à la qualité de fabrication :reliure avec épaisse couverture rigide, et plus de 310 pages , avec un poids conséquent.

(rappel livre paru en 2021 chez EPA , prix 24.95 euros)

Le contenu est intéressant, le choix des 50 grands maitres retenu quelquefois surprenant ( je ne connaissais pas du tout Koltanowski !) .

Le plus agaçant et décevant pour moi est lié à l'aspect " artistique " des illustrations du livre :

De nombreuses photos noir et blanc historiques sont littéralement massacrées par des superpositions de grands bandeaux rouge foncé et de gros cercles jaunes n au point de nuire gravement à la visualisation des photos !

Je n'arrive pas à comprendre ce qui a pu passer par la tête du responsable de ce massacre ( est-ce Simon Bertrand lui même ? ) : s'est-il entrainé dans sa jeunesse à Taguer et défigurer les Wagons tous neufs de la RATP ou les couloirs du métro parisien ??

Il y a aussi les dessins des portraits de GMI par le dessinateur Igor Hofbauer : il a vraiment un style particulier, mais certains joueurs célèbres sont carrément non-reconnaissables de mon point de vue : certains ressemblent davantage à des membres de la famille des Simpson !



Sinon il y a tout de même de magnifiques photos couleur pleine page de certains joueurs ou joueuses , par exemple Hou Hifan, Judith Polgar, mais aussi Karpov jeune, Fischer, Kortchnoij, ....et en noir et blanc : Rubinstein, Keres, Bronstein souriant en réfléchissant à une position, un surprenant portrait de Morphy....


Pour ce qui du texte relatif aux portraits c'est très bon, un style simple, des anecdotes nombreuses, un cadre historique, l'essentiel est dit en 2 ou 3 pages par joueur.


En conclusion, un livre intéressant , recommandable , hélas desservi par des choix artistiques douteux.


Chemtov, le
Il semble effectivement que la FIDE ait décerné un titre de grand maître ''honoraire'' à Koltanowski ( un demi-siècle après ses meilleurs résultats ). Peut-être pour deux tournois joués en 1934 et 1935. Autrement, on ne trouve pas grand chose de lui. Je n'ai jamais entendu parler de lui comme d'un ''grand maître''. Il avait fait nulle contre notre vieux champion du club, Gaston Wolf, lors d'une tournée de son équipe à Strasbourg dans les années cinquante. Mais il était cité alors comme un simple ''maître''.


Reyes, le
Colle,Edgar - Koltanowski,George, Belgium (3), 17.11.1925 Gambit Dame [D67]
https://www.europe-echecs.com/art/l-ombre-de-reti-5888.html

Alekhine était incontestablement la grande vedette du tournoi et Tartakover raconta cet anecdote à son sujet :
Dans un petit restaurant il fut défié pour jouer une partie par un inconnu.
Alekhine accepta et, au début de la partie avant de jouer son premier coup, il enleva la tour du côté de la Dame.

Son adversaire répliqua fièrement :
« Mais, Monsieur vous ne pouvez faire cela, vous ne me connaissez même pas ? »

« C’est vrai. » répondit Alekhine avant d’ajouter calmement :
« C’est justement parce que je ne vous connais pas que je peux vous rendre une tour ! »
(Rapporté par G. Koltanowski)


Chemtov, le
Très bel article et contribution des deux Georges (B.et K.) Où j'apprends quelque chose... sur la Défense Stein/Hollandaise d'origine... alsacienne !

La dénomination ''Début Colle'' est cependant un peu bizarre ici puisque le ''Système Colle'', slave inversée (la pauvre...) est toujours vu avec c3. Là, dans ce match, Colle a pourtant toujours joué c4. Il obtient ainsi, par interversion de coups des positions de slaves assez classiques (D12).

Sur le titre de GM de Koltanowski ( remarque de Renan ) : rien dans le pavé de Nicolas Giffard ( Nouveau Guide Des Echecs 2009 ). Le maître américano-belge reste simple MI.


Dans l'excellent livre de WASNAIR et JADOUL, "Histoire des Maîtres Belges", il n'y a pas de trace de titre de GMI pour Koltanowski.

Celui-ci s'est surtout fait connaître comme un grand spécialiste du jeu à l'aveugle. Il bénéficiait d'une prodigieuse mémoire (il parlait 7 langues!)
A partir des années 30, il parcourt le monde pour réaliser ces parties simultanées à l'aveugle.
Il battra le record du monde le 20 Sept. 1937 à Edimbourg en jouant 34 parties ! (34+,10=)
En 1950 , il fera mieux avec 50 parties (43+, 5=, 2-), puis, en 1960 à San Francisco, 56 parties ! (50+ 6= )
Ces grands concurrents dans cette spécialité ,d'abord Alekhine, puis Najdorf et Flesch lui reprocheront la faiblesse de ses adversaires...

Auteur d'une trentaine d'ouvrages sur les Echecs, il terminera sa carrière aux Etats-Unis, dont il devint l'un des joueurs en 52 à Helsinki, puis capitaine lors des Olympides de Lugano 68 , Siegen 70, et Nice 1974.

Il y obtint la médaille d'or du mérite par la FIDE. Puis il devint Président de la Fédération des USA, de 1975 à 1978, essayant vainement de "résoudre " l'énigme FISCHER


Comme Supergogol, je connaissais Koltanowki pour ses performances à l'aveugle, que Bronstein évoque dans l'apprenti sorcier. Je me méfie toutefois des éloges sur la mémoire ou sur la polyglossie de tel ou tel joueur.

Je me rappelle avoir lu par exemple des sources sur Zukertort, décrit comme parlant une dizaine de langues, pianiste et médecin émérite et même excellent tireur (!).

D'autres sources semblent plutôt retenir la thèse d'un affabulateur s'attribuant tous les talents, ce qui semble quand même plus réaliste.

J'ignore si les historiens ont tranché la question, je ne me rappelle pas avoir vu Winter écrire là dessus, mais il y aurait sans doute un travail à faire là dessus.


Julo62, le
Koltanowski, soit un belge originaire d'Europe Centrale, ça fait déjà 2 bonnes raisons d'être au delà de la moyenne concernant les langues parlées.

Encore aujourd'hui, nos amis belges francophones parlent tous le néerlandais, quasiment tous l'anglais, et assez souvent l'allemand.
Nous n'avons pas tous la (mal)chance de vivre dans un pays où une seule langue est officielle et où tout y est traduit/doublé.


En Europe Centrale, au début du XXe siècle, pour une partie de la population, parler allemand, hongrois, une langue slave (tchèque, russe, ou polonais), et yiddish, c'était relativement courant.


Si on ajoute à ça que les compétences cognitives pour l'apprentissage des langues et celles pour être un (très) bon joueur d'échecs sont les mêmes, je mets une petite pièce que, parfois, les notices biographiques impressionnantes des joueurs d'échecs sont vraisemblables^^

(Petit avis inepte sur la question^^)


D'accord avec toi Julo62, parler plusieurs langues est relativement courant en Europe Centrale et en Europe de l'est, mais de là à parler 7 langues... Et ne parlons même pas d'une dizaine.

Même Tartacover, qui a vécu dans deux empires avant de vivre en France (Russe et Austro-Hongrois), n'en parlait apparemment "que" trois : Français, Allemand, Yiddish.

J'ai quand même du mal à croire que l'ami Koltanowski, avec tout le respect que j'ai pour sa prestigieuse carrière, en ait maitrisé autant.


Chemtov, le
Ma jeune assistante géorgienne parle couramment le russe, le géorgien, le français et l'anglais ( et vraiment un bon anglais ) ( british ! ). En plus, elle parle l'allemand assez bien et encore une langue de son coin d'origine plutôt proche du turc. Avec ça elle étudie très sérieusement l'espagnol et le coréen.

Mon prédécesseur (président du CE-Strasbourg) parle couramment l'allemand, deux ou trois dialectes germaniques, le hongrois, le roumain et le turc. Et l'anglais bien entendu ( à l'origine sa famille sont des souabes allemands de Roumanie qui vivaient dans une province magyarophone ).

L'un des permanents du club parle français, polonais, russe, azéri et turc. Et un peu l'anglais (comme un français moyen).

Sept langues, pour Koltanowski, cela ne m'étonne pas pour un belge (trois langues)-américain, originaire d'Europe de l'Est.


Ma propre soeur est capable de s'exprimer en plusieurs langues (entre 4 et 7) mais c'est dans le cadre de son métier. Ceci dit elle ne connait rien aux échecs et est absolument nulle en maths (même pas les fractions !).

Je reste persuadé que l'on peut apprendre très rapidement une langue du moment que l'on la pratique tous les jours et que l'on y est "immergé" (on entend que cela)
Je pense qu'avec 1000 mots on peut déjà se débrouiller pour s'exprimer dans la vie quotidienne.
Ceci dit cela n'aura jamais rien à voir avec la maitrise de sa langue maternelle , saisir les nuances, les intonations ,les synonymes ,les sous-entendus, lhumour au second degré..... il existe près de 80000 mots dans la langue française...personne ne les connait tous.


J'ai remarqué que parmi les signes disctinctifs qui font les grands joueurs, un critère commun étonnant est l'habileté à parler rapidement et facilement plusieurs langues.
En la matière, les légendes sont Huebner (qui fait des traductions en dix langues) et Lautier- qui parle et écrit presque tout. Mais je me rappelle aussi d'une soirée où le jeune Anand parlait facilement et sans accent le français- il avait une vingtaine d'année, même si pour les interviews, il préférait utiliser l'anglais.


Krusti, le
Un (double) retour !
1. Sur le Joueur d'échecs (de Stefan Zweig)
2. Sur une adaptation du Joueur d'échecs (de Stefan Zweig) en bande dessinée (David Sala).
C'est par ici...


Krusti, le
En légère marge du sujet une évocation très agréable et au fond assez surprenante de prime abord de l’occurrence échiquier, c'est dans l'itw du fantasque chercheur Camille Riquier, l'un de mes anciens professeurs dans Marianne au sujet de son dernier opus Métamorphose de Descartes .

Descartes est l’échiquier qui permet aux uns et aux autres de dialoguer ensemble.


Ah ! je suis également un admirateur de Descartes, homme aux multiples talents et aux multiples facettes.
ses meilleures pages méritent d'être relues de nos jours !
Saviez -vous que sa pensée est à l'origine, avec celle de Montaigne, du concept moderne de "l'Honnête Homme " ? ... (concept en opposition à celui du courtisan amoral pullulant au 17 ème siècle).
PS: je ne suis pas admirateur de Sartre ! sourire à Clarxel.


Kosmo, le
Deux petites corrections lues dans ce fil par ailleurs intéressant:

1) Edgar COLLE devrait être plutôt s'écrire Edgard (avec un D) ainsi que c'est repris sur sa tombe - voir la photo dans Histoires des Maîtres Belges (par M. Jadoul et M. Wasnair); l'erreur a du être commise de nombreuses fois au début dans des sources anglo-saxonnes, et partant de là, on trouvait la graphie Edgar au lieu de Edgard.

2) le 11/05/2022 14:44 Julo62 a écrit "nos amis belges francophones parlent tous le néerlandais, quasiment tous l'anglais, et assez souvent l'allemand."
Ce raccourci qui semble aller de soi vu de France est en fait loin de la réalité du terrain!

Actuellement en moyenne un habitant Belge parle 1 langue de plus, souvent l'Anglais, en plus de sa langue maternelle (Français ou Néerlandais). L'exception étant les Belges de la communauté germanophone de l'Est de la Belgique qui sont bilingues Allemand-Français , mais ils constituent une faible minorité (moins de 80.000 habitants sur 11 millions en Belgique)

La situation est différente dans la Région de Bruxelles-Capitale (où je vis) par rapport au reste de la Belgique. Malgré ce qu'on pourrait croire de la situation bilingue de Bruxelles, il y a assez peu de néerlandophones en pratique; signalons que le recrutement de nombreuses fonctions comme agent de police, doit se faire ailleurs car trop peu de gens parlent le néerlandais; ceux-ci sont au moins bilingues NL/FR.
La région de Bruxelles est très cosmopolite, c'est un creuset avec une foule de langues étrangères: des communautés allochtones diverses issues de l'immigration depuis 40 ans, des expatriés et autres internationaux qui sont là pour raisons professionnelles dans les nombreuses institutions internationales. Uen anecdote: dans la rue Haute, en plein coeur du Bruxelles populaire et historique, on a déjà signalé plus de 80(!) nationalités qui y habitent. Bref, "c'est tout un bazar", comme dirait le regretté ARNO qui vient de nous quitter...

