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Hommage à Bobby Fischer par bu***oz*10980 le  [Aller à la fin] | Actualités |

Sur le même principe que les 2 précédents fils sur Kasparov, puis Karpov, voici celui sur Fischer.


J'imagine que celui-là devrait être plus consensuel, étant donné l'aura mythique du joueur Fischer.

La lecture de 2 ouvrages me laisse songeur:
  • Celui d'Agur sur le style de Fischer laisse (à mon humble niveau) parfois à penser que Fischer avait des faiblesses (toute relative) stratégique (cf. les formations de pions).

  • Celui de Marin sur les différents champions du monde avec un chapitre sur Fischer qui revient, entre autres, sur la fameuse finale contre Taïmanov. Et là on se rend compte de la prodigieuse technicité de Fischer qui, dès qu'il a un avantage, le convertit méthodiquement jusqu'à la victoire. C'était un prodigieux joueur de finale, digne successeur de Capablanca dans ce domaine.

C'est à vous ! Livrez vos anecdotes, meilleurs souvenirs, meilleures parties,...









Condoléances à toute sa famille. 


Ses matchs de qualification pour le championnat du monde resteront dans les annales :

6-0 contre Taimanov
6-0 contre Larsen
6.5-2.5 contre Petrossian.

Personne dans l'histoire des échecs n'a jamais infligé une telle humiliation à des joueurs de ce calibre.


A propos des champions du passé... Apres kasparov, Karpov, voici donc Fischer ...


Helas je crois que plus on remontera dans le temps , plus les témoignages deviendront rares ...rires...


Si quelqu'un sur le forum a rencontré Morphy , j'aimerais bien qu'il nous donne quelques anecdoctes ..voir quelques parties jouées contre lui ??




ref thierrycat(alan On peut au moins remonter à Botvinnik, puisque photophore a indiqué que c'était le champion du monde de ses 20 ans !


Bellamy, le
Morphy joue toujours ! Quant à Robert Fischer, tout le monde sait qu'il joue depuis de longues années en Alsace !


Désolé ---> []


JMC, le
Il a battu toute la suprématie soviétique à lui tout seul. C'est sans doute son plus grand mérite.

Mais encore une fois, quel dommage que Fischer-Karpov n'ait pas eu lieu.



Sans doute le plus grand joueur statique, qui savait transformer les avantages.

La partie qui m'a le plus impressionné est la 6 eme du match contre Spassky.

Très caractèristique de son style.


Il obtient un avantage statique grace aux pions pendants de Spassky qui sont sous controle.

Puis il transforme soudainement cet avantage en affaiblissant le Roi, par le coup Cxe6! suivi de e4!

Ensuite, il prend son temps, il controle tout. Même le pion passé de Spassky ne peut rien faire.

Il étouffe ensuite Spassky par h4 puis e6.

Et enfin, Spassky n'a plus de coups et ne peut qu'attendre l'estocade.



ref JMC Tu peux ajouter un lien vers cette partie ? Ou en recopier les coups ?

Toi, le spécialiste des finales, tu es d'accord sur la comparaison avec Capablanca ?


ma préférée de Fischer (même si je n'en connais pas beaucoup) est une Grünfeld jouée dans sa prime jeunesse. Je l'avais déjà postée sur le forum, mais c'est l'occasion d'y revenir.

Byrne-Fischer, Rosewald memorial 1956.

1.Cf3 Cf6 2.c4 g6 3.Cc3 Fg7 4.d4 0-0

Fischer est prêt à jouer une est-indienne...

5.Ff4 d5

Finalement il choisit la Grünfeld.

6.Db3

Evidemment sur le plan théorique cette partie n'est pas très intéressante, bien que ce coup ne soit pas si évident à réfuter. Sans doute la meilleure suite est-elle 6...dxc4 7.Dxc4 c6, mais le traitement de Fischer semble adéquat aussi.

6...c6 7.Td1

Encore un coup bizarre, Fischer va bientôt avoir l'occasion de briller.

7...dxc4 8.Dxc4 Cbd7 9.e4 Cb6 Dc5 Fg4

Le centre blanc est sous très forte pression. Le pion e a peut-être avancé trop tôt (e3 semble meilleur), la tour d1 est très mal placée.

