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Ljubomir Ljubojevic – Ulf Andersson, Wijk aan Zee 1976 par Europe Echecs le  [Aller à la fin] | Actualités |
Lors de l’analyse post-mortem, le jeune GM suédois avait admis, non sans étonnement, que son adversaire avait joué « comme un génie » ! En Espagne, le GM Timman admiratif, après avoir montré cette partie aux GM Keene, Rogoff et Sigurjonsson, conclut avec l’assentiment de ses collègues, non seulement qu’elle était la meilleure du tournoi de Wijk aan Zee mais aussi la meilleure partie des vingt dernières années ! https://www.europe-echecs.com/art/les-grandes-parties-du-passe-9734.html

« Devant la lenteur avec laquelle circulait l’information, il était passionnant de comparer et comprendre les différents points de vue des Grands-Maîtres au travers de leurs différents commentaires. Depuis les ordinateurs sont devenus plus forts que les Grands-Maîtres et donnent l’illusion que comprendre la position se résume pour beaucoup d’amateurs à observer les évaluations de la jauge. Ils consacrent quelques minutes en mode « blitz » pour visualiser le déroulement d’une partie.

Peut-être que cette époque est totalement révolue, mais l’on pouvait discuter d’une partie pendant plusieurs mois, chercher les failles, utiliser ce savoir pour l’expérimenter. Aujourd’hui, tout va très vite et les pages se tournent sans que l’on puisse digérer l’information. Chaque jour efface le précédent, il faut monopoliser le devant de la scène. La plupart des tournois à cadence rapide, ou autres nouvelles formes de jeu, ne laissent pratiquement aucune trace derrière eux. C’est la politique de la terre brûlée, rien ne semble repousser dans votre esprit... » Georges Bertola


Amusant. En lisant ce post (sans avoir vu le titre), j'étais persuadé qu'il s'agissait de la partie Kasparov-Andersson en 1981 . Il me semble qu'Andersson avait alors, exprimé un compliment similaire... :

https://www.chessgames.com/perl/chessgame?gid=1069976


Ce phénomène n'est pas limité au seul monde des échecs !
Dans les disciplines scientifiques, on constate également que les progrès techniques technologiques dans les appareils d'analyses de laboratoire, entrainent souvent un appauvrissement de la pensée scientifique humaine des chercheurs utilisant ces appareils ( On prend pour argent comptant le résultat de la machine , sans s'interroger sur le mode de calcul interne du logiciel (type d'équations utilisées par le logiciels, quelles limitations expérimentales ou approximations programmées dans le logiciel...).

Lorsque j'étais étudiant en chimie Physique, le professeur titulaire de la chaire , avait l'habitude de dérégler en cachette les appareils électroniques d'analyses qui seraient utilisés par les étudiants lors des Travaux pratiques ...(sans en informer le maitre assistant chargé de l scéance de TP..) ...
Le but était de nous apprendre à ne pas avoir une confiance aveugle dans la technologie , notamment quand la machine nous indique un résultat absurde !
j'ai retenu la leçon toute ma vie , et bien souvent lorsque des analyses judiciaires sont contradictoires entre 2 laboratoires ... il faut rechercher où est l'erreur humaine de reflexion dans la bonne utilisation des outils technologiques d'analyses...( outils électroniques modernes, qui sont aujourd'hui infiniment plus performants que dans ma jeunesse ...mais toujours aussi "idiots" dans l'absolu.

Aujourd'hui , tout le monde (surtout les amateurs !) fait confiance à l'Oracle de silicium , (Stockfisch par exemple) qui porte un jugement sur la position sur l'échiquier qu'aucun humain n'a le droit de contester....
il y a 10 ans tout le monde faisait confiance à Rybka.... qui pourtant est totalement laminé aujourd'hui par Stockfish ...

Seuls les meilleurs GMI sont capables de comprendre pourquoi l'évaluation d'une position complexe par Rybka est moins fiable que celle de Stockfisch, car le GMI est capable de réfléchir par lui même, seul , avec ses propres connaissances et compréhensions du jeu ....ce que l'amateur est totalement incapable pour comparer Rybka et Stockfisch.