Pour revenir au spécialiste du jeu à l'aveugle qui a fait l'objet de ces réactions intéressantes sur les langues, la mémoire des joueurs d'échecs etc., je suis d'avis de dire qu'il n'est pas étonnant que George Koltanowski ait connu/pratiqué sept langues.
Pour les curieux, un article intéressant sur le joueur et ses mémoires par E. Winter ici (et qui remet en cause dans un petit paragraphe son lieu de naissance supposé être à en Europe de l'est, ne tranchant pas la question) https://www.chesshistory.com/winter/extra/koltanowski.html
La fiche wikipedia de "Kolty", comme le surnommaient les américains, indique quand à elle la Belgique, mais j'ai appris à respecter le travail minutieux de l'historien Edward Winter.


Julo62, le
@Kosmo

Bonjour
Merci pour ces précisions d'outre-Quiévrain.

Mon erreur principale vient du fait que je croyais qu'il y avait une obligation de l'apprentissage du néerlandais dans la Belgique francophone et pas l'inverse dans celle néerlandophone.
(Ça peut très bien être une fausse info, qu'une info datée, je ne me fie qu'à de vieux souvenirs.)

D'autre part, mon propos était exagéré, c'est vrai, et biaisé par le fait que la plupart des Belges (et des Néerlandais) que j'ai fréquenté parlaient plusieurs langues.

Pourtant, et là je crois que nous sommes d'accord, un pays comme la Belgique (ou des groupe de pays, même, comme le Benelux, l'Europe Centrale ou Balkanique) au croisement de plusieurs grandes ères linguistiques est un endroit propice à la pratique "courante" de plusieurs langues.
(Au contraire d'états très homogènes linguistiquement, pour diverses raisons historiques, comme la France ou le Royaume Uni, par exemple)

Enfin, je vous fais bien plus confiance pour décrire correctement la situation qu'à moi, vision tronquée oblige ;-)

Bien à vous !


Krusti, le
Un texte de 1867 ayant pour origine une bien douloureuse tragédie et qui prend une partie d'échecs comme illustration.
Un bref regard par ici
On y trouve des formulations intéressantes..
"Les cavaliers, que les anciens appelaient les « pieds des échecs »"
"Anderssen roqua à la calabrista"
"Case touchée, pièce laissée"
Bonne lecture !


Krusti, le
Je ne m'étais jamais demandé pourquoi le logiciel Stockfish portait ce nom.
J'ignorais même ce qu'était un stockfisch.
Merci Jean-Paul Sartre ! En effet c'est en lisant "Lettre au Castor et à quelques autres" (Gallimard nrf page 261) que je tombe sur "Ledit Ramel, sous l’œil terne d'Isorni, tapait de toutes ses forces avec un marteau sur un stockfisch, morue séchée et dure comme du bois.".
(en léger HS rapport à l'intitulé du post).


Chemtov, le
Vous ne connaissiez pas l'histoire des petits poissons ? ( Rybka vs Stockfish ).


Krusti, le
Non j'étais totalement ignorant de l'existence de ce poisson (en tant que fonctionnaire du ministère de l'agriculture j'ai honte).
Je viens de lire du reste que ce logiciel aurait été baptisé ainsi en clin d’œil à Rybka (petit poisson en tchèque, ce qui m'était moins inconnu puisque poisson en polonais se dit ryba, ryby...).
Quelle belle journée !


"maigre comme un (e)stoquefiche" se dit par ici.


Chemtov, le
Dans quelques minutes, le Champion Julius Rothfeld va se faire assassiner sur France 2...


Krusti, le
Représentation du jeu d'échecs en BD, par ici une approche de la tentative de Thomas Humeau (2015) concernant, encore, le Joueur d'échecs de Stefan Zweig.


Chemtov, le
Humeau comme Humeau ? https://ratings.fide.com/profile/624748 Un lien de parenté ?


Krusti, le
Je l'ignore mais en jetant un coup d'oeil sur sa bio (celle de Thomas Humeau) je tombe sur cette courte video dans laquelle il parle du Joueur d'échecs et du jeu de couleurs qu'il utilise.


Krusti, le
Je suis "à la lecture" de l'essai suivant qui semble prometteur.
Un essai sur la symbolique du jeu d échecs dans la littérature, l art, la poésie et le cinéma quand même...
A bientôt.


Chemtov, le
Bon courage !


Kosmo, le
Je mets le titre de l'essai mentionné par Krusti il y a moins d'une heure:
Jouer sa vie en jouant aux échecs : Essai sur la symbolique du jeu d échecs dans la littérature, l'art, la poésie et le cinéma / Yves Vaillancourt. Hermann 2022; 94 p.

Un livre de 84 pages sorti le 13 avril 2022 et qui est indiqué comme indisponible sur la boutique en ligne de mon libraire indépendant à Bruxelles, ainsi que sur Amazon France? Hmm, comment dire... étonnant et étrange.

Je me renseignerai plus avant durant les heures d'ouverture.

@Krusti : merci pour ce signalement qui va dans ma bibliographie. Je suis curieux de lire votre retour de lecteur...

Note en passant: une belle couverture évocatrice pour ce livre, avec ce qui ressemble à un joli set de pièces Old Vienna/ Coffee House du 19e siècle...


Chemtov, le
Bon... en allant chercher mon ''Gambit argentin'' (une des trois nouvelles du Tryptique argentin, vu sur le post de Renan) chez mon libraire, cette semaine, je me renseignerai aussi sur ''Jouer sa vie...''.
Quel titre! Brrrr... (si j'avais su... il y a cinquante ans...).


Krusti, le
Concernant "Jouer sa vie en jouant aux échecs" il y a toujours la possibilité de faire l'acquisition du PDF et de le faire imprimer ensuite...


Je viens de terminer la lecture de " Petite philosophie du joueur d'échecs " de René Alladaye aux éditions Milan paru en 2005.

Un post datant de 2005 en parle mais je n'ai pas voulu jouer à l'archéologue...

Eh bien j'ai passé un excellent moment de lecture....
Loin d'être un livre réservé aux agregés de philosophie ou aux joueurs GMI...ce livre s'adresse d'abord à tous ceux qui aiment les échecs...et la culture générale.
Le style est agréable, les anecdotes nombreuses.
Un aperçu des thèmes abordés :
- l'art de la guerre.
- les figures du pouvoir
- la quête de la vérité
- Visions du temps
- esthétiques sur deux couleurs

Bref je vous recommande cette lecture.
Cordialement.


Krusti, le
Oui bien d'accord.
J'en avais fait une brève analyse élogieuse ici pour Chess24
https://chess24.com/fr/read/news/krusti-analyse-la-petite-philosophie-du-joueur-d-echecs
(A noter que son dernier ouvrage est également fameux)
Sinon dans l'extraordinaire série OVNI(s), saison 2 épisode 4 (9'45"), nous avons une évocation du jeu d'échecs très amusante. A la question que seraient vos 3 réalisations rêvées avant la fin du Monde un jeune informaticien (nous sommes dans les années 70) répond en choix 2: Inventer un ordinateur d'échecs imbattable.
Bon je suis dans le Péloponnèse, il y a deux ans il y avait un rapide organisé du côté de Nauplie en juin. Je me renseigne et je reviens.
Over.


En continuant à ranger quelques livres, je suis tombé sur une rareté qui m'a rappelé plein de souvenirs de jeunesse !!

un court roman (96 pages) charmant écrit d'André STIL dont le titre est " Soixante Quatre Coquelicots" paru chez
Balland en 1984 ...

j'ai eu la chance de jouer dans ma jeunesse plusieurs (longues !) parties amicales bien agréables contre André Stil à Perpignan...
un homme tout aussi charmant que son roman, d'une grande bienveillance et gentillesse devant l'échiquier avec le débutant que j'étais !

un très bon écrivain à découvrir et que je vous recommande chaudement !


jib, le
Vous connaissez ce court métrage ?

La Fièvre des échecs de Vsevolod Poudovkine en 1925:

https://www.youtube.com/watch?v=hMYKsJVHi6E&t=15s

Avec dans leur propre rôle
Ernst Grünfeld
Frank Marshall
Richard Réti
Rudolf Spielmann
Carlos Torre
Frederick Yates

Et Capablanca dans le rôle du sauveur ...


Chemtov, le
Qui ne connait pas ?


Eh bien je ne connaissais pas !! Merci Jib

je me suis vraiment régalé, un film plein d'inventivité, d'humour, et souvent si proche de la vérité sur les joueurs d'échecs !

Il n'y a pas à dire, le cinéma muet noir & blanc, savait comment raconter des histoires de qualité aux spectateurs et les distraire !


Orouet, le
je ne connaissais pas non plus ...
merci


Krusti, le
Les regards, les yeux des joueurs dans la pharmacie.....


Chemtov, le
Cela me rappelle le 50ème match Bade-Alsace, dans mon club de Karlsruhe. A l'occasion de ce jubilé, lors du repas festif d'avant-match, le film avait été projeté. Clou du spectacle, mon vieux copain (on a joué plein de fois, la première fois en 1976 en Cht du monde cadet) et aussi MI amateur, Lothar Arnold, pianiste et concertiste de métier, avait créé et joué pour nous l'accompagnement musical du film.
C'est une des spécialités de notre MI/pianiste, car il a aussi créé des adaptions musicales personnelles pour d'autres films muets notamment ''Dr. Mabuse'' et ''Metropolis'' de Fritz Lang ainsi que ''Nosferatu'' de Friedrich Wilhelm Murnau.
(https://www.ksf1853.de/2018/09/baden-gegen-alsace/)


Krusti, le
Je vous propose une assez jolie, je crois, représentation en forme de clin d'oeil du jeu d'échecs dans le domaine du cinéma.

Il s'agit d'un film qui, au passage, quittera Netflix le 30 Juin.
Le Talentueux Mr Ripley (L'Énigmatique M. Ripley au Québec, The Talented Mr. Ripley aux US)
Ce film est une adaptation du roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley, publié en 1955.

Un roman qui avait déjà fait l'objet d'une adaptationen 1960 (assez décevante à certains égards) "Plein Soleil" de René Clément avec Maurice Ronet (excellent), Marie Laforêt et Alain Delon.

Globalement les deux films prennent des directions assez opposées concernant notamment la chute ce qui est très étonnant vu la nature du roman (un thriller).

Je n'ai pour ma part pas lu le livre (ou alors je l'ai complétement oublié) mais j'ai vu récemment le deux films. La version américaine m'a enthousiasmé.

Pour revenir à la question échiquéenne, après avoir demandé à Ulysse62 (qui m'a rendu à cette occasion un grand et rapide service et au delà de ma simple demande... qu'il en soit ici vivement remercié) de vérifier dans le roman d'Highsmith l'absence de thème échiquéen il faut noter que seule la version américaine des deux adaptations à l'écran embarquera cette symbolique et de fort belle manière.

Alors que depuis le début du film on voit sourdre une vague (et finalement assez nécessaire d'un point de vue dramaturgique) homosexualité entre les deux héros, Tom Ripley (Excellent Matt Damon) et Dickie Greenleaf (Immense Jude Law) et juste après un moment de graphologie durant lequel Tom décrypte quelques traits de caractère de Dickie au travers de sa rédaction d'une carte postale, arrive la scène du bain ! Dickie est nu dans sa baignoire, un jeu d'échecs est posé sur le rebord et de l'autre côté bien sûr se trouve Tom, habillé et bien au sec. (31'22'')

Les porteurs du syndrome de la case blanche seront ravis, il semble bien que le déroulé soit impossible. On voit les noirs jouer g7-g5 et dans la scène suivante le pion est encore en g7.