11.Fg5



Trait aux noirs.


suite 11...Ca4!!

Ce coup m'a toujours fasciné, bien que les logiciels actuels cassent un peu le mythe en le trouvant très vite.
Ici les blancs sont en grosse difficulté.

12.Dxa3

Sur 12.Cxa4 Cxe4 il y a des menaces fulgurantes de tous les côtés.

12...Cxc3 13.bxc3 Cxe4

Le début de la monstrueuse combi qui marque la partie.

14.Fxe7 Db6 15.Fc4 Cxc3 16.Fc5 Tfe8+ 17.Rf1 Fe6!!

Le clou du spectacle !!




suite et fin 18.Fxb6

Sur 18.Fxe6 Db5+ suit un mat à l'étouffée, et sur 18.Dxc3 Dxc5! les noirs ont un avantage énorme également.

18.Fxc4+ 19.Rg1 Ce2+ 20.Rf1 Cxd4+ 21.Rg1 Ce2+ 22.Rf1 Cc3+ 23.Rg1

Ca s'appelle se faire balader...

23...axb6

La déferlante finale.

24.Db4 Ta4 25.Dxb6 Cxd1 26.h3 Txa2 27.Rh2 Cxf2 28.Te1 Txe1 29.Dd8+ Ff8 30.Ce1 Fd5 31.Cf3 Ce4 32.Db8 b5 33.h4 h5 34.Ce5 Rg7 35.Rg1

Byrne laisse Fischer conclure avec élégance, jusqu'au mat.

35...Fc5+ 36.Rf1 Cg3+ 37.Re1 Fb4+ 38.Rd1 Fb3+ 39.Rc1 Ce2+ 40.Rb1 Cc3+ 41.Tc2#


Détail amusant : Fischer a réalisé 2 de ses parties les plus belles et les plus connues , contre les 2 frères Byrne, Donald et Robert...


oui c'est vrai l'autre connue est très belle aussi 


L'autre partie contre Byrne  [Event "US Ch."]

[Date "1963.12.18"]

[Round "3"]

[Result "0-1"]

[White "Robert Eugene Byrne"]

[Black "Robert James Fischer"]

[ECO "E60"]

[WhiteElo "?"]

[BlackElo "?"]

[PlyCount "42"]


1. d4 Cf6
2. c4 g6
3. g3 c6
4. Fg2 d5
5. cxd5 cxd5
6. Cc3 Fg7

7. e3 O-O
8. Cge2 Cc6
9. O-O b6
10. b3 Fa6
11. Fa3 Te8
12. Dd2
e5
13. dxe5 Cxe5
14. Tfd1 Cd3
15. Dc2 Cxf2
16. Rxf2 Cg4+

17. Rg1 Cxe3
18. Dd2 Cxg2
19. Rxg2 d4
20. Cxd4 Fb7+
21. Rf1
Dd7 0-1



reference morphy par bellamy  incroyable en effet Morphy joue toujours !!


Cela doit etre dur pour un joueur homonyme d'un champion historique de jouer un tournoi ...


J'ai rencontré recemment sur un chantier de construction CCR une personne dont le nom de famille etait Bacrot .....naturellement je lui ai demandé si il etait parent avec le joueur d'echecs ...il m'a répondu NON ! tres agacé , car on lui pose cette question trop souvent à son gout , et il ne sait pas jouer aux echecs !!


JMC, le
Voici la partie  Fischer Spassky 72 6


Concernant les styles, je dirais que Fischer rejoint plutot Anand, Capablanca celui de Kramnik.



pardonnez mon ignorance La seule vraie question est : c'est quoi un chantier de construction CCR ( merci thierrycatalan)?


Cous Cous Royal 


fischer joue toujours  http://www.fide.com/ratings/card.phtml?event=20633220


Certainement le plus grand GMI de tous les temps! Dans la même lignée et dans le même style (solide et profond)on peut rajouter Capablanca, Karpov, Alekhine, Rubenstein, Leko et Kramnik selon mes connaissances.


