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Sociologie du joueur d'échecs par bzh92 le  [Aller à la fin] | Actualités |
Un petit lien vers un article intéressant de sociologie des joueurs d'echecs:
http://www.revel.unice.fr







@bzh92 ,Intéressant... As-tu lu le livre de Thierry Wendling ? Si oui, est-il bien ?


bzh92, le
Wendling Oui, il a fait un excellent travail. Il était lui même un bon joueur (2200) et il connaissait bien le microcosme échiquéen.


bzh92, le
Dialogue Je pense avoir reconnu les deux joueurs parisiens qui s'envoient des vannes pendant le blitz cité en fin d'article.


@bzh92, Si je ne m'abuse Thierry est arbitre et très sympa, il a arbitré le Tournoi de Noisy du temps où il comptait en tant que Championnat du 93. Pourquoi parles-tu de lui au passé ?


bzh92, le
Compétition Sauf erreur, il a arrêté la compétition.


Très bon article Un grand bravo à son auteur pour son travail.


La tenue de Prié au championnat de Paris C'était quoi?


ins174, le
Je conseille fortement le bouquin de Wendling ! Ethnologie des joueurs d'échecs, Thierry Wendling, Ed.Puf, 2002



Travail remarquable, détaillé et approfondi sur "le monde des échecs".

Je recommande partiulièrement la première partie plus "philosophique" sur les structures et fonctions sociales des jeux en général.


Je l'ai lu aussi : bien, mais quelques bémols : Sur la déontologie de la démarche : normalement, un ethnologue ne devrait pas se constituer observateur d'un groupe humain dont il fait partie. Cela nuit à l'objectivité.

Sur le titre : "ethnologie des joueurs d'échecs licenciés" aurait été plus exact. En effet, pas un mot sur la pratique de loisir.

L'ensemble manque de profondeur : on effleure certains sujets, on évite ce qui fâche. A lire Wendling, aucun conflit, aucune lutte de pouvoir, la hiérarchie n'est jamais évoquée, ni les "rites de passage", alors que ces sujets sont tout de même la base des études ethnologiques en général.

Effectivement, le début (sur les jeux, leur classification, et leur fonction) est intéressante, mais cette introduction pourrait se trouver, pour sa plus grande part, au début de n'importe quel ouvrage sur n'importe quel autre jeu...je trouve que Wendling n'y a pas parlé suffisament des échecs en particulier.

Mais c'est un ouvrage intéressant (et parfois amusant : certaines anecdotes...), surtout lorsqu'on débute dans ce milieu : j'y ai puisé des tas de renseignements pratiques alors même que je venais de me licencier.


@Bascombe : style punk. 


Mouais, je trouve cet article assez pipo. On peut faire exactement le même avec n'importe quelle discipline. Les caractéristiques relevées ne sont pas spécifiques aux Echecs: toute discipline a un jargon à but filtrant, des références communes, des hiérarchies, des rites initiatiques... La liste faite pour les Echecs est amusante à lire mais son intérêt socio-anthropologique est assez faible, je trouve. C'est de l'enfonçage de portes ouvertes.



Les questions de fond ne me semblent pas abordées pour étudier réellement le milieu des joueurs d'Echecs professionnels: quels milieux d'origine, professions des parents, études suivies, âge de la professionnalisation, hauteur et structure du revenu, mode de vie lié à l'activité professionnelle, situation de famille, pratiques matrimoniales, etc. Bref beaucoup de questioons (et il y en a sûrement plein d'autres) qui me semblent plus cruciales que de dire "les joueurs d'Echecs ont un jargon, des références communes et les plus forts sont respectés des plus faibles"... Parce que ça, c'est vrai aussi des professeurs de médecine, des joueurs de pétanque, des musiciens classiques, des traders, voire des chimpanzés, d'ailleurs ;-)


@bzh92 : cet article est passionnant. Je suis particulièrement et agréablement surprise d'y trouver enfin ce que j'avais observé et que certains ici continuent à nier : notamment dans le chapitre sur la hiérarchie....exactement ce qui manquait au bouquin de Wendling !