Après, tout cela est fugace et l'on ne voit jamais l'échiquier dans son ensemble. Cela dit la séquence remplit bien son office dans le crescendo de la relation entre les deux jeunes hommes. Elle participe de l'accroissement du mystère en matière d’intimé laissant planer un doute, une question, sur ce qui se noue (ou dénoue, ou s'éclaire, ou se complexifie) entre deux joueurs au moment durant lequel une partie se déroule...

Un film que je conseille vivement pour cette séquence mais pas seulement l'intrigue est savoureuse le scénario ciselé, les images de l'Italie so vintage...


Chemtov, le
Déja vu, il me semble (en CD). La case blanche à droite et les fesses de Jude Law, aussi bien disposées, peuvent se revoir aussi sur Youtube (en espagnol). A noter que le fou noir en f5 aurait pu prendre le cavalier b1 qui se serait égaré sur cette case. Entre deux scènes et divers regards, le cavalier f3 semble aussi avoir disparu pour laisser la place à sa dame. Pas clair. Partie difficile à reconstituer. Ressemble un peu à celles que j'ai vues durant tout ce week-end. Avec une tension et des drames aussi intenses.


Bah...
ce n'est pas parce qu'il y a un échiquier visible dans le plan de la caméra d'un film libidineux, lubrique, concupiscent, que cela rend le film plus intellectuel ou spirituel...


Krusti, le
S'il y a bien trois termes qui ne correspondent en rien à ce film ce sont bien les termes "libidineux, lubrique, concupiscent"... et je n'ai aucun souvenir que des parties du corps de Jude Law apparaissent à l'écran (et quand bien même).
Je tombe des nues.


Chemtov, le
En tapant chess + jude law dans Youtube :

https://www.youtube.com/watch?v=ptmxHQWlOhs

Je ne vois pas non plus ce qu'il y a de libidineux, lubrique et concupiscent dans cette scène. Homophobe, thierrycatalan ?


Caruana doit être lessivé après sa partie contre Nakamura, je vois Nepo plus en forme et reposé après son nulle rapide d'hier


On aurait cru lire (à 09h57) un porte-parole de la Ligue pour la Vertu !


Je viens de terminer la lecture "Le mage du Kremlin" de Giuliano Da Empoli.
C'est le 2e "roman" ou le politicien Kasparov n'est pas pris au sérieux.
Le premier "Limonov" d'Emmanuel Carrère ou Kasparov est aux côtés de Limonov (national bolchéviste!) dans son combat face à Vladimir Poutine. Un duo surprenant.
Connaissez-vous d'autres exemples?


Krusti, le
Dans le roman "La jeune épouse" d'Alessandro Baricco nous avons cette curieuse évocation "Des années plutôt, il était sorti indemne d'une terrible catastrophe ferroviaire: Depuis il avait cessé de manger de la viande blanche et de jouer aux échecs, sans donner d'explications".


Meteore, le
J'ai aussi lu le mage du kremlin après en avoir appris l'existence lors de la distrayante émission de France Inter du 12/06.


Un livre qui se présente comme un roman mais qui est plutôt un essai sur la pratique du pouvoir dans la Russie de Poutine où l'on prône la verticalité du pouvoir orienté par une boussole resolument nationaliste, en rupture radicale avec le modèle de nos démocraties occidentales....

Difficile de savoir s'il s'agit de second degré et de subjectivisme romanesque ou bien si les descriptions un peu effrayantes se veulent le reflet de la réalité ?
Un chapitre complet est consacré à notre Gary Kasparov (#21), qui est présenté de façon très désobligeante. Il faut néanmoins comprendre que cette présentation, très subjective, exprime le point de vue du fameux "mage du Kremlin" décrit parfois comme le "nouveau Raspoutine",

Gary est néanmoins décrit comme doté d'un sens certain de la répartie et on lui prête cette réplique : "aux échecs les règles restent les même mais le vainqueur change tout le temps. Dans votre démocratie souveraine, les règles changent, mais le vainqueur est toujours le même "


Domi77, le
Je ne résiste pas à la tentation de donner une nouvelle fois un lien vers la scène torride ;o) entre steve mcqueen faye dunaway


Krusti, le
C'est hors sujet mais c'est aussi pour me faire pardonner relativement à l'horrible "Des années plus tôt" que j'ai caviardé dans l'émotion le 10 à 19h39
C'est un cliché en léger différé d'un bar que j'aime bien ou j'ai vécu des trucs très sympa. Chez Georges, rue des canettes dans le VI° arrondissement de Paris.
Un cliché qui vient de leur FB je n'y étais pas...


Chemtov, le
Et voilà comment ça évolue... Vicky Anderson et Thomas Crown, des années plus tard... avec tout l'argent volé des assurances. Pfff !


Krusti, le
Woody Allen fait la part belle au jeu d'échecs dans son dernier film "Rifkin's festival". Certes il parodie "Le Septième Sceau" de Bergman mais c'est à dessein.
A noter que le syndrome de la case blanche frappe à plein !


Krusti, le
Représentation du jeu d'échecs en littérature certes minimaliste, j'en conviens, mais qui ne manque pas de sel puisqu'il pourrait s'agir d'un hapax. A voir.
En tous cas c'est la première fois que j'entends ou lis Sartre évoquer le jeu d'échecs et, pis encore, dire qu'il y joue.
Nous sommes dans sa correspondance. "Lettres au Castor et à quelques-autres" Tome II 1940-1963 Gallimard NRF page 115 (il s'agit d'une lettre à Simone de Beauvoir en date du 3 Mars 1940. Sartre est mobilisé depuis de longs mois en Alsace).
"De sorte que jusqu'à quatre heures ce fut une longue matinée pour moi. Et l'après-midi était toute tassée entre quatre heures et la tombée de la nuit, je l'ai occupé en jouant aux échecs."


Chemtov, le
Un ''hapax''...bigre ! Merci Krusti ( et merci à l'indispensable dictionnaire qui m'a renseigné sur la chose ). Ou comment élever notre pauvre forum inculte ( sans ironie aucune ). J'essaierai de placer un hapax au scrabble ( un récent passe-temps familial et sur le net ) mais j'éviterai cependant d'en utiliser dans mon quotidien ( je ne voudrais ni vexer un élu qui se sentirait inculte ni prendre un coup de boule d'un de mes jeunes délinquants ).


Krusti, le
Serviteur...
Je profite de mon 2° bye pour poursuivre la lecture de la correspondance en question et m'apercevoir qu'il ne s'agira pas d'un hapax... En effet Sartre remet ça page 142 (Lettre à Simone de Beauvoir du 18 mars 1940).C'est la période durant laquelle il découvre l'usage de la dactylographie Il me semble que ça rend plus conscient des fautes et, en même temps, ça varie un peu les exercices. Vous savez, après la guerre je m'achèterai une machine et je taperai moi-même mes écrits comme Nizan. Entre-temps je fais quelques parties d'échecs avec Hantziger, que je bats régulièrement et j'écoute les doléances de Pieter, très agité parce que la grande glace de sa devanture s'est effondrée.
Bon je retourne à l'étude de mes diverses parties...


Chemtov, le
Est-ce que le lieu de son stationnement ( garnison ? ) en Alsace est mentionné ?


Krusti, le
A mon niveau de lecture je sais qu'il est passé par Brumath et Morsbronn.
Les "anecdotes" sur l'Alsace, les alsaciens en général, ceux qu'il connait en particulier, sont nombreuses et constituent l'une des dimensions intéressantes de sa correspondance de cette période (il en parle aussi dans ses carnets de la drôle de guerre évidemment).
je viens de tomber par ailleurs sur un extrait d'article...
"Agé de 34 ans, Sartre est mobilisé le 2 septembre 1939 et rejoint aussitôt la 70e division au camp d'aviation militaire d'Essey-les-Nancy. Chargé des sondages météorologiques, il arrive le 11 à Marmoutier, dans le Bas-Rhin, sera transféré le 4 octobre à Ittenheim, puis successivement à Brumath, Morsbronn et Bouxwiller. Pendant toute la «drôle de guerre» ­ «guerre fantôme», «guerre chinoise» ­, il vit sa vie d'homme de troupe et dispose de «grands loisirs» pour écrire. Les Carnets ­ ainsi que de très nombreuses lettres à Simone de Beauvoir et l'essentiel de l'Age de Raison, qu'il reprendra et terminera en juillet 1941 ­ sont rédigés à ce moment-là."


Chemtov, le
«drôle de guerre» ­ «guerre fantôme», «guerre chinoise»... ­euh...oui... Mais après, c'était une guerre pas fantôme du tout ( guerre éclair, bataille d'Alsace, 13-16 juin 40, avec déferlement des Allemands en supériorité numérique et matérielle écrasante ).
Il a quand même été fait prisonnier, il me semble.


Krusti, le
La «drôle de guerre» est une période très précise, particulièrement bien documenté sur Wikipédia on peut le noter... Sinon oui Sartre ensuite a été fait prisonnier...


Chemtov, le
Oui, oui, nos anciens nous ont raconté. Même des deux côtés.


Krusti, le
Nous arrivons au 18 Avril 1940 et, depuis un mois donc, à quelques reprises (je les note si cela intéresse un étudiant en lettres travaillant sur la correspondance ou le parcours de Jean-Paul Sartre 😉 ) apparait le jeu d'échecs dans la correspondance au Castor.
Mais là, il y a un cap.
Jugez plutôt :"Mais ce ne sont pas les livres qui font ma distraction pour l'instant, c'est le jeu d'échecs. J'y ai formé Pieter qui commence à me battre, ce qui me pique un peu. De là à jouer dix parties par jour, il n'y a qu'un pas. Je suis redevenu assez bon d'ailleurs et calcule à cinq ou six coups de distance. Ce n'est rien mais ça donne l'impression de posséder l'échiquier, c'est agréable".
On appréciera le redevenu.
J'ai hâte de prendre connaissance de la correspondance en retour du Castor qui ne manque jamais de se montrer extrêmement précise sur les anecdotes et confidences de son Sartre (à tel point que ce dernier lui donne souvent et affectueusement du "mon petit juge").
Lecture prévu courant août...


Krusti, le
Si j'avais su que j'initialisais une saga d'été !!! Voilà la suite et je la trouve savoureuse.
Nous sommes maintenant le 24 Avril 1940 et Sartre écrit à Simone de Beauvoir:
Enfin -mais ceci est tout personnel- je viens d’avoir un petit succès d’amour propre qui est loin de me laisser insensible : vous savez que je fais six ou sept parties d’échecs par jour. J’ai fait de gros progrès et je me suis timidement enhardi à faire dire au champion d’ici que j’aimerais qu’il joue avec moi, histoire de me donner une leçon. N’exagérons pas ce n’est pas le champion : c’est le champion en second. Le champion numéro 1 est à la poste et c’est un international quant à la classe. Mais le mien l’a battu une fois. Il s’amène et dit : « ce soir à huit heures et demie si tu veux. Amène ton échiquier parce que je ferai deux parties à la fois.» Et il m’explique qu’il joue trois et quatre parties à la fois. Sur quoi avisant l’échiquier, il me dit : « On en fait une en vitesse pour se tâter. » On s’installe et écoutez-moi bien petite fleur : je le bats. Mais ce n’est rien : c’est un peu un coup de surprise. Mais ce que j’ai constaté c’est que le type ne joue pas d’une façon très différente de la mienne. Peut-être est-il plus réfléchi, plus combinard mais il n’a pas cette science mystérieuse et infuse des échecs dont j’avais appréhension et curiosité. J’ai fait une connerie – pas trop évidente mais que j’ai repéré tout de suite après l’avoir faite – et il ne s’en est pas aperçu. Si je le bats encore ce soir, je vous jure que je demanderai au champion de jouer avec moi. Vous vous rendez compte : ce mec-là joue depuis l’âge de 14 ans ses six parties par jour ! Il était vexé comme un pou, il est parti, beau joueur, en me disant : « Bravo ! »
"Lettres au Castor et à quelques-autres"
Tome II 1940-1963
Gallimard NRF
Page 182/183


Chemtov, le
Sartre jouait donc aux Echecs ( comme beaucoup d'autres auteurs ou personnes célèbres probablement, mais, lui, il en parle ). C'est une découverte intéressante. Mais, je ne sais pourquoi, ses écrits me gênent un peu. Sa chérie a du le gronder à propos de ses fautes et de son style ( pour l'écriture ) et de sa vantardise ( pour les Echecs ). C'est dommage, apparemment il n'existe pas de réponses connues à ces lettres pour la période de mars à juillet 1940 ( Simone de Beauvoir, Lettres à Sartre, tome II, 1940-1963 ).