Dans un autre registre correspondant au style de jeu qui m'a toujours fasciné (offensif, fantaisie, créativité tactique...), on peut citer quelques légendes comme Tal, Bronstein, Kasparov, Morosevich, Shirov, Nezhmetdinov, Topalov et Kérès.


Mouais, je ne vois pas trop ce que vient faire Alekhine avec Capa, Karpette et cie...

C'était sans doute l'un des joueurs qui recherchait l'initiative dès les 1ers coups et il serait en meilleure compagnie avec les autres joueurs cités ensuite (ce qui ne l'empêcha pas d'être très solide et profond dans ses attaques :o))



Bien que je sois impressionné par le jeu de Fischer (sa partie contre Byrne ou celle contre Petrosian où il défend d'une manière hallucinante sont les seuls que j'ai étudié sérieusement), je trouve le personnage détestable.
Juger l'homme ou l'oeuvre, à chacun de voir: pour ma part c'est vu.


@yggdrasill Suis d'accord sur le fond, il y a du Kasparov chez Aleekhine, mais on n'oublie souvent que Alekhine est joueur positionnel et un grand stratège avant d'être un attaquant redoutable et maître de l'initiative. Donc vraiment inclassable, je dirai entre les deux.


Les combinaisons de Keres et Bronstein sont presque toujours correctes Ce qui n'est pas toujours le cas de celles de Tal , dont beaucoup ne tiendraient pas par correspondance : il disait lui-meme : "il y a 2 sortes de combinaisons , les combinaisons correctes , et les miennes "


ins4318, le
Fischer est un joueur très classique Je ne pense pas qu'il ait jamais joué quoi que ce soit de franchement déroutant positionnellement. Des joueurs comme Korchnoï ou Larsen à l'époque étaient bien plus coutumiers de "sacrifices positionnels", à savoir de concessions positionnelles importantes avec des compensations ailleurs. Fischer me fait davantage penser à Capablanca ou à Smyslov, en fait. Il joue très fort sur l'initiative mais il est un comptable très rigoureux du prix, matériel ou positionnel. C'est sa grande force.



Dommage en effet que le match de 75 n'ait pu avoir lieu. J'aurais misé sur une victoire de Karpov, tout de même : si les scores ne sont pas aussi impressionnants que ceux qu'a réalisés Fischer, le parcours de Karpov en candidats était très impressionnant, en particulier son match contre Spassky.



Ceci dit, un match Fischer-Korchnoï aurait aussi eu de la gueule !


"il y a du Kasparov chez Aleekhine (sic) " cf CaAlForEver : Kasparov est né en 1963, mais j'ai oublié la date de la mort d' Alekhine, peut être pourrais-tu me la rappeler ?! ;-)


JMC, le
Ouai Doudou, y a des coquilles.. Comme celle d'Alobert qui est amusante.

Qui l'aperçoit ?


J'en vois plein : sacrifices/concessions, Fischer/capablanca, Fischer/Smyslov, initiative/comptable.


JMC, le
Bon, pour les suivantes Doudou, c'est son point de vue mais pas de réelles coquilles.

Par contre la première oui :-)

Un sacrifice positionnel est une concession positionnelle importante pour des compensations ailleurs.

En fait, c'est l'inverse :-)


S'il y a un mythe aux Echecs (en fait il y en a deux, Capablanca aussi) un personnage entouré de mystères et de rumeurs, c'est bien Bobby Fischer.

Il me fait l'effet d'un gladiateur : il met de la tension comme s'il s'agissait d'un combat à mort, continue jusqu'au bout, ne restitue jamais le matériel de bon gré.

On peut rajouter une approche technique très personnelle, très complexe et difficile à comprendre, un peu extra-terrestre et c'est ce qui en fait un génie. Il ne croit qu'en lui et que ses conclusions.


ins4318, le
Eclairez-moi sur mes coquilles ... ;-) 


Bellamy, le
La coquille d'alobert n'en est pas une Le "positionnel" de l'expression "sacrifice positionnel" désigne dans son commentaire l'objet du sacrifice, et non son but. Par opposition par exemple à "sacrifice matériel" où on sacrifie du matériel.