Qu'un socio-anthropologue écrive : "celle-ci (la hiérarchie basée sur le Elo) peut parfois se révéler cruelle pour les débutants, qui souffrent d'un manque de considération flagrant et sont en butte à un mépris souverain de la part des joueurs confirmés lorsqu, intimidés, ils poussent pour la première fois la porte d'un club d'échecs", ben...ça fait du bien.... :-)


@raspoutilf : cet article n'est qu'un préalable à une étude plus poussée et chiffrée, puisque l'auteur conclut : "et c'est sans doute à ce titre que l'étude globale du monde des échecs, dans une perspective socio-anthropologique, mérite d'être effectuée".


Ref Chouia Je n'ai pas lu le livre dont tu parles, je réponds juste pour te signaler que "l'observation participante" est l'une des approches possibles en socio et en ethno. On peut sans doute la critiquer (mais les autres approches aussi), pas dire qu'elle sort des "normes" de ces disciplines en nuisant à "l'objectivité" (concept à manier avec des pincettes). "Outsiders", cité dans l'article, en est la référence emblématique.



Voili voilou, c'était juste un point de détail...


@raspoutilf : je croyais que "l'observation participante" consistait à intégrer le groupe le temps de l'étude, pas à se mettre à étudier un groupe dont on fait partie intégrante de longue date...


Posts croisés avec Chouia, je suppose que ça va continuer :-) Bon, ben attendons l'étude plus poussée, en tout cas je maintiens que cet article fait surtout un empilage de banalités. Je ne connais pas de groupe humain qui ne soit pas hiérarchisé, producteur de jargon, etc. Rien de ce qui est décrit n'est spécifique aux Echecs.

Ensuite je n'ai pas dit que cet article n'était pas agréable à lire, hein. Mais il a plus sa place dans Libé que dans la Revue française de Sociologie (et paf: références / hiérarchisation, je balance un peu de jargon de type "habitus" et "socialisation", et hop, on se retrouve en plein champ social des pipoteurs en socio-anthropologie, dont je ne suis pas sûr, au passage, qu'il soit bien plus accueillant pour le non initié que le club d'Echecs du coin pour le sanzélo). ;-)


Sur l'observation participante, la frontière me semble floue, d'autant que ce sont des études qui prennent du temps et que la plupart des chercheurs sont familiarisés à leur "sujet" avant de l'étudier "officiellement". Donc je ne pense pas que le fait de se mettre à étudier un milieu auquel on appartient de longue date soit invalidant méthodologiquement, ça me semble même être une sorte d'absolu de l'observation participante :-)



Cela dit, c'est un point qui mérite débat et je ne prétends pas avoir raison :-)


@raspoutilf : bien sûr que tout groupe humain (beaucoup de groupes animaux) comporte une hiérarchie et des rites, un jargon, ce qui est intéressant, c'est d'étudier le spécificité de cette hiérarchie,de ces rites, de ce jargon, justement, c'est l'objet même de l'ethnologie, en fait (et presque plus de l'éthologie)....Ce qui est spécifique aux échecs, c'est que cette hiérarchie soit presque exclusivement basée sur le classement elo. Inventorier le jargon fait partie de l'étude. C'est faciel de dire : les médecins, les musiciens, les joueurs de pétanque ont leur jargon et leurs rites propres, ça, tout le monde le sait, mais étudier ces phénomènes, les connaître, c'est autre chose. Il ne faut pas prendre cette petite étude comme une critique, mais comme une constatation. Tu as l'air un peu vexé sur le chapitre de l'accueil, et tu sous-entends que le groupe des socio-anthropologues ne se comporte pas différemment en la matière du groupe des joueurs d'échecs (ce qui est peut-être vrai, mais nous n'en savons rien...), et alors ? l'important, c'est de reconnaître ce genre de phénomène, et de comprendre que si, comme le dit l'auteur, la plupart des nouveaux arrivants s'y soumettent, ce type de comportement peut aussi conduire à un refus de passer par les fourches Caudines, et nuire au recrutement des nouveaux licenciés.


sans parler des raisons psychologiques qui font que certains s'y soumettent, et d'autres (beaucoup plus rares) ruent dans les brancards....car à la longue, on pourrait considérer qu'il peut être dommageable pour un groupe de n'intégrer que des gens qui sont prêts à se soumettre, prix à payer pour avoir le droit d'intégrer ce groupe....