Krusti, le
En effet je viens de constater la perte des lettres du Castor durant cette période c'est dommage. Quand à votre charge concernant les fautes et le style de Sartre (je me demande bien où vous en voyez, ou bien est-ce moi qui en ai effectué lors de la recopie ?)
Sinon Sartre est, globalement, beaucoup plus enthousiaste que vantard au sens strict. Et il reconnait d'ailleurs souvent quand les faits lui donnent tort (ce qui donne lieu à des tournures la plupart du temps assez amusantes).
Je n'ai pas souvenir que le Castor ait jamais grondé Sartre ni pour son style (et pour cause) encore moins pour ses fautes (il n'en fait pas).


Reyes, le
« Quand à » 😉


Krusti, le
Où est la faute ?


Reyes, le
Quant à : Pour ce qui est de, en ce qui concerne.


Krusti, le
Et donc il a parfaitement bien écrit.
"et c’est un international quant à la classe " se comprend comme "et c’est un international pour ce qui est de la classe."


Reyes, le
C'était pour ton : « Quand à votre charge concernant les fautes... »


Chemtov, le
''une connerie – pas trop évidente mais que j’ai repéré'' Il n'y a pas un accord avec le féminin ? ( complément d'objet placé en amont du verbe )? Pareil pour ''aperçu'' par la suite. Mais pour ''en'', dans ce cas, c'est peut-être différent.
J'avais aussi l'impression qu'il manquait un r à ''soir''.

Bon... le style, même pour des lettres... peut mieux faire.


Krusti, le
...


Franxis, le
Je prends un réel plaisir à lire votre conversation sur Sartre et les échecs , comme je prends un réel plaisir à lire Krusti en général . J'apprécie son talent littéraire et sa culture générale . Merci aux autres forumeurs qui contribuent également.


Chemtov, le
Mais oui... Nous aussi.... Mais il s'est effacé... ( dans tous les sens du terme )


Krusti, le
Merci @Franxis vous êtes bien aimable.
A noter que des remarques douteuses sur le style on en trouve aussi, ET concernant cette correspondance ET en rapport, indirect, avec les échecs, ici même. Et c'est Pieter qui s'inquiète...
Démonstration.

Nous voilà page 184 pour la lettre du 24 Avril.
"Pieter à qui j'ai dit: « Je suis si fier d'avoir torché le type que je vais l'écrire à ma petite amie », m'a dit: « Tu permets que j'ajoute quelques lignes pour dire qu'il n'y a pas de quoi être fier et que le type est une crêpe ? » Je lui ai dit « Vas-y » en lui tendant un papier et il a répondu : « Non, Je me ferais encore critiquer pour le style. »
...
Un peu plus loin avec l’humour qu’on lui connait, Sartre, tout sauf vaniteux tout au long de cette correspondance, et si prompt à battre sa coulpe, raconte dans sa lettre du 28 Avril.
Mon charmant Castor,
Encore une journée sans histoire. J’ai travaillé et j’ai joué aux échecs. Ce matin je me suis enhardi à faire deux parties à la fois et je les ai gagnées toutes deux. Ce soir, par contre Hantziger m’a battu sans effort trois fois de suite. Vous étiez très raisonnable, petit juge, dans votre lettre. Comment était-ce déjà ? Quelque-chose comme ça : ou bien votre champion est un champion pour de vrai et vous ne le battez pas. Ou bien vous le battez et ce n’est pas un champion. A la vérité, mon cher petit, il n’est pas un champion et il me bat. J’ai infiniment flatté Pieter en lui lisant le petit passage de votre lettre qui le concerne. Du coup il vous appelait aujourd’hui « Mademoiselle de Beauvoir » - au lieu de dire « ton amie » comme de coutume. Il pense, lui aussi, qu’il n’y a pas lieu d’être fier. En fait j’ai battu ce type une fois par surprise. Depuis c’est la piquette pour moi à tous les coups. Je ne peux pas quitter le chapitre des échecs sans mentionner une réflexion surprenante de Mondange, le nouveau secrétaire, qui est bien brave mais pas très fort de la tête. Il a appris péniblement, ces jours-ci, la marche des pièces et les rudiments et il regarde nos parties avec intérêt. Ce matin, lorsque j’ai joué mes deux parties à la fois contre Hantziger et Pieter, j’ai dit : « Oui, tu mérites bien ça. » Et Mondange étonné : »Quel avantage, ça te donne, les blancs ? Pourtant ils sont plus visibles. » Je trouve ça assez grand.

"Lettres au Castor et à quelques-autres"
Tome II 1940-1963
Gallimard NRF


Krusti, le
"Tu n'as pas choisi d'être un pion mais tu es un pion"

1. e4 c5
Un pion n’est jamais seulement un pion. Confiné sur un échiquier et limité dans ses mouvements par sa condition grégaire, il intègre un camp, il sert un roi, il obéit à une main. Derrière le pion blanc qui avance de deux cases pour ouvrir la partie – ce pion qui rêve d’atteindre le huitième rang pour se changer en dame et d’être la pièce qui mettra échec et mat, rompant ainsi avec son destin ciselé de pion – derrière ce pion blanc, donc, se tient un jeune homme dégingandé de dix-huit ans, élevé à Brooklyn, avec un air de Brooklyn et des allures de Brooklyn. Sa notoriété le précède : arrogant, génial, imprévisible. Obsessionnel, excentrique. Ambitieux. À ses côtés, près de l’échiquier, un petit drapeau à étoiles et rayures couronne une affichette sur laquelle sont inscrites en majuscules sept lettres : FISCHER.
Assis face à lui, un Espagnol trapu, la calvitie prononcée et une dentition d’après-guerre. Le regard par moments perdu, la bouche entrouverte.
Le contraste est saisissant. L’attitude est indolente, parfois aboulique. Qu’il soit devant l’échiquier noir et blanc ou en train de répartir chaque jour le courrier entre les bureaux de poste gris de Ciempozuelos, il est comme ça, c’est dans sa nature. Il n’a que trente et un ans, mais il semble déjà vieux. Son époque de gloire est loin derrière lui, et le temps, implacable, l’a délavée, dissipée, ne laissant qu’un halo, une ombre, un écho. Sans pitié. Sur la pancarte dépassant derrière le petit drapeau rouge et jaune et son sinistre aigle noir imprimé au centre, cinq lettres forment un nom : POMAR.
...
Chaque week-end, les premières pages d'un roman de la rentrée et cette fois-ci il s'agit du roman de Paco Cerda "Le pion" traduit de l'espagnol par Marielle Leroy, Éditions la Contre Allée 384 pages à paraitre le 19 Août.
(Double page dans libé du jour daté du 23/24 Juillet).


Julo62, le
On croirait le voir !
Pomar, l'héritier d'Alekhine !

(Cet extrait est très rythmé, agréable à lire.)


Merci Krusti , pour ce "aboulique" .
Je sens que je vais enfin pouvoir briller en société...


Julo62, le
@ supergogol
Ah oui! Pareil :-)


Chemtov, le
Très intéressante, cette partie Fischer-Pomar. La finale bien sûr. Mais moi, quand j'étais jeune, c'était l'ouverture qui m'avait botté. En fait, la finale de pièces mineures ( bon fou en position ouverte contre cavalier ) avec deux groupes de pions contre trois ( les blancs abc + fgh , les noirs abc + ef + h ) semble déjà très avantageuse pour les blancs. Mais parvenir à cette finale est très aléatoire ( l'échange de dame n'est pas forcé ).

En revanche, sans les coups c5 et Cf3, il existe une idée que j'ai jouée de temps en temps, comme ça (c'est dans l'Alekhine/Scandinave) :
1.e4 Cf6 2.Cc3 d5 3.e5 d4 4.exf6 dxc3 5.fxg7 cxd2+ 6.Dxd2 Dxd2+ 7.Fxd2 Fxg7 8.0–0–0 Ff5 9.Ce2. Et là sur 9...Cc6, on peut jouer soit 10.Fc3 ( 10...Tg8 11.Fxg7 Txg7 12.Cg3 Fd7! comme dans Shaw-Ljubojevic ) soit 10.Cg3 Fg6 ( naïf ) 11.Fb5 0-0-0 puis 12.Fxc6 bxF 13.h4 h5 14.Fg5 ( j'ai déjà gagné une partie comme ça ).
Donc le modèle de Fischer amène cela :




Chemtov, le
Et moi, je rêvais d'obtenir cela :




Chemtov, le
Bref, c'est une partie intéressante, à étudier. Je ne me rappelle plus si Fischer avait loupé quelque chose. Mais peut-être ce roman nous livrera-t-il quelques secrets... ( j'ai vu que les coups allaient apparaître progressivement en en-tête de paragraphes ).
Juste un bémol : le portrait de Pomar est assez sévère et mériterait des rectificatifs ( sa carrière allait être encore brillante ! Voir par exemple en 1972, à Wijk aan Zee ) ( J'ai assez bien connu, suivi et joué contre cette équipe d'Espagne, Pomar, Medina, Diez Del Corral, etc...).


Reyes, le
Un cas particulier fut le jeune espagnol Arturo Pomar (1931-2016) qui joua son premier championnat d’Espagne à 10 ans et reçut des leçons particulières du champion du monde Alekhine. Malgré des débuts très prometteurs, Pomar n’atteindra jamais le niveau d’un candidat au titre mondial. Dans Europe-Echecs


Chemtov, le
Oui (https://www.europe-echecs.com/art/les-prodiges-de-morphy-a-fischer-8769.html). Sa carrière mériterait un éclairage plus important.
Grand-maître, pas du tout ''aboulique'' (avec des résultats de grand maître!) en Europe Occidentale, dans les années 60, c'était déjà exceptionnel. (Je suivais surtout ses Caro-Kann qui ont fait un peu la théorie de la variante B19 que je jouais).


Julo62, le
@Chemtov

En plus de tous vos autres défauts, vous êtes un idéaliste 😉


Ce fil de messages est pour moi l'un des plus agréable à consulter régulièrement. Merci à tous notamment Krusti qui fait de belles trouvailles.
Pour en revenir à l'orthographe c'est curieux comme fonctionne le cerveau : je ne fais quasiment aucune faute avec un stylo et une feuille de papier , alors que j'en fais de nombreuses devant un clavier sur lequel je tape des mots et phrases (avec 1 ou 2 doigts) , et je ne pense pas à des erreurs de saisie. Bien souvent je dois " écrire sur papier" quand j'ai un doute sur l'orthographe d'un mot devant le clavier....vraiment curieux je vous dis le cerveau humain....
Et je reste stupéfait de voir des gamins tapoter des messages sur leur smartphone avec dexterité à toute vitesse à deux pouces sans même regarder l'écran...


Meteore, le
Je me demande qui peut être le "champion d'ici" et le "champion en second" qui a perdu par inadvertance une partie contre Jps. Nous sommes en Alsace et il s'agit sans doute d'un bon joueur du club local.. cela indique que Sartre avait réussi à atteindre un bon niveau par la pratique seule...ce qui est difficile sans coach ou livre....même s'il n'a battu qu'une fois le champion en second alors que celui ci ne se méfiait pas, ceci n'est possible qu'en ayant atteint une certaine maîtrise


Chemtov, le
@Julo62: Vous dites cela par rapport à mon ''je rêvais''? Heureusement les rêves se réalisent de temps en temps... Concernant Pomar, je n'ai aucune sympathie particulière pour lui (il a même eu un incident avec mon frère Jean-Luc, dans un open, qui n'était guère à son avantage).
En revanche, il a compté pour moi sur le plan purement échiquéen (construction et formation personnelle). Et son portrait, dans le livre, est des plus surprenants. Je ne souhaite à personne de tomber sur un tel biographe! Sa famille doit apprécier...
@Meteore : Je pense plutôt que ''ici'' et ''champion en second'' sont des termes qui se réfèrent à des camarades de régiments (donc des conscrits pouvant venir de toute la France).