Il est vrai que le plus souvent un "sacrifice positionnel" désigne un sacrifice à des fins positionnelles. C'est pourquoi, pour que tout le monde s'y retrouve je propose :

- sacrifice positionnel matériel = sacrifice de position à des fins matérielles,

- sacrifice matériel positionnel = sacrifice de matériel à des fins positionnelles.


J'espère avoir éclairci le débat :-)


Bellamy, le
Sinon, je pense qu'alobert a bien résumé La comparaison avec Capablanca s'impose, y compris les petites combinaisons (voir la 6e du match contre Spassky citée par JMC). Bien sûr, Fischer était aussi capable de jouer des parties très déséquilibrées ou des parties d'attaques, mais elles ne sont pas représentatives de son style habituel.


J'ai toujours pensé que le contraste entre le caractère de l'homme et son jeu n'avait jamais été aussi fort que chez Fischer : un jeu clair, technique et un caractère apparemment perturbé. À la réflexion, je me demande si ce ne sont pas deux aspects d'une même volonté : tout contrôler sans jamais rien céder.


Fischer a t-il vu dans les parties de Karpov  Un dangereux adversaire ? Ou à l'instar d'un Bronstein ou d'un Tal, a t-il jugé qu'il avait atteint sa force maximale créatrice et que son jeu à partir de 1975 devait forcement décliner ? (allusion à la préface de Euwe dans L'art du Combat en parlant de Tal et Bronsteil)


Davout, le
Fischer est l'un des rares joueurs à faire des nulles de salons contrairement à Karpov, Spassky, Kramnik. Je crois que Chessbase avait publié un article sur ce thème.
Qui était l'entraîneur de Fischer ? de Karpov et Kasparov ? Si l'on mettait tous les autres joueurs de "l'ère moderne" dans la situation de Fischer, ils n'auraient jamais atteint leur niveau actuel.
Dans le livre de Wade et O'Connell, sur les parties d'Echecs de Fischer, se trouve un article de Golombek citant Euwe qui a rencontré tous les champions de monde depuis Lasker, Euwe considère Fischer comme le plus grand joueur de tous les temps.


ref Davout Tu veux plutôt dire: "Fischer est l'un des rares joueurs à NE PAS faire des nulles de salons", non ?

Kasparov également !


ins7047, le
laissons les intéressé parler... 

concernant la raison du refus de fischer de jouer le match laissons la part à l'un des intéressés .. Karpov lui même :

http://www.youtube.com/watch?v=79nE92X_8mY


sur les demandes de fischer :

http://www.youtube.com/watch?v=kdmQj8zo6_c


ceci j'ai aussi lu que Karpov évaluait lui même ses chances de gagner le match contre Fischer...
D'après lui seschances de gains étaient de :
40% de chance en 1975
50% en 1976
60% en 1977 ....




Davout, le
Merci de me corriger bulgroz ! 


Il a tout simplement inspiré mon pseudo sur france echecs : Bobby Fischer au rabais ça donne quoi ? allusion au magasin leader-price ça donne FischerPrice !


@bulgroz Concernant Kasparov et les nulles de salon, il faut préciser le Kasparov champion du monde... car avant il a fait plein de nulles de salon (commme son livre en serbo-croate (enfin on disait surement yougoslave à l'époque, Mojie Partjie, le montre bien inutilement).


Fischer, ah Fischer! Alors juste quelques impressions en vrac :