Athos, le
Et dans 10 ans, Stockfish 18 passera pour une mazette devant Stockfish 30 ou tel autre, on a vu le cas Alpha zéro déjà.

C'est pour cela que quand j'entends des Mamedyarov, Carlsen et autres Aronian faire l'apologie du FRC en soutenant que le jeu classique serait "fini", à la suite de Fischer, je vois surtout des joueurs en bout de carrière, gavés et/ou usés, et qui s'ennuient.

Il y a des centaines d'ouvertures à jouer et des milliers de variantes à creuser. Rien ne se démode plus vite que la théorie, a fortiori lorsqu'elle repose sur des dogmes que l'on croit définitifs.
Il est incongru de laisser croire que la créativité disparaît quand on reste sans cesse dans la zone de confort moulinée par ordinateur ...
D'ailleurs, le dernier Tata steel a démontré que l'on peut transgresser la théorie, beaucoup de parties étaient hors base après 12 ou 15 coups, et ce n'est pas un cas isolé. Ce sont les joueurs qui décident de créer ou pas.


ArKheiN, le
Il y a une différence entre l'époque Alphazero vs Stockfish: à cette époque, aucun module n'était imbattable. Stockfish (qui n'a plus rien à voir avec la version contre Alphazero depuis qu'il est passé NNUE) est maintenant imbattable depuis une position équilibrée. La seule façon où on pourrait effectivement mesurer des progrès serait dans l'évaluation et la conversion d'un avantage, car au final, si on pousse loin, du +1.7, du +3, ne veut rien dire d'un point de vue absolu. Soit c'est gagnant, soit perdant, soit nulle. Alors c'est effectivement la raison pour laquelle les matchs ordis se jouent depuis des ouvertures déséquilibrées pour voir si le camps avantagé arrive à convertir en gain, ou si le défenseur arrive à tenir la nulle.


Athos, le
Si vous suivez le TCEC, qui regroupe une grande quantité de programmes tournant sur d'énormes hardwares, vous verrez qu'ils arrivent à se battre, malgré un taux de nulles élevé. Le projet Alpha zéro ayant été arrêté, on est dans l'inconnu, mais pas sûr que Stockfish 18 en serait venu à bout, vu le score de Stockfish 9 contre lui.
Quant aux joueurs, qui sont 900 points derrière, pour les meilleurs, ils ont encore beaucoup de marge dans le "jeu classique" pour faire de la création ...


ArKheiN, le
Justement, dans le TCEC ils imposent généralement des ouvertures avec un déséquilibre majeur. Alphazero vs Stockfish était carrément sans bibliothèque (et ça se voit, sinon SF n'aurait pas joué si mal les Ouest-Indiennes). A cette époque, juste couper l'arbre d'ouverture suffisait à créer un déséquilibre entre 2 modules de forces différentes. Maintenant, je pense que si on coupe l'arbre, SF actuel fera encore nulle contre "SF30". Mais si on crée un déséquilibre de type TCEC; effectivement le SF30 aura des meilleures stats, logique.

D'ailleurs il est d'avis général que le Leela (directement inspiré d'Alphazéro, mais avec des moyens bien moindres), a réussi à égaler voire dépasser Alphazero (on a pu le mesurer indirectement). Pendant un moment, Leela et SF gagnaient à tour de rôle le TCEC, mais depuis SF NNUE, il a repris le dessus car il combine la force du SF classique et du côté neuronal. C'est le module ultime, que son ancêtre vs Alphazero n'était pas.


Athos, le
Il suffirait de faire jouer Stockfish 9 avec son hardware de l'époque contre Leela par exemple, configuration actuelle, pour avoir une vraie réponse.
En ce moment, au TCEC, se joue la saison 29 (sic) de la première ligue, et je ne vois pas d'ouvertures imposées. Komodo 3.3 joue une Défense moderne, et sur 9 parties il a 2 défaites.
Stockfish a repris un net ascendant sur Leela dans les derniers tournois.