Krusti, le
Meteore, j'ai regardé (tu penses bien...) cette séquence de la correspondance de Sartre également sous cet angle.
Déjà je peux dire avec un minimum d'assurance qu'il s'agit très certainement de joueurs locaux au sens plein et classique du terme "local". Ce ne sont pas ses "acolytes" (comme il les nomme parfois) .
Sartre sur un tas de situations fait très attention à ne pas créer de confusion à cet égard entre les conscrits et les gens du cru.
...
A un autre moment, en Juin je crois il faudrait vérifier, il évoque un champion d'échecs sous la formulation "Le champion d'échecs Keuris..." qu'il aurait croisé et qui l'aurait battu. Est-ce lui le champion local ? Le mystère reste entier.


Julo62, le
@Chemtov

Oui, d'ailleurs j'aime beaucoup l'expression "position de rêve"
Je n'ai pas lu plus que ce qui est proposé ici, et je ne sais pas grand chose de plus que ce que j'ai écrit, à savoir qu'à la fin de sa vie dans la péninsule hibérique, Pomar étant un jeune joueur doué, Alekhine lui prodiga ses conseils.
D'un autre côté, les années 40, l'Espagne de Franco, et Alekhine sur la fin de sa vie, oui, je ne pense pas que j'aurais apprécié le weekend entre potes...

Sinon, peut-être en savez-vous un peu plus ?
Y-a-t-il une culture particulière du jeu en Espagne ?
Parceque j'ai l'impression qu'avec un vivier relativement limité, ils arrivent à sortir régulièrement des joueurs, relativement, hors du commun.
Pomar, qui nous importe ici, mais Bellon, Illescas, Vallejo Pons, Anton.


Krusti, le
J'ouvre une parenthèse "fait divers" puisque c'est l'été.
Le point reprend une info du Guardian

Un robot joueur d'échecs attrape et casse les doigts d'un petit garçon
Le robot a mal interprété un coup joué rapidement par le petit garçon de sept ans, qui a pu finir le tournoi avec un plâtre, selon le « Guardian ».
Dans l'histoire des affrontements entre l'homme et la machine autour d'un jeu d'échec, celui-ci sera sans doute le plus dramatique. Mi-juillet, en marge de l'Open d'échecs de Moscou, un robot joueur d'échecs mis à la disposition des amateurs sur place a mal interprété les gestes de son adversaire de l'instant, un enfant de 7 ans. Comme l'explique le Guardian, le robot a été perturbé par la vitesse d'exécution du petit garçon dont il finira par attraper les doigts sans ménagement.
Sur des images diffusées via la plateforme Telegram, on aperçoit le petit garçon jouer avant d'être saisi à la main par le robot. Immédiatement, une femme et trois hommes se sont jetés sur lui et l'ont libéré. Le président de la fédération moscovite d'échecs déplore l'incident et déclare que « le robot a cassé les doigts de l'enfant », tout en précisant que le robot avait déjà été installé lors de nombreux événements sans qu'aucun problème ne soit détecté. Il estime que les fabricants du robot « vont devoir repenser certaines choses ».
Le petit garçon a « fini le tournoi »
Sergey Smagin, vice-président de la Fédération russe d'échecs, a de son côté déclaré que le garçon avait joué avant que le robot, qui venait de lui prendre une pièce, n'ait fini son mouvement. « Il y a des règles de sécurité, et l'enfant semble les avoir enfreintes, assure-t-il. Quand il a joué son tour, il n'a pas réalisé qu'il fallait attendre. C'est un cas extrêmement rare, le premier, si mes souvenirs sont bons. »
Selon les médias russes, l'enfant s'appelle Christopher et fait partie des 30 meilleurs joueurs d'échecs dans la catégorie des moins de 9 ans à Moscou. « La fracture n'a pas pu être évitée », déplore Sergey Smagin. Après la pose d'un plâtre, le petit Christopher ne semble pas traumatisé par l'accident. « Il a joué les jours suivants, a fini le tournoi et s'est même porté volontaire pour enregistrer les coups », explique-t-il. Ses parents demandent malgré tout à ce qu'une enquête soit ouverte.


Chemtov, le
@Jules62: Sur l'Espagne.

Je ne sais pas. Mes connaissances superficielles sur l'Espagne, son histoire (35 ans de Franquisme, une tentative de coup d'Etat dans les années 80, puis l'Espagne de Juan Carlos) et sur sa géographie (ses provinces, certaines quasi indépendantes) ne me permettent pas d'émettre un avis sur l'évolution des Echecs dans ce pays. Je ne connais quasiment rien non plus de sa (ses) fédération(s). J'ai juste pu constater (comme tout le monde), cette amélioration progressive au niveau des Echecs.

Avant guerre (39-45), les Echecs en Espagne semblaient vraiment très faibles (quasiment pas de participations aux Olympiades ou alors catastrophiques) (encore pire que la France). Pas de champions, à l'exception de Golmayo (qui était d'ailleurs cubain, il me semble) .

Après guerre, en 1950, la FIDE a décerné ses premiers titres officiels. Pour l'Espagne : juste deux MI, Medina et Pomar (La France : 2 GM Bernstein et Tartakower et un MI : Rossolimo). Pas grand chose de plus dans les années 70. Cependant, pour moi, ces titrés étaient de vrais dieux ! En France, quand j'ai commencé à jouer, nous n'en avions plus aucun d'actif !

Perso j'étais aux anges lorsque j'ai joué et gagné contre Medina en 1976 à l'open de Montpellier (ma première victoire contre un MI !).
J'ai aussi joué, et perdu, en 1984 contre les premiers joueurs espagnols de l'époque, les GM Diez Del Corral et Bellon et le MI Rivas et gagné de nouveau contre le MI Medina au tournoi fermé de GM de Torremolinos. C'était déjà nettement plus fort qu'avant, mais bon, l'Espagne n'était toujours pas une très, très, grande nation échiquéenne.

Mais ensuite, il y a eu une véritable explosion. Les grands sponsors (comme Rentero) à Linares, Benidorm (Alicante), Las Palmas, etc... ont permis d'attirer une foule de GM, joueurs et entraîneurs dont beaucoup se sont installés en Espagne, d'abord le GM géorgien Ubilava (qui a entraîné les féminines, il me semble), puis longtemps après, Salov, Shirov et bien d'autres (et notamment notre franco-yougoslave Todorcevic à Las Palmas qui a pu inviter ensuite pas mal de Français...) ( j'ai bien apprécié! ).

Alors, pourquoi, comment, est-ce arrivé, je ne sais pas... J'en avais parlé parfois avec le MI et coach des jeunes Ochoa de Echaguen (devenu ensuite président de la Fédération espagnole). Mais je constatais seulement les résultats sans comprendre vraiment les mécanismes de cette réussite.
Donc effectivement, on a vu l'éclosion de talents comme Illescas et Vallejo. Et aujourd'hui Anton Guijarro.


Chemtov, le
@Krusti : Oui, les matchs contre les robots sont toujours assez dangereux. Voir ici, à 4'18'', Grishuk qui a failli se faire défoncer le pif !
https://www.youtube.com/watch?v=bIvjlgr1p1U


Julo62, le
Merci pour votre réponse.
C'est vrai que j'avais oublié à quel point, dans les années 90, les échecs, en Espagne, bénéficiaient d'un sponsoring assez exceptionnel (Linarès, Las Palmas).

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Les dangers de l'intelligence artificielle 😂


Chemtov, le
Tiens... On peut voir le célèbre Evgeny Svechnikov dans le public, à 5'43''.


C'est très étonnant cette histoire de robot jouant aux echecs dont le bras mécanique articulé saisie la main d'un enfant et la lui casse !!!
Dans les années 80 il est sorti dans le commerce un échiquier électronique qui déplaçait lui même les pièces avec un mécanisme type passeur HPLC en axes YX ....franchement personne n'était en danger en jouant contre cette machine : elle devait jouer à moins de 1400 elo...les mouvements étaient à la vitesse d'un paresseux fatigué , et la pince était en plastique..

Je ne comprends pas pourquoi le fabricant de la machine russe a doté son appareil d'echecs robotisé d'un moteur pouvant casser des os ...afin de soulever une pièce d'échecs de quelques grammes en bois....


Julo62, le
S'il n'y avait que cela qu'on peine à comprendre chez les Russes...


Krusti, le
Je réécoutais un cycle d'émissions radiophoniques concernant Simone de Beauvoir ces derniers jours quand soudain l'intervenante glissa une info qui m'avait échappée précédemment à savoir qu'un autre itinéraire, en beaucoup de points comparables à celui du Castor, avait donné lieu à une autobiographie éditée dans les années 70 et dont le titre est... roulements de tambour...: Le jeu d'échecs.
Si quelqu'un l'a lu je serais curieux de connaître les raisons du choix de ce titre même si je subodore qu'il ne fait référence qu'à l'habituel symbole de complexité que le jeu convoque à son simple énoncé et qui par là illustre la multitude des chemins possibles d'une vie. Mais si ça se trouve je me gauffre et le bouquin est plein de diagrammes. #Doute


Chemtov, le
Ou peut-être un simple jeu de mots pour un ''jeu' de désillusions, d'écueils, collection ou ''jeu''... d'échecs.


Krusti, le
J'attaque à l'instant la deuxième partie du Tome II des lettres à Sartre de Simone de Beauvoir et... nous sommes le Jeudi 23 Janvier 1941 :
"Je suis en haut du « Flore », il est 7h. du soir - c'est plaisant parce qu'on entend le monde qui grouille en dessous de soi et on est tout paisible entre deux tablées de joueurs d'échecs.
"Lettres à Sartre"
Tome II 1940-1963
Gallimard NRF page 230


Krusti, le
Simone de Beauvoir savait jouer aux échecs. Aussi.
Dans sa lettre à Sartre du 3 Mars 1941 et concernant Jacques-Laurent Bost (le petit Bost) elle écrit: Hier on a joué aux échecs, on se dispute âprement -
"Lettres à Sartre"
Tome II 1940-1963
Gallimard NRF page 239


Krusti, le
Je ne l'ai pas acheté, je ne l'ai pas feuilleté je n'avais que le temps de le prendre en photo... mais si quelqu'un connait ce livre et le lien avec la couverture et par là avec le jeu d'échecs je serais intéressé.
On trouve ici le propos.
Il en restait un exemplaire au Marché du Livre square Georges Brassens 75015 Paris et on le trouve encore d'occasion sur le web apparemment



Chemtov, le
Aucune idée pour le livre. Mais vous avez de belles sandales. Pour le diagramme : Pourquoi donner e5 ?


Krusti, le
Oui de belles sandales solides et confortables. Idéales pour visiter le Sanctuaire d'Asclépios et le théâtre d'Épidaure tout comme adaptées à la recherche d'ouvrages d'occasion au marché du Livre d'où ce cliché est extrait.
J'ai remarqué sinon que le même auteur, pour un autre de ses ouvrages, avait opté pour le jeu de go en couverture. Message caché ? Caprice de l'éditeur ?


Krusti, le
BD.
Le joueur d'échecs de Friedrich Dürrenmatt illustré par Hannes Binder.
L'histoire macabre d'un juge qui joue aux échecs avec un procureur, les pièces étant des êtres vivants (la dame devant être la femme la plus proche des deux joueurs). Bien sûr la partie dure des années car il faut buter "en vraie" les pièces sacrifiées ou perdues.
Tout ça sur fond d'une conférence d'Albert Einstein.