  • Sur la Grünfeld R. Byrne - Fischer de 1963, l'anecdote suivante : dans la position après 21...Dd7, les grands-maîtres qui commentaient la partie pour les spectateurs dans une autre pièce, ayant appris que la partie était finie, pensaient que Fischer venait d'abandonner. A ce moment là, Byrne était simplement la deuxième personne au monde à avoir compris la partie!
  • Merci à Bobby d'avoir réhabiliter la variante de Göteborg avec 13...Th7 à l'interzonal de Portoroz en 1958 (encart publicitaire personnel: n'oubliez pas d'aller acheter le NIC Yearbook 85 quand il sortira!).
  • Comme l'a dit Chessmunu, 6-0 contre Taïmanov, 6-0 contre Larsen, et surtour ai-je envie de dire 6.5-2.5 contre Petrossian dont 4 victoires d'affilée pour clore le match.
  • Match de Sarajevo contre Spassky en 1992, 1ère partie: Bobby is back!... mais pour peu de temps. "La première partie m'a beaucoup impressionnée. Ensuite, dans les parties suivantes, il a joué comme un bon GMI, sans plus, rien à voir avec son niveau au début des années 1970..." Vladimir Kramnik.
  • "Dans notre école d'échecs, nous jouiions tous la Benoni. Notre rêve secret était de placer cette combinaison." Garry Kasparov, My Great Predecessors Vol. 4 en commentant la partie Uhlmann-Fischer, interzonal de Palma de Majorque 1970.
  • Le peu de mémoire des joueurs d'échecs m'avait frappé dans un NIC magazine. Kortchnoi ne se souvenait plus si Fischer parlait russe ou bien le comprenait seulement, ne se rappelant plus s'il l'avait déjà entendu prononcer du russe.
  • QI estimé à 180. Voilà qui peut expliquer comment quelqu'un capable de traiter l'information qui l'entoure de manière si pertinente et rapide a du mal à vivre 'normalement' parmi les autres êtres humains.




ref Nicolaus C'est vrai que Kasparov a produit de nombreuses courtes nulles dans son premier match contre Karpov. Mais mené largement au score, on ne peut guère lui reprocher d'avoir adopté la seule stratégie qui pouvait lui permettre de se maintenir à flot.

Sur le match contre Petrossian, la victoire avec 4 points d'avance donne l'impression d'un match à sens unique. En fait, ça n'a pas été le cas et Fischer a été à 2 doigts de se prendre une défaite dès la première partie sur une importante NT de Petrossian. Le début du match a été très difficile pour Fischer (enfin, c'est le sentiment que j'ai eu à la lecture de l'excellent "Russians vs Fischer").

La variante de Goteborg a été réhabilité, mais c'est nulle, non ? Pourquoi en reparler dans NIC 85 ?


@bulgroz parce que c'est nulle donc les noirs restent!


ref Nicolaus OK.

Et tu en penses quoi du match contre Petrossian ?


Fischer-Petrossian, Buenos Aires 1971 Mon impression (qui s'est forgé d'après Le guide des Echecs de Nicolas Giffard, La biographie de Fischer par Frank Brady et My Great Predecessors Vol.4) est que Fischer a outplayedé Petrossian dans la première partie : superbe nouveauté de Petrossian qui lui avait été envoyé par un amateur russe avec des tonnes d'analyses, la ligne est en effet considérée comme meilleure pour les noirs, mais Fischer a trouvé tous les bons coups sur l'échiquier, alors que Petrossian a légitimement joué une suite inférieure, se refusant à jouer contre nature (c'est à dire actif en prenant des risques), et c'est encore Fischer qui refuse la nulle ensuite et joue la finale de manière magistrale pour l'emporter (22ème victoire d'affilée).

La défaite de la deuxième partie (une Grünfeld sauvage) est sans doute due à l'excès de confiance absolue que devait ressentir Fischer à ce moment là (car déjà en temps normal cette confiance était omniprésente), et qui lui fit perdre tout sens du danger.

Les trois nulles courtes qui suivirent sont peut-etre dues au fait que Fischer était tombé malade comme le dit la légende, je ne sais pas...

En tous les cas, 4 victoires d'affilée contre Petrossian ensuite c'est du jamais vu et je crois que c'est un véritable KO pour le soviétique à ce moment là. En effet, rappelons nous les paroles de Petrossian après le match : "quand Fischer voulut boire du café, je bus du café; quand Fischer voulut boire du thé, je bus du thé, cela peut paraître amusant mais ça ne l'est pas!". C'est bien Fischer qui imposait la tension dans ce match. Je persiste à dire que c'est le résultat le plus impressionnant.

Pour renchérir là-dessus, il faut aussi rejouer les parties des matchs contre Larsen et Taïmanov, d'un certains point de vue, c'est plus eux qui perdent que Fischer qui ne gagne.

Taïmanov refuse les conseils de Botvinnik qui lui dit sagement : "Ne sacrifie jamais contre Fischer. S'il existe ne serait-ce qu'un moyen de prendre le matériel et de gagner, alors Fischer trouvera ce moyen". Sur la fin du match il craquera complètement, laissant une tour en prise en un coup dans la 5ème partie.