Torlof, le
j'ai trouvé le le livre de Thierry Wendling absolument génial!
un bonheur d'anecdotes et un pertinence des observations
@chouia : "un ethnologue ne devrait pas se constituer observateur d'un groupe humain dont il fait partie. "
mais alors comment comprendre un monde aussi particulier sans se fondre dans le groupe?
comment comprendre les travers, l'humour et la subtilité d'un univers dans on ignorerait tout?
un travail à la foi scientifique et divertissant! bravo.


ins3166, le
"je maintiens que cet article fait surtout un empilage de banalités" Raspoutilf Effectivement, il suffit de changer 50 mots au texte pour obtenir la même chose sur n'importe quel autre jeu ou sport.



@Torlof : le problème n'est pas de se fondre dans le groupe (quoi que...) c'est, comme je l'ai dit plus haut, d'avoir fait partie de ce groupe depuis longtemps, puis de se mettre à l'étudier. Comme on est alors imprégné de cette "culture", on a du mal à en faire abstraction pour y jeter le regard "extérieur" de l'observateur scientifique.

@tomtomtomtom : faux ! le milieu de la voile, du ski, de la boxe française, pour ne citer qu'eux, ne comportent absolument pas ce genre d'"accueil" de l'"impétrant".


ins174, le
Chouia ... aurais-tu, avec ta fougue habituelle, lu le travail de Wendling un peu vite et en diagonale ?

Il s'explique justement clairement sur sa position et sa démarche. Etant parfaitement conscient des critiques qu'on pouvait lui faire sur ce sujet, ces explications sont justement le propos d'ouverture de son bouquin !

Elles occupent tout le premier chapitre de la page 9 à la page 27 !! Propos que résume bien Torlof.



D'autre part il explique clairement qu'il s'est volontairement restreint à l'étude de la pratique du jeu dans les structures organisées et officielles, de la pratique "ordinaire" de la compétition au niveau amateur.

Il met volontairement de côté aussi bien la pratique ludique hors structures, que les "champions" dont le statut déborde de cette étude.



Que toi tu n'y ait pas trouvé ce que toi tu voudrais analyser n'est pas à lui reprocher, il annonce la couleur clairement !

Vas-y toi-même ! Fait ton étude, on te lira avec plaisir ! ;o)


@Yvap : ben si, il explique pourquoi, etc.... mais je trouve justement qu'il aurait dû choisir un titre plus adéquat, c'est tout.

Comme le dit l'auteur de la mini-étude citée, c'est justement très difficile d'avoir accès au monde des joueurs non-licenciés (dits "de salon" ou "de café"), et je pense en effet que pour étudier ce monde là, ça demande beaucoup plus que quelques années...

"fait ton étude"... LOL ! j'ai pas envie, je ne suis pas ethnologue, et j'en ai fait partie pendant tellement longtemps, de ce groupe, que ma vision en serait certainement faussée : voici au moins trois excellentes raisons de ne pas m'y coller ! ;-)


ins3166, le
@Chouia Faux.

Au tennis, tennis de table et tarot pour ne citer qu'eux on retrouve tout ce qui a été dit.




ins677, le
Chouia et accueil de l'impétrant Ca me semble bien subjectif ce que tu avances...


Au tarot, j'dis pas... mais au ping-pong j'vois pas deux professionnels tenir le superbe dialogue ("Arrête, je smashe pas sur des ambulances...) ou alors seulement de temps en temps, rapport au souffle ?
Quant au tennis, s'agirait d'avoir une bonne voix, non ?
;o)


A propos de l'article Je ne connaissais pas ce vocabulaire:

cagoule, combinette (c'est le nette qui me dérange),

étoile,"En short","Le piège du balayeur"



De même, connaissant des joueurs théorique et/ou calculateur,

il ne me viendrait pas à l'idée de les appeler

Une bibliothèque, Une calculatrice (ou tout autre métonymie arf)




réf Raspoutif Chouïa... Votre passionnant échange me rappelle, je ne sais pas pourquoi, le grand Groucho (tiens au passage j'aimerais bien que qqun commence une étude anthropologique des Marx Brothers ;o)qui disait :
"Je n'accepterai jamais de faire partie d'un club qui m'accepterait comme membre."