Krusti, le
Je pouvais faire renaitre le post d'il y a 11 ans mais il avait été détourné à un tel point que... Non. Pourtant il évoque le film de Jean-Marie DROT que je vais également citer ici.
En effet j'ai récemment visionné le DVD dont je place la jaquette en lien.
Deux documentaires en 1 volume en somme.
Certes les obsédés du pgn en seront pour leurs frais mais les autres pourront apprécier la manière dont le jeu apparait le plus souvent en filigrane (et en réalité assez rarement) dans l'itinéraire de Marcel Duchamp.
Tout a déjà été dit sans doute mais c'est une raison de plus pour se faire une idée par soi-même.
J'invite les curieux à commencer par le 2° documentaire "Marcel Duchamp en 26 minutes" de Philippe Collin avant de s'attaquer au film "Jeu d'échecs avec Marcel Duchamp" de Jean-Marie DROT.
A chaud je retiens deux formules (de mémoire) de Duchamp "les échecs de sont pas dans l'ordre symbolique mais sont une drogue" et "Les échecs sont une école du silence".


Rêves et jeux sur Arte court-métrage, librement adapté de Grozdanovitch sus-nommé.


Krusti, le
Un court-métrage très intéressant (mais qui fera bondir les joueurs atteints du syndrome de la case blanche) qui fait appel à la meilleure partie à mon sens du livre de DG à savoir le début. Le timing sur ce fil est d'ailleurs amusant... je terminais l'intervention précédente sur la sentence "drogue" formulée par Marcel Duchamp et "Rêves et jeux" traite principalement de cette question...
Merci pour ce lien.


Krusti, le
Aujourd'hui il s'agit d'une représentation du jeu d'échecs (c'est vraiment le cas de le dire) mais non en littérature, au cinéma ou dans les arts mais dans l'enseignement de la philosophie. Plus exactement dans un "cours particulier" proposé en CD par, roulement de tambour... Luc Ferry.
Il s'agit d'expliquer, dans une approche globale de l'oeuvre certes plus large, ce que Kant appelle le Schématisme et il utilise pour cela l'apprentissage des règles du jeu d'échecs. C'est assez bien vu.
(Dés que je remets la main sur ce CD égaré...)


Krusti, le
Jean-Jacques Sempé est décédé hier. N'oublions jamais l'artiste qui savait poser le jeu d'échecs au bon endroit, celui d'un jeu de concentration où l'on s'amuse silencieusement...


Krusti, le
En littérature...
Dans le dernier livre de Virginie Despentes qui vient de sortir chez Grasset "Cher connard" je note page 215/216: Une voix me dit juste un verre, ça fait longtemps maintenant, tu as changé, tu n'es pas comme les autres, ils sont absolutistes de la sobriété, ils ne savent pas boire comme toi tu sais le faire. Cette voix est un joueur d'échecs qui aurait dix coups d'avance sur ma conscience. Elle est patiente, fine stratège, elle me connait par cœur. Elle est ce qu'il y a de plus élaboré en moi.


Julo62, le
Si elle est en avance sur la conscience, cette voix est-elle l'expression de l'intuition pour l'autrice ?
Si c'est le cas, c'est amusant car s'il existe bien un concept "magique" qui nous émerveillent tous à un certain point, dès qu'on commence à bouger les petits bouts de bois sur l'échiquier, c'est bien celui-là.

(Pour la case blanche, même Sempé! Pourtant, c'est une chance sur deux, mais il semblerait que la statistique s'acharne à fuir le néophyte.
Pour moi, en plus, c'est la case noire ! En h8, le denier refuge du Dragon, l'antre de la Bête, ou le berceau des flammes de la vengeance (disons de la contre-attaque - ça c'est quand ça se passait bien).


Chemtov, le
L'image du joueur d'échecs avec ses poncifs... Là dans mes BD ( oui, oui, à chacun sa littérature ! ) une jeune femme, au sujet d'une enfant aux pouvoirs surnaturels, raconte : ''J'accouche d'un.... enfin de Blanche! Et aujourd'hui, six mois plus tard, on dirait un enfant de trois ans avec en plus l'intelligence d'un joueur d'échecs...'' ( Le grand mort / Intégrale / Loisel/JB Djian )

Si les auteurs connaissaient vraiment '' l'intelligence '' des joueurs d'échecs !


Julo62, le
"Si les auteurs connaissaient vraiment '' l'intelligence '' des joueurs d'échecs !"

Ça m'inspire une taquinerie.

Comment pourrait-il en être autrement, puisque pour sa sauvegarde, on cherche tant à garder le Jeu d'Échecs loin du public ?

:-)


Chemtov, le
Ben... justement. Il vaut mieux maintenir le Jeu d'Echecs loin du public afin de lui laisser croire (ainsi qu'aux auteurs) que les joueurs d'échecs seraient spécialement intelligents. Ce cliché a la vie dure. Parfois c'est bien. Parfois c'est un vrai problème (voir ici, par exemple).


Reyes, le
"Excelling at chess has long been considered a symbol of more general intelligence. That is an incorrect assumption in my view, as pleasant as it might be." Garry Kasparov « Exceller aux échecs a longtemps été considéré comme un symbole d'intelligence générale. C'est une hypothèse erronée, à  mon avis, aussi agréable soit-elle. »


Reyes, le
L'Encyclopédie (1re ed, Tome 5, 1756)
« [...] D'autres personnes au contraire, frappées de ce que le hasard n'a point de part à ce jeu, et de ce que l'habileté seule y est victorieuse, ont regardé les bons joueurs d'échecs comme doués d'une capacité supérieure : mais si ce raisonnement était juste, pourquoi voit-on tant de gens médiocres, et presque des imbéciles qui y excellent, tandis que de très beaux génies de tous ordres et de tous états n'ont pût même atteindre à la médiocrité ? Disons donc qu'ici comme ailleurs, l'habitude prise de jeunesse, la pratique perpétuelle et bornée à un seul objet, la mémoire machinale des combinaisons et de la conduite des pièces, fortifiées par l'exercice, enfin ce qu'on nomme l'esprit du jeu, sont les sources de la science de celui des échecs, et n'indiquent pas d'autres talents ou d'autres mérites dans le même homme. » Par M. le Chevalier de Jaucourt (1704-1780)


Chemtov, le
Ben... oui... c'est même grâce aux Echecs que j'ai découvert, tout jeune, au club, que les adultes étaient souvent des imbéciles. Des professeurs, des notaires, des médecins, des gens réputés ''intelligents'' se comportaient stupidement devant (en jouant) ou à côté (de l'échiquier).

Je me demandais comment on pouvait être à la fois aussi ''important'', ''cultivé'', ''intelligent'' (soi-disant même aux échecs) et aussi bête à la fois. Un grand mystère pour un enfant...

Après j'ai commencé à me poser aussi des questions sur mes instituteurs et autres ''intellos''...

Echecs = intelligence ? C'est souvent pour ça que beaucoup d'adultes n'osent pas jouer aux échecs, de peur d'avoir l'air pas intelligent ( devant leurs enfants par exemple ). Il me faut toujours leur expliquer ( comme lors de nos initiations publiques, comme aujourd'hui dans les parcs ) que le Jeu d'Echecs ne requiert pas d'intelligence particulière.


Miranda et Ferdinand jouent aux échecs :
http://cinquantesignes.blogspot.com/2022/08/derniers-feux-parisiens.html


Krusti, le
Très émouvant, l'agrandissement montre bien l'angle des pièces avec l'échiquier ce qui constitue un parti pris esthétique aussi étonnant qu'intéressant. Et que dire des visages ?


Krusti, le
Gaspar est un artiste reconnu et sollicité. Pourtant, en ce début de printemps, il ne rêve que de quitter Paris, et de s’installer quelques jours Campo de’Fiori à Rome. Là, à une terrasse de café, devant un jeu d’échecs, il joue contre des badauds de passage et savoure la beauté des jours.

Un matin, une femme s’installe à sa table pour une partie. Elle s’avère être une adversaire redoutable et gagne très vite. Elle s’appelle Marya, vient de Hongrie. L’histoire entre eux naît sur l’échiquier, avant de se déployer ailleurs avec douceur.

Partie italienne. Antoine Choplin


Julo62, le
J'avais oublié que répondre 1...b5 à l'avancée du pion Dame des Blancs constituait la défense Polonaise.


Julo62, le
La partie dont il est question dans le livre est la 22e du match, entre Petrossian et Spassky qui s'est tenu à Moscou, au printemps 1966 (effectivement !).
Le Grand-Maître de Leningrad, mené de 2 points dégaine la Polonaise, sans trop impressionner le Tigre de Fer.
À l'issue de l'ouverture, dans laquelle il n'a rien obtenu puisqu'il n'avait rien recherché, au 25e coup, le champion arménien, tout à fait d'accord pour le partage du point propose une troisième répétition de la position, le challenger refuse.
S'ensuit une démolition en règle de son centre et de son aile Roi. Las, il abandonne quelques coups plus tard.

Position après 35.Cf3 - Les Noirs abandonnent.




Julo62, le
On peut pardonner les jeunes protagonistes, mais il y a eu des petites choses depuis lors.
Il me semble que C. Bauer a pratiqué victorieusement cette défense, mais surtout, Spassky, lui-même, près de 25 ans plus tard a vengé, de belle manière, la Pologne, contre Y.Seirawan.
La combinette finale est mignonne :
55... (Les Noirs jouent et gagnent)




Krusti, le
Un bref retour concernant le dernier roman d'Antoine Choplin "Partie Italienne".


Krusti, le
Tout à la lecture du livre mentionné plus avant (Le pion de Paco Cerda) je découvre cet article...

Le journaliste espagnol Paco Cerdà vient de consacrer un livre à Arturo Pomar, un prodige des échecs dont l’Espagne franquiste s’enorgueillissait dans les années 1940-1950. Dans El peón, il revient sur la partie historique qui opposa Pomar à l’Américain Bobby Fischer lors d’un tournoi organisé à Stockholm en 1962. Cette confrontation, fil conducteur du livre, permet à l’auteur de tisser une réflexion plus large sur la façon dont les deux joueurs ont été instrumentalisés par leurs gouvernements respectifs.
De l'échiquier à la politique franquiste

Lorsqu’en 1944, à 12 ans, Arturo Pomar parvient à arracher un match nul à Alexandre Alekhine, alors champion du monde, il devient la coqueluche de la presse espagnole. En 1946, il est reçu par le caudillo en personne, dans son palais du Pardo. Une photo immortalise leur entretien : Franco, tout sourire, tient paternellement le jeune garçon par la nuque. Arturo Pomar « a servi d’instrument de propagande à un moment où l’Espagne était en autarcie, plongée dans la misère. Arturito représentait juste le contraire de la réalité : c’était un prodige des échecs, une activité intellectuelle et cérébrale, dans un pays miné par l’analphabétisme et l’inculture. Vis-à-vis de l’étranger, le “boy Pomar” était un formidable ambassadeur » explique Paco Cerdà dans une interview accordée au quotidien en ligne El Confidencial.
D'idole des échecs à facteur

Quant à Bobby Fischer, il a été le pion de la Maison-Blanche qui, pendant les années de guerre froide, entendait mettre fin à la suprématie soviétique sur ce jeu. « Bobby Fischer et Arturo Pomar, deux génies encensés par leurs gouvernements et abandonnés ensuite, lorsqu’ils avaient besoin d’être soutenus, incarnent bien la splendeur et la misère, respectivement, des États-Unis et de l’Espagne », pointe le journaliste et spécialiste des échecs Leontxo García dans le quotidien El País. Effectivement, l’Espagne s’est montrée bien ingrate envers l’enfant prodige dont elle chantait les louanges, rappelle l’auteur. Une fois adulte, Pomar n’intéressait plus la presse, et comme il ne pouvait gagner sa vie en tant que joueur professionnel, il dût travailler comme employé d’un bureau de poste. Ce qui lui valut, en 1962, cet élégant commentaire de Bobby Fischer, amer d’avoir dû lui concéder un match nul après une partie longue de sept heures : « Pauvre facteur espagnol. C’est dommage, tu joues si bien et tu vas devoir retourner tamponner des enveloppes ».