Qu'Alpha zéro ait joué sans bibliothèque durant les 2 matchs est certain (puisqu'il s'est formé en auto-apprentissage), mais que SF n'en ait pas eu ça l'est moins. J'essaierai de vérifier cela.
Mais quelle créativité chez AZ ... D'ailleurs ça aura eu une influence sur les top joueurs, notamment les plus jeunes (v. les commentaires de l'époque).
Pour évaluer la force réelle des programmes, il faut enlever les NNUE et brider la bibliothèque (par exemple 10 demi-coups).
Rétrospectivement, les propos de Fischer sur la "finitude" du jeu classique sont grotesques. Quant à l'avis des autres ...


Chemtov, le
Pour revenir au sujet, la partie Ljubojevic-Andersson, il faut noter que l'innovation 12.e5 n'en était peut-être pas une. Tous les commentateurs de l'époque disaient que si l'idée existait bien dans des positions légèrement différentes (par exemple avec l'ajout de Tad1 et b5), en revanche le coup direct et précoce 12.e5 était bien une innovation incroyable.
(Timman avait pensé, en voyant ce coup : ''If this is good, then Black can't play the Sicilian anymore'').

Cependant les bases de données indiquent qu'il existerait une partie antérieure, de 1974, jouée au tournoi de GM de Děčín, avec ce même coup 12.e5, placé précisément au même moment, dans la même position. Et l'auteur en serait un champion aussi célèbre, Evgeny Sveshnikov !
Avec les noirs, le GM Jan Plachetka n'avait pas osé accepter le sacrifice et avait répondu 12...Ce8.


j'ai passé mon dimanche après midi à regarder (et essayer de comprendre !) la partie de Ljubojevic vs Andersson, que je ne connaissais pas .

Quelle partie extraordinaire d'équilibre et d'harmonie dans les 2 camps.

il est extrêmement difficile tout au long de la partie de déterminer quel camp a l'avantage car chacun trouve des ressources inattendues pour se défendre et contrer les idées de son adversaire !

c'est un vrai plaisir que d'essayer de deviner seul (sans l'aide de l'ordinateur) quels vont être les coups joués par les deux joueurs, et surtout de comprendre pourquoi le coup joué est le meilleur par rapport à d'autres idées alternatives.

je me suis régalé !


Chemtov, le
Oui, c'est une grande partie, dans l'histoire des échecs. J'aimais bien la montrer, associée à Lasker -Pirc 1935 et Boleslavsky-Böök 1948 ( ou quand il faut pousser e5 ou f5 dans la Scheveningen ).

En plus du côté stratégique (plan De1-g3 et pourquoi Fe2/Fe3, etc...) et du côté tactique (calcul de variantes, thèmes classiques), il y a une réelle originalité dans certaines manoeuvres (par exemple Td1-d3-c3-g3) et des idées spectaculaires (par exemple le double sacrifice en g7 et h7).

C'est toujours un vrai plaisir de la redécouvrir. Malheureusement, cette partie a aussi fait beaucoup de victimes du côté des joueurs (et élèves) avec les blancs qui se sont cassés les dents sur la défense noire (en réalité très difficile à percer). Pas facile d'imiter Ljubojevic.


Merci supergogol, thierrycatalan et Chemtov pour vos remarques et de traiter du sujet de l'article !


Krusti, le
« Andersson est un homme qui préfère la cohésion à un avantage spatial. » GM Speelman
Je me demande bien quel joueur actuel pourrait revendiquer (ou se voir décerner) cette formule.
J'ai beau penser comprendre cette idée j'aimerais bien disposer d'un exemple concret, d'une illustration sur l'échiquier.
Typiquement dans une position donnée, avec le trait, tel joueur préférant la cohésion jouerait ceci et tel autre joueur préférant l'avantage spatial jouerait cela.
En tous cas indépendamment du contenu technique l'article vaut déjà le détour pour ses superbes clichés.


ArKheiN, le
Une façon de préférer jouer b3 au lieu de b4, ou g3 au lieu de g4, peut-être ;)


Krusti, le
Intuitivement oui... mais ce serait la version courte (too short)...