Larsen prend Fischer de haut, après tout il est le seul à l'avoir battu à l'interzonal, et ne saurait se comparer à Taïmanov... Les deux premières parties sont terribles et les deux joueurs jouent excellemment jusqu'à ce que Fischer trouve des coups inattendues et que Larsen s'écroule en fin de parties. Ensuite, Larsen s'obstine à jouer pour le gain au lieu de chercher à annuler une partie pour casser le rythme.



Variante de Göteborg C'est un sujet sur lequel j'ai beaucoup à dire, et qui dépasse largement un post dans ce fil. Sachez seulement que je suis un ardent défenseur des Noirs dans la variante. Oui c'est vrai, les blancs peuvent forcer la nulle. C'est (sans doute) la raison pour laquelle peu de joueurs la jouent. Mon argumentaire est justement fondé sur l'axiome suivant: c'est une mauvaise raison!. Un début de réponse est qu'un joueur mal préparé sur la Göteborg (c'est à dire à peu près tout le monde sur Terre) soit ne connaîtra pas du tout la position donnant la nulle, soit se retrouvant en pratique dans cette position et ayant moins de 100 heures d'analyse de la position à son actif, aura trop envie de jouer pour le gain plutôt que de prendre le perpétuel.

Un aperçu des réjouissances sera disponible dans le forum du NewInChess Yearbook 85... viendra peut-être ensuite un article beaucoup plus étoffé.



ins3242, le
Je vais passer pour un inculte, c'est quoi la variante de Göteborg?


Ah la fameuse panne d'électricité de la première ronde.... Fischer, bizaremment, ne demanda pas l'arrêt de la partie, mais il continua à analyser dans la pénombre...

Certes, c'est le résultat le plus frappant, car l'adversaire est de taille (champion du monde sortant, et donc logiquement l'un des meilleurs candidats pour être... candidat face à Spassky), mais ce ne fut pas une promenade de santé pour Fischer (résultat inespéré dans la première partie et défaite dans la seconde, il me semble que pour les parties 3 et 4, c'est plutôt Fischer qui rame pour avoir la nulle). N'oublions pas que Fischer avait un immense respect pour Petrossian, qu'il a toujours considéré comme un très fort adversaire (peut-être celui qu'il craignait le plus).

Je vais jeter un oeil ce soir sur le bouquin "Russians vs F." (que je te recommande au passage, Nicolaus, vu que tu es un fan de Fischer...) pour voir ce qu'ils disent de la phrase de Petrossain sur le café et le thé (je ne m'en souvenais plus).


ref Chessisfun C'est la fameuse variante qu'ont joué au cours du match par équipe trois argentins (Najdorf, Panno et toto - je sais pu ki c'est ;-) ultra préparés contre 3 russes Spassky, Geller et, j'ai un doute, Tal.

Résultat: 3-0 pour les russes. Autant dire que cette histoire a fait le tour du monde et qu'elle n'a pas donné bonne presse à la dite variante.


Rectification En 1955 à l'Interzonal de Göteborg (en Suède) qualificatif pour le Tournoi des Candidats de 1956. Ronde 14, les joueurs Miguel Najdorf, Oscar Panno et Herman Pilnik sont confrontés aux joueurs de l'Union Soviétiques Paul Keres, Efim Geller et Boris Spassky et ayant les noirs, les argentins ont basé leur préparation sur une variante "intéressante" de la Sicilienne.

Le reste est correct. C'est Geller qui trouva la combinaison le premier!


@Chessisfun C'est une variante de la Sicilienne Najdorf avec 6.Fg5, due au GM argentin Pilnik, qui survient après les coups suivants :

1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 a6 6.Fg5 e6 7.f4 Fe7 8.Df3 h6 9.Fh4 g5!? [Pilnik] voir diagramme, avec l'idée 10.fxg5 Cfd7 visant à instaurer un cavalier monstrueux en 'e5'.




ins3242, le
Ah, merci. Je connaissais l'histoire en effet mais pas le nom de la variante :-)...


J'avais redécouvert la variante grâce à chessbase.com, ici.