Chemtov, le
Petite anecdote espagnole aussi : Dans Wikipedia, version française, on peut lire que le fort grand maître Jesus Diez Del Corral ( qui a joué sept Olympiades pour l'Espagne, dont trois au premier échiquier ) était un joueur amateur : comptable de métier. Pas terrible.
Dans la version anglaise, il est devenu notaire. Bon... déjà mieux.
Et quand j'ai fréquenté les meilleurs joueurs espagnols dans des tournois fermés (Las Palmas, Malaga, etc...) ceux-ci m'avaient dit que leur brillant co-équipier était avocat et professeur d'université. Bizarre...

Finalement, des années plus tard, avec davantage de recherches sur le net, on découvre que le bonhomme a fait une carrière juridique de très haut niveau dans les ministères espagnols et à la Maison Royale.

Ainsi donc de simple ''comptable'' de Wikipedia France, il passe presque au niveau d'un législateur avec de très hautes responsabilités.

Ceci juste pour dire qu'il faut peut-être relativiser l'emploi de ''facteur'' de Pomar, qui devient ensuite ''employé d'un bureau de poste qui colle des timbres". Et peut-être, un jour, on découvrira qu'il était directeur de ce bureau de poste, voire plus.


Krusti, le
Il semble que le propos du journaliste vise beaucoup plus à illustrer l'extrême absence de tact (pour rester poli) de Fischer bien plus qu'une exactitude concernant le CV du joueur espagnol.


Chemtov, le
C'est marrant. J'ai lu la phrase de Fischer ( ou attribuée à Fischer... d'où la tient-il, Leontxo ? ) sans lire le commentaire précédent. Et bien, de manière isolée, brute, cette phrase n'a pas du tout sonné dans mes oreilles comme une moquerie. Au contraire, je l'ai prise 100% au premier degré, comme un compliment et un regret, phrase effectivement brutale, avec un manque de tact certain ( très américain, j'ai vécu des situations comme ça aux USA ) mais sans arrière-pensée ( très ''Fischer'', à mon avis, qui disait tout simplement ce qu'il pensait ).

Après c'est possible aussi que Fischer ait été vraiment amer de ne pas avoir gagné. Mais un vrai joueur d'échecs n'a pas à être amer après cette bonne partie. En fait, j'ai plutôt l'impression que ce n'est pas Fischer, mais l'auteur du livre qui tient absolument à rabaisser Pomar. Il avait déjà dit un truc pas juste du tout sur Pomar ''en fin de carrière'' ou quelque chose comme ça, alors que celle-ci allait encore bien se développer.

Enfin... je ne sais pas. C'est difficile de comprendre le sens d'un livre et les intentions de l'auteur avec juste des extraits ( mais merci quand même, Krusti, de nous faire découvrir ceux-ci ).


Krusti, le
INTERLUDE (entendu à la radio)
Mais dans quel contexte cet inconnu a-t-il pu dire :
"Et on passe sa vie à boire du thé, à parler et à jouer aux échecs."


Chemtov, le
Sartre ? Un écrivain russe ? ( peu original, il y en aurait plusieurs probablement ) moi ? (ah non, je ne joue plus vraiment ) Krusti ?


Krusti, le
Vous êtes donc plus tenté par une réponse à la question du "qui a dit" plutôt qu'à celle de l'énoncé ("le contexte")...
Sartre aurait pu, il était fin observateur. Un écrivain russe c'est certain, et pour cause quand apparaitra le contexte. Vous ? A l'évidence et il est encore temps. Moi ? C'est ce que je me dis tous les jours même hors contexte.
...
Mais l'idée n'était pas de faire le tour des ego.
En fait on parle ici du transsibérien.
J'ai extrait cette formule d'une émission de 1984 encore disponible. A la 4° minute.


Chemtov, le
Ah pardon, j'avais mal lu. C'est vrai, la recherche du contexte aurait pu me guider vers un lieu plus ou moins clos, la garnison de Sartre, une datcha isolée de poète russe, une prison pas trop sévère (où l'on est plusieurs et où circule du thé) et... un cercle d'échecs. Mais je n'aurais pas trouvé le transsibérien. Pourtant ma belle-soeur a fait cette expérience : thé (en samovar), discussions sans fin, nombreuses parties d'échecs et photos.

Personnellement, j'ai beaucoup pris l'Orient-Express pour la Hongrie ou la Roumanie dans les années 70-80 (une quinzaine de fois au moins) et là aussi, même si les trajets étaient bien moins longs, ils m'ont permis de faire de nombreuses rencontres autour de thé et de jeux d'échecs.


Krusti, le
Dans l'excellent et douloureux film de Sydney Lumet "The pawnbroker", le prêteur sur gages (1964) nous avons cette séquence avec un jeu d'échecs dans les premières minutes au moment de sortir du paradis si j'ose dire...


Une sélection d'échecs au cinéma dans BlowUp-Arte


Krusti, le
Oui cette sélection est très intéressante (bien qu'infiniment trop courte... mais c'est l'exercice qui veut ça...) et notamment cette séquence de WA qui continue de me faire rire...
J'en profite pour signaler ce qui m'avait échappé en première lecture mais que j'ai eu l'occasion d'entendre à la faveur de l'écoute hier soir en audio-livre de L'insoutenable légèreté de l'être excellemment rendu par le toujours très efficace professeur de philosophie Raphaël Enthoven à la diction excellente un passage, cinquième partie chapitre 6.
Lors d'un dialogue entre un agent de l'état et Thomas l'un des protagonistes du roman.
"L'homme du ministère venait de s'exprimer comme le joueur d'échecs qui confirme à son adversaire que celui-ci a commis une erreur dans le coup précédent"


Krusti, le
L'excellent film de Louis Malle, Le feu follet (1963), adapté du livre de Drieu La Rochelle (publié en 1931) fait la part belle au jeu d'échecs.
Dans ce film, déjà, on croise plusieurs jeux... les fléchettes, le billard, les cartes mais j'ai l'impression que le jeu d'échecs symbolise en plus une certaine idée de l'ordre, et donc du désordre, peu exploitée par la critique.
En début de film, Alain le héros est encore en cure de repos et il joue à la toute fin de son "hospitalisation" avec son médecin.. Fin de l'hospitalisation souhaitée par le médecin mais non par Alain (l'immense Maurice Ronet) qui se sent, à raison, encore bien fragile.
Du reste au moment ou semble convenu la décision du départ imminent Alain interroge le médecin :
Et notre partie ?
Nous continuerons demain. Répond le toubib.
Alain joue un coup une fois le médecin parti.
Le film se déroule, et vers la toute fin, inéluctable, on voit Alain écroulé dans la même chambre, à côté d'un jeu dont les pièces sont en vrac sur l'échiquier signe, au passage, qu'il est retourné dans le centre de repos...
Les interprétations sont dés lors aussi simples que peu nombreuses.


Chemtov, le
''Alain joue un coup une fois le médecin parti.''

Et il fait mat en deux coups ! Dans une position (presque) crédible :




Chemtov, le
Pour la dernière image, cela ressemble assez à la chambre de quelques joueurs d'open après une ronde malheureuse...


Renan, le
Avec un échec double s'il vous plaît!


Krusti, le
Favorablement impressionné par le film "Norway of life" (Grand vainqueur de l'édition 2007 du Festival du film fantastique de Gérardmer avec quatre récompenses : le Grand Prix, le Prix de la critique internationale, le Prix du jury jeunes et Prix du jury science-fiction.) je me suis mis en tête de chercher un autre chef d’œuvre du côté du festival en question...
Aprés plusieurs minutes de recherche je regarde du côté de "5150, rue des ormes" (Prix du public 2010). Film adapté d'un livre de Patrick Senécal (que je viens d’acquérir).
Le synopsis (du film) est le suivant: "Le 5150, rue des Ormes se trouve au bout d'une allée tranquille dans une petite ville sans histoire. Suite à une chute de vélo, Yannick frappe à la porte des Beaulieu, une famille menée d'une main de fer par Jacques Beaulieu, et se retrouve séquestré dans leur maison. Le père de famille propose alors un marché à Yannick : s'il arrive à le battre aux échecs, il pourra s'en aller librement... ".
Des retours sur ce film ou ce livre ?


Chemtov, le
Non. Mais le thème de la partie avec la vie (ou la liberté) comme enjeu pour le prisonnier n'était pas nouveau en 2010.


Krusti, le
Nous sommes des joueurs d'échecs, comme les artistes (souvent avec moins de talent) nous rejouons les mêmes thèmes.
Ça nous connait. Rien de négatif là-dedans.
...
L'auteur, québécois, tente de présenter un personnage sans doute complétement fou, tyrannique, bon joueur d'échecs (les échecs sont évoqués pour la première fois page 48, puis incidemment page 62, page 69 on apprend qu'il ne joue qu'avec les blancs, et page 70 qu'il était anciennement champion de sa ville) j'en suis page 90 et le style reste assez limite.
Je continue vraiment pour savoir comment le jeu va réellement rentrer dans la relation entre le kidnappeur et le kidnappé.
[Note pour mon biographe ON].
Il faut vous dire que j'étais très content hier de me rendre à Créteil Soleil (et d'en ressortir vivant) pour chercher mon exemplaire de "5150 rue des ormes" mais quelle surprise au moment de la remise par la sympathique hôtesse de la FNAC. Un bouquin ! J'étais persuadé d'avoir coché "DVD" lors de la commande. Résultat je m'astreins à lire ce roman (alors que ce type d'ouvrage n'est pas ma tasse de thé). J'ai (re)passé commande pour le DVD cette fois, ce qui me permettra de voir comment est traité la question des échecs et dans le texte et à l'écran. Toujours intéressant...sauf si la lecture devient vraimet insupportable...reste 250 pages
[Note pour mon biographe OFF].


Krusti, le
J'en bave un peu. J'en suis page 203/346 mais déjà, sans être atteint du syndrome de la case blanche, plusieurs grossières maladresses laissent un goût amer dont la pire est de considérer que faire échec à son adversaire est déjà montrer qu'on l'inquiète et qu'on progresse sérieusement.
Bonne nouvelle cependant le DVD était dans ma boîte aux lettres.
A suivre...
PS c'est mon jour de chance on vient de m'offrir le Sylvain Zinser Partie Italienne...


Krusti, le
Le film, bien moins mauvais que le roman, reste tout de même assez mauvais.
Et, last but not least, quel est le premier coup de la première partie qui oppose le Kidnappeur au Kidnappé ? Je vous le donne en mille !


Chemtov, le
Génial ! ( Carlsen voulait aussi kidnapper Mamedov dans son jeu pervers ).


Krusti, le
Et comme disait le Comte Albéric O’Kelly de Galway : « La psychologie est très importante aux échecs. Quand vous jouez une ouverture, vous devez avoir confiance en elle et la tenir pour irréfutable. »


Chemtov, le
Comte par son père, mais surtout fils de la remarquable résistante Mary Cummins.


Renan, le
Avez vous déjà vu le film "Fresh" avec Samuel Jackson...?


Krusti, le
C'est dans "La plaisanterie" de Milan Kundera, page 293 (Folio).
"Ou bien inversement: combien est-elle habile à le rabaisser en l'abandonnant à son petit va-et-vient pendulaire, tandis qu'elle s'éloigne avec ses pensées (déjà lasses des caprices du corps) tout à fait ailleurs: vers une partie d'échecs, vers le souvenir d'un déjeuner, ou vers une lecture"
La configuration est telle que je ne veux me risquer à aucune exégèse...


Krusti, le
A 1'08 de la BA du film les Amandiers qui sort le 16 Novembre une serveuse (dans une répétition apparemment) apporte un jeu d'échecs.


Orouet, le
Roxane :
"Mais tout d'abord merci, car ce drôle, ce fat
Qu'au brave jeu d'épée, hier, vous avez fait mat,"
...
(Cyrano)


Krusti, le
Qui nous rappelle le lien entre l'escrime et les échecs par le simple fait que dans ces deux disciplines on y croise des maîtres....


Krusti, le
En marge...
Le jeu d'échecs évoqué comme symbole ici dans Libé du jour... également hier soir au Masque et la Plume par Xavier le Herpeur concernant sa critique du film "La conspiration du Caire" vers 16'40''.