Athos, le
L'article traite du poids des ordinateurs aussi. Ce qui est certain c'est que, à l'instar des sociétés, le monde échiquéen est de plus en plus accéléré et artificialisé. Cela prépare parfaitement la domination future des robots en tout genre ...
De surcroît, on note que les meilleurs champions délaissent de plus en plus l'édition de livres. De Capablanca à Kasparov (My great predecessors, notamment), en passant par Alekhine ou Botvinnik, il y avait une tradition qui se perd vraiment et incitait à l'analyse des parties.


@Krusti : le choix de jouer avec ou sans espace intervient souvent dans l'ouverture, ainsi Andersson a régulièrement adopté avec les Noirs des systèmes resserrés, comme par exemple le hérisson.


Athos votre remarque est pertinente. C'est probablement le poids des ordinateurs dans la recherche de la vérité qui dissuade les meilleurs joueurs de s'exprimer. C'est aussi un moyen de se préserver en refusant de donner des informations sur le mode de penser les échecs.


Krusti, le
@Slucaino c'est convaincant... je me demande si d'ailleurs on ne pourrait pas utiliser le terme uniquement en 1lieu et place de souvent puisqu'il ne s'agit que de mouvements de pions et qu'ensuite ce serait une faute que de ne pas les avancer (alors qu'à l'ouverture c'est encore un choix...).


C'est plus compliqué que ça, Krusti. Par exemple dans le hérisson, les Noirs ont parfois le choix de jouer d6-d5 pour tenter d'égaliser ou pour compliquer le jeu, mais cela reste généralement facultatif. Andersson a joué une partie fascinante avec les Noirs contre Karpov à Milan en 75 où la poussée d6-d5 est intervenue bien après l'ouverture, avec des conséquences nébuleuses.


Krusti, le
Bien noté. Je vais regarder ça. L'occasion, btw, de tomber sur ...
Ulf Andersson inflige sa première défaite en tant que champion du monde à Anatoli Karpov


Athos, le
@gbertola : hélas oui, et tous les passionnés du livre, qui est la meilleure source d'apprentissage, en sont bien tristes. Les blitz joués en ligne "rapportent" plus que les droits d'auteur, et tout le monde n'a pas la classe et l'envie de transmission qu'avaient, entre autres, Tarrasch, Tartacover, Nimzowitsch, Bronstein ou Capablanca ...
Le plus "terrible" est, qu'à terme, c'est probablement quelque IA qui écrira des livres d'analyse et de commentaires, en quelques heures ou moins. Le mythe de Frankenstein n'est pas ... un mythe.


Chemtov, le
C'est pourquoi, il faut faire découvrir les anciennes publications, les vieux (et beaux!) livres, les collections de toutes sortes. Chaque club, chaque bibliothèque, chaque fond de livres, devrait être soutenu par la FFE (qui pourrait alors mettre les écrans et le petit pion numérique en veilleuse). Par exemple des subventions pour les clubs qui veillent à la préservation de notre héritage, par le catalogage et l'acquisition d'ouvrages. Des aides logistiques aussi seraient les bienvenues.

On voit qu'une partie comme Ljubojevic-Andersson nous offre des heures d'analyses et de lecture. Les commentaires des différents grands-maîtres sont intéressants car il y a des approches variées, des références et anecdotes personnelles, une sensibilité humaine qu'on ne retrouve pas dans les lignes d'ordi. Ces livres sont un trésor ! Cela a l'air idiot de dire cela tellement c'est évident, mais comme le redoutent les amis Georges et Athos, pour combien de temps encore ?


Chemtov, le
Comme dans Fahrenheit 451, certaines personnes pourraient devenir les livres mêmes, en les apprenant par coeur ! La bibliothèque des livres vivants !


Domi77, le
A ce propos, hier j'ai donc acheté les 60 meilleures parties de Carlsen par Soltis pour le prix de 23€.
Je me suis dit que si je regardais attentivement une partie par jour j'en aurai pour 2 mois (oui, je calcule très bien ;o).
Et 2 mois à se régaler.

Et 23€, c'est à peu près le prix d'une partie pour 2h de Padel.
Ce qui est très sympa aussi, mais bon, assez fugace.

La valeur des choses...




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