;o)


Sinon au ping pong ils parlent de mouches (histoire de pas trop les regarder voler)


ins3166, le
Ref Sebesth lol 


ins3166, le
ref Michko Et pourtant... ;-))


@michko : LOL ! c'est une de mes citations préférées ! Woody Allen l'a reprise dans "Annie Hall" à propos de son problème avec les femmes... ;-)

@Sebesth : attention, l'étude parle des joueurs professionnels, pas du vocabulaire des joueurs amateurs licenciés. "combinette", je l'ai déjà entendu dire par Didier Leroi, et même "petite combinette"... :-)


Comme raspoutilf... 


j'ai lu cet article il y a pas mal de temps déjà (je crois que je cherchais un truc sur google que je n'ai pas trouvé, mais bon je suis tombée là-dessus et je l'ai trouvé interessant)

Pour ce qui est du vocabulaire, c'est vrai que je n'ai jamais appelé aucun joueur "une calculatrice" ou bien "une bibliothèque". Par contre le "celui-ci il a une encyclopédie des ouvertures à la place du cerveau" je l'ai déjà dit... mais pas bibliothèque : on parle peu de bibliothèque d'ouverture, parce que la "bibliothèque d'ouverture" à mon avis est personalisée : c'est surtout les ouvertures qu'on emploie, pas le fait de connaître beaucoup de variantes etc... donclà je suis en désaccord.

Pour la calculatrice, eh bien je ne crois pas pouvoir employer ce mot-là pour quiconque.

Les histoire dont parle l'auteur dans son article sont des anecdotes un peu dépassées et je pense que pas grand-monde ne les connaît. Je pense que chaque joueur d'échecs a ses propres anecdotes qu'il partage avec son groupe et qu'il lui suffit de direun mot ou deux pour rappeller à tout le monde cette histoire. (je me souviens d'un adversaire à un ami qui l'avait quasi supplié de lui accorder la nulle, à 70 ans, en disant "Je suis vieux moi". L'ami en question, agé de 12 ou 13 ans à ce moment-là, je ne me souviens plus, lui avait répondu "Je suis jeune moi" et avait refusé sa proposition de nulle... depuis lorsque quelqun dit "je suis jeune" eh bien tout le monde rigole)

Pour le piège du balayeur,je pense que le coup du Berger et le mat de l'imbécile (pardon, du sot) sont beaucoup plus connus.

L'article en lui même il est vrai n'est qu'une liste de caractéristiques assez normales dans les sports et loisirs pas tout à fait loisir. De plus certains de ses exemples sont un peu mauvais voire complètement incompréhensibles.

Mais quand même il s'agit d'une belle démarche et je pense qu'une "remise à jour" des connaissances échiquéennes de l'auteur serait bonne... et donnerait plus de vérité à son article!

Pour les observations échiquéennes de ce style, il y a notemment le recensement des blauges entendues dans un club avec description de la situation qui peut être sympa à faire, à condition d'être dans un club où on rigole...

Voilà... si je critique n'allez pas penser que je n'aime pas cet article, bien au contraire. Mais il est incomplet et dépassé par moments, voilà mon avis.

pS : Chouia, je pense que l'étude justement porte sur ces joueurs-là car les professionels sont très peu nombreux et ce genre de vocabulaire s'entend plutôt justement parmi les joueurs amateurs mais assez forts quand même.


;o) Chouïa... Ah je l'ai vu mais il y a si longtemps ;o((
C'était du genre : " Jamais je ne sortirai avec une fille qui veuille bien de moi " ?
Sacré Woody, il connaît ses classiques !