Orouet, le
il existe, sans(aucun) doute, une partie ... dans "2001 l'Odyssée de l'espace " : HAL vs Bowman


Krusti, le
J'imagine (je ne m'en souviens pas bien dans le détail en fait), une capture d'écran ou bien un lien serait un + !!!


Chemtov, le
On trouve sur Youtube, en écrivant ''2001 space odyssey chess''. La partie est Roesch-Schlage 1910.


Krusti, le
Je confirme mon post du 2/11, il y a bien un échiquier avec pièces positionnées servi dans le film "Les Amandiers" mais il s'agit d'une enfilade. En fait les comédiens de la troupe qui donne son titre au film répète dans le film une pièce de Tchekhov à savoir Platonov. Pièce qui compte un échiquier (etc) dans son décor.


Krusti, le
INTERLUDE ON
Je viens de découvrir ce site qui, me semble-t'il, intéressera les collectionneurs "mais pas que".
sovietchesssets
INTERLUDE OFF


Krusti, le
En mode "vu sur le web", si on peut parler, à la grande limite, de street-art (j’exagère bien entendu)


Cela fait des années que j'entends parler en bien d'un livre d'échecs légendaire publié en 1967 par les PUF.. que je n'ai jamais lu (ni vu).
Le dictionnaire des échecs de François le Stéphanois...euh non pardon le Lionnais.

Encore récemment un membre du forum (Zorglub) a dit que c'était son livre préféré alors que je parlais de mon préféré (la fabuleuse histoire des champions d'échecs de Nicolas Giffard).

Après une réflexion qui aura duré 40 ans..(ayant rangé tous mes bouquins la semaine dernière rires), j'ai décidé de commander ce livre (en occasion, merci internet !) afin de le lire enfin !


Le site "Sovietchessets" indiqué par Krusti juste au dessus de ces lignes est absolument FABULEUX !
Il n'y a pas seulement de superbes photos de jeux d'échecs magnifiques mais également de longs textes qui donnent le contexte historique de l'utilisation de ces jeux d'échecs.
Egalement des photos rares de GMI légendaires utilisant ces pièces d'échecs.

Une reflexion m'est venue à l'esprit : au final la généralisation du modèle Stanton en compétition semble avoir fait disparaitre l'utilisation officielle de magnifiques jeux d'échecs bien plus jolis (voir l'esprit créatif sur la sculpture des cavaliers).


Krusti, le
Possible interprétation de la présence, volontaire ou involontaire, d'un tableau, représentant un échiquier mural (case blanche à gauche) dans le film Les Olympiades (Jacques Audiard 2021).
La scène, importante, qui se situe aux alentours de la 22° minute dure un peu moins de 120 secondes et concerne 3 personnages.
Camille (l'un des 3 héros du film aux côtés de Nora et Emilie avec lesquelles il aura des rapports amis/amants) Eponine (sa petite sœur âgée de 16 ans et bègue) et leur père.
Cette scène est importante car elle vise à montrer, beaucoup plus qu’une tension familiale, un trait du caractère du grand Frère jusque-là présenté comme un sympathique professeur de français gentil, drôle et séduisant.
Alors que le père est fier d’annoncer à son grand fils que sa petite sœur semble pouvoir percer dans le stand ’up, Camille réagit sèchement et ne cache pas son mépris pour cette activité.
(A noter que j’aurais pu reprendre à mon compte l’intégralité de ses reproches… Note pour mon biographe)
Eponine, furieuse, part dans sa chambre pendant que le père fait la leçon à Camille sur le thème « on s’en fout ce que tu penses du stand’up tu pourrais encourager ta sœur ».
Cette scène, l’échiquier mural, le film même mais c’est un autre sujet, peuvent s’interpréter à l’aune du 3 (ou du ternaire, de la trinité ou du signe trinitaire c’est comme on voudra). Ou plus encore à l’aune de la difficulté d’accéder au 3.

L’échiquier mural, en tant qu’il est totalement vierge évoque au moins deux choses dont on peut tirer un profit symbolique.
Il renvoie à la classique séparation entre deux entités. Ici le blanc et le noir. Le bien et le mal ? Le bon et le mauvais ? Le yin et le yang ? On peut se régaler, les perspectives sont nombreuses mais ce n’est pas tant ici les déclinaisons possibles qui sont précieuses que la simple lutte ou cohabitation entre deux unités. Le 3° terme semblant absent et c’est là tout le ressort de l'affaire.
De sorte que tout se passe comme si on voulait signifier dans cet apparemment, dans l’unité d’action qui se joue sous nos yeux, que le deux ne se transformera jamais en trois.
Tout se passe comme si le blanc et noir de l’échiquier se rapportaient à deux certitudes ne parvenant pas à produire une vérité de la même manière que le père face à ses deux enfants ne parviendra pas à engendrer l’harmonie.
L’échiquier mural dans sa géométrie indique également un espace clos (l’appartement ? la famille ?) mais dont la constitution, des cases identiques dans leur forme mais supportant deux couleurs, est, elle, reproductible à l’infini (la condition humaine ?).
Enfin l’échiquier n’existe pas dans la nature (pas plus que le rectangle cf …). Il est œuvre de l’esprit pur.
De tous ces éléments il ressort que cette scène inaugurale vise à montrer cette fameuse condition humaine dans sa forme la plus brute, la plus simple la moins dialectique possible.
On pense, parce qu’il est douloureusement inopérant ici, au concept de Hegel, l’Aufhebung, par lequel on pourrait dépasser tout en les conservant deux positions auparavant antagonistes (Lacan, qui s'y connaissait en matière de père, traduira ce terme par sublimation).
Le père semblait en effet l’élément clef mais il échoue et n’y parviendra pas. Telles deux cases sur l’échiquier Camille et sa soeur resteront en opposition nette, au mieux froidement côte à côte.
Pour nous joueurs d’échecs, la « grande absence » bien sûr ce sont les pièces. Un échiquier mural, sans les pièces, sous forme de tableau, montre par là une frustration. Cette frustration c’est, plus encore que les pièces elle-même le mouvement de ces pièces qui transforme ces morceaux de bois sur ce plateau en splendide ballet, en combat, en dialectique entre les blancs et les noirs et cela avec toutes les perspectives de dépassement qui sont offertes. La beauté résultante, la victoire possible, la noblesse de l’art comme production de l’esprit que sais-je encore.
C’est toute la suite du film qui avec succès proposera plusieurs 3° termes qui manquaient dans l’appartement du père.
...
Une autre interprétation est possible c’est que le tableau était là lors de la location de l’appartement pour le tournage de la scène et que Jacques Audiard et son chef op’ n’en avaient absolument rien à battre.
Ce serait dommage….


J'ai vu une bande annonce d'environ 2 minutes d'un jeu video qui vient (ou va bientôt ?) de sortir sur Xbox. Le jeu s'appelle : The Witcher 3: Wild Hunt.

Ce jeu semble bien trop sanguinaire et violent pour me plaire, mais on peut voir à environ 25 secondes de la bande annonce, des personnages jouer aux échecs, avec un jeu fortement inspiré des célèbres pièces écossaises dites de Lewis.


A propos, j'ai reçu cette semaine le célèbre dictionnaire des Echecs de Le Lionnais, paru en 1967 chez PUF.
Le livre est vraiment très sérieux ! les articles de définition des termes échiquéens vraiment intéressant (mais on ne parle de Chess 960 ! sourire)
C'est vraiment un voyage dans le passé !
La lecture des notes sur les champions d'échecs de l'époque est vraiment étonnante. Il y a même des joueurs dont je ne connaissais pas le Nom !


le lien vers une image de l'échiquier dans le jeu video Witcher 3 :

https://www.msn.com/fr-fr/lifestyle/shopping/the-witcher-3-ps5-xbox-series-un-comparatif-vraiment-bluffant/ar-AA14vU9x?ocid=msedgntp&cvid=b96778c7c49c44f4803dbf3c17ec4715&fullscreen=true#image=1


Krusti, le
A la 42° seconde de la BA du film "Corsage" (sortie 14 décembre prochain) il me semble distinguer un échiquier avec des pièces très géométriques servant par ailleurs de support à un instrument de cuisine.
#Promesse ?
Sinon retour bientôt sur une soirée théâtre vendredi dernier.


Krusti, le
Afin d'honorer une promesse je me suis rendu pour la deuxième fois vendredi dernier à une représentation de la pièce "Le Porteur d'Histoire" du désormais incontournable Alexis Michalik.
Je connaissais déjà cette pièce pour l'avoir vu à sa sortie dans le même théâtre il y a une dizaine d'années mais je n'avais pas remarqué à l'époque ce qui m'a sauté aux oreilles vendredi dernier, l’occurrence magique, en gras dans l'extrait ci-dessous.
Du reste pour bien resituer le moment du clin d'oeil j'ai fait dans la foulée l'acquisition du texte dans l'excellente édition Magnard ici
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La pièce est présentée comme ceci:
À la mort de son père, Martin découvre un carnet manuscrit qui va bouleverser sa vie. Devenu porteur de cette histoire haletante et mystérieuse, il entraîne une mère et sa fille, ainsi que le lecteur, dans une incroyable aventure littéraire…
ou bien comme cela:
Par une nuit pluvieuse, au fin fond des Ardennes, Martin Martin doit enterrer son père. Il est alors loin d’imaginer que la découverte d’un carnet manuscrit va l’entraîner dans une quête à travers l’Histoire et les continents. Quinze ans plus tard, au cœur du désert algérien, une mère et sa fille disparaissent mystérieusement…
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L'extrait-ci dessous est considéré comme la 46° partie d'une pièce qui en compte 51.
Les personnages sont Rose (la dernière des lysistrates), Dimitri (un lysistrate), Sixte II pape et Clément VI pape également.
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46. Catacombe, Rome, 258
Dans une catacombe, Dimitri rencontre Sixte.

Sixte II.- Qui es-tu ?
Dimitri.- Ne crains rien. Je ne suis pas un danger.
Rose.- C’étaient pour les chrétiens des temps difficiles.
Dimitri.- Au contraire, je viens t’offrir mon aide.
Clément VI.- Qui êtes-vous ?
Rose.- Pour l’heure, mon nom importe peu.
Dimitri.- Il te suffira, je crois, de regarder cette bague.
Rose.- Il vous suffira de regarder cette bague… et vous saurez à qui j’appartiens.
Clément VI.- L’arbre-calice.
Sixte II.- l’arbre-calice.
Clément VI.- Ainsi, vous n’êtes pas une légende ?
Dimitri.- Non, mon père, je suis à la fois un mythe et une réalité.
Rose.- Je suis à la fois un tout et un individu.
Dimitri.- Nous sommes les Lysistrates.
Sixte II.- Qu’attendez-vous de moi ?
Dimitri.- De toi ? Rien. Les Romains te tueront bientôt. De ton Église ? Beaucoup. J’attends que vous les convertissiez tous à ton seigneur Jésus-Christ. J’attends que vous les sauviez.
Sixte II.- Que nous les sauvions ? De quoi ?
Dimitri.- De l’Empire. Tu es grec, comme moi, et au fond de toi, comme moi, tu sais que le salut de l’homme est dans la démocratie.
Rose.- Dans mille ans, peut-être, ou dans deux mille ans, le pouvoir reviendra au peuple. Votre religion est le premier mouvement sur l’échiquier.
Cllément VI.- Je ne vous comprends pas…
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Si je devais surveiller des TD sur ce texte je tenterais d'orienter les travaux vers les questions suivantes.
1- En utilisant le terme échiquier, l'auteur a-t-il voulu comparer la mission de l'église à une partie d'échecs ? Si oui laquelle ?
2- Quel rapport peut-on faire entre un échiquier (et par extension le jeu d'échecs) et un projet démocratique ?
3- En vous aidant des textes d'Aristophane vous démontrerez que cette partie de la pièce n'est qu'une vaste blague.
4- Deux papes dans le même échange est-ce de nature à justifier les 4 évêques sur un échiquier ?


Orouet, le
1: une histoire de berger ...
2: un pion peut mater un roi ...
3: Ff1 ! (aristo fan ...)
4: une histoire de fous ...




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