@Nicolaus comment as-tu fait pour être dans les petits papiers de NIC ??


ref Nicolaus J'ai survolé "Russians vs Fischer" et je n'ai pas trouvé trace de ta citation ("rappelons nous les paroles de Petrossian après le match : "quand Fischer voulut boire du café, je bus du café; quand Fischer voulut boire du thé, je bus du thé, cela peut paraître amusant mais ça ne l'est pas!").

Peut-on connaître tes sources ?


Dans Europe-Echecs 


ref bulgroz Giffard,dans son livre "l'histoire des champions d'échecs" cite cette phrase de Petrossian.

Il aurait dit exactement:

"Il est impossible pour deux joueurs de jouer dans des conditions différentes;il est difficile de lutter quand,avant même le premier coup,vous devez vous plier aux exigences de votre adversaire.

Fischer voulait jouer à buenos Aires,pas moi.

Quand Fischer voulut jouer, je dus jouer.

Quand Fischer voulut du café,je bus du café,etc.

Cela peut paraitre amusant mais ça ne l'est pas."


Merci Meshuggah 


My 60 memorables games ainsi que les 21 parties du match de Reykjavik sont sur la page remaniée consacrée à Bobby Fischer


Si vous avez idée d'éléments qui pourraient complèter cette page it would be great !


J'ai ajouté une vingtaine de vidéo Pour "My 60 memorable games" et pour le match de 1972. Enfin j'ai ajouté toutes celles que j'ai trouvées.


Elles sont en anglais sauf une.


29...Fxh2 ?! dans la première partie du match 1972 
Pourquoi? Cela transforme une finale égale en une finale qui peut encore être sauvée sur un jeu parfait (et qui fut perdue).


Que se passa-t-il dans la tête de Fischer. Montrer que même si'il prenait des risques, Spassky ne gagnerait pas ? D'après vous ?


il voulait montrer qu'il était prêt a tout pour gagner et même à tenter de perdre !


Je pense que Fxh2 est, paradoxalement, le coup gagnant du match ! Spassky a compris qu'il n'aurait jamais de repis, ni de partie facile que ce soit avec les noirs ou avec les blancs.


et on connait le caractère lymphatique de Spassky ! 


@bulgroz Je sais, Spassky est à Gibraltar mais avec internet ...


J'ai retrouvé la source où Spassky parle de Fischer C'est dans EE 584:


[...] Il était selon moi la personne la plus honnête de l'histoire des éhecs. Il n'a jamais fait de politique...[...] Pour moi c'était une personnalité très pure. Il pouvait parfois être brutal. Mais au fond de lui, il était comme du crital.[...]



cristal* 


Bel hommage. Quelqu'un sait-il  si Spassky et Fischer étaient régulièrement en contact?


@Tantale tu aurais pu laisser ce fil à 64 commentaires, quand même !


Un site allemand reparle du célèbre 29...Fxh2?! joué par Bobby dans la première partie du "match du siècle". J'ai tendance à penser comme Bulgroz (voyez ci-dessus le 29/01/2009 à 17:27) que "...Fxh2 est, paradoxalement, le coup gagnant du match ! Spassky a compris qu'il n'aurait jamais de répit, ni de partie facile que ce soit avec les noirs ou avec les blancs".


Mais là n'est pas la question. Le site considère que les Noirs, après ce coup objectivement douteux, pouvaient encore annuler, ce qui, dans l'état actuel des connaissances, est exact. Mais bizarrement, il fait semblant de croire que la vraie faute se situerait au 39e ou 40e coup, alors que tous ceux qui se sont intéressés à la question considèrent qu'elle est au 37e ( 37...Re4? au lieu de 37...e5 ou 37...a6).


Ont-ils des analyses inédites (avec les "plus puissants ordinateurs du monde" - sic) ou cherchent-ils à noyer le poisson ? L'expérience du site en question, depuis plus d'une décennie, nous fait pencher vers la seconde possibilité, mais l'autre n'est pas à exclure.


Info ou intox ?


ins7879, le
C'était pas la 19e victoire de suite la première victoire contre Petrosian ? J'ai lu 22 un peu plus haut.
6 à Majorque, 6 à Vancouver, 6 à Denver, 1 à Buenos Aires.




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