@steph : je n'ai jamais entendu "mat du berger", mais "coup du berger" et "mat de l'idiot"...pour les expressions des amateurs, une qui m'amuse, c'est "la caloche" (la qualité), l'as-tu entendue aussi ?


@michko : oui, je crois que ce film date de 75.... En fait, il cite carrément Groucho dans un de ses apartés avec les spectateurs, au début du film : "I would never enter any club that would accept me as a member", et y refait référence dans un deuxième aparté, juste après la fin de son aventure avec Alyson Portchnik : "she was beautiful, she was willing...is it still that old stuff about the club ?" (ou quelque chose d'approchant...). "Annie Hall" est un des films de Woody Allen que je préfère, avec "Zelig", "La rose Pourpre du Caire", et "Tout le Monde dit I Love You". ;-)


Je continue avec du retard mon dialogue avec Chouïa ;-)



Attention, je n'ai pas dit qu'il n'y avait pas d'intérêt à étudier le jargon, les critères de hiérarchie et les rites de passage du milieu échiquéen. J'ai dit qu'il était un peu gonflé de nous vendre ces critères là comme constitutifs du milieu des joueurs d'Echecs, alors qu'ils s'appliquent à n'importe quel autre.



En gros, je trouve que l'auteur nous a vendu son article comme ça: "attention attention, après une étude approfondie du milieu échiquéen, j'en ai dégagé 4 traits constitutifs qui sont la hiérarchisation, les rites de passage, le jargon et les références communes". Et là je dis waouh, tout ça pour ça garçon, t'as appelé l'EHESS pour les tenir au courant de ta découverte? Une approche plus humble du type "Sachant que tout groupe humain se caractérise par une hiérarchisation, un jargon, des rites de passage etc., je me propose d'étudier ces caractéristiques chez les joueurs d'Echecs". Cet article est une compilation sympa de détails et d'anecdotes, mais pas beaucoup plus. Et je rejoins tomtomtomtom quand il dit qu'en en changeant 50 mots il est applicable à plein d'autres milieux (ce serait rigolo à faire, d'ailleurs, peut-être si j'ai un peu de temps...).




Sur la hiérarchie, sinon. "Cette hiérarchie est presque exclusivement fondée sur le classement ELO". Bof, je trouve qu'elle est surtout fondée sur le niveau de jeu, ce qui est assez normal dans une discipline individuelle qui rend ce classement par force possible (c'est plus dur dans un sport co ou dans une discipline non compétitive). La hiérarchisation existe aussi dans un club de collège où personne n'est classé. De même, dans le "milieu", combien ne rigole-t-on pas d'un joueur manifestement surclassé ("il a eu son ELO dans une pochette surprise") et ne respecte-t-on pas un sous-classé ("il vaut mieux que son ELO")?



Je pense que ce qui intéresse les joueurs est de savoir... qui joue le mieux (eh beh dis donc, moi aussi je pourrais écrire des articles). Le ELO n'est qu'un outil utile pour parvenir à cette hiérarchisation car il est relativement fiable. Mais les joueurs savent aussi que le ELO n'est pas le critère absolu, qu'il n'est qu'une indication.



Enfin, il y a des subtilités dans la hiérarchisation: il y a le respect pour la force brute, mais aussi celui pour la finesse de compréhension, même si elle ne se traduit pas (ou plus) nécessairement par une prédominance sportive. De jeunes champions peuvent avoir de meilleurs résultats que leur vieux professeur (parce qu'ils calculent plus vite, qu'ils ont plus d'énergie, etc.) sans pour autant perdre le respect pour sa science du jeu encore supérieure.



Pour finir, il ne faut pas oublier non plus qu'un individu ne se définit pas entièrement par son activité principale mais que les autres facettes jouent aussi dans les interactions. Le milieu des joueurs d'Echecs est aussi un milieu d'êtres humains! Dans les interactions, le rapport de force va aussi être influencé par d'autres facteurs que la valeur au jeu: entre un petit boutonneux surdoué vaguement autiste et un grand beau gosse tchatcheur qui roule en Aston Martin, ce n'est pas nécessairement le premier qui va asseoir une position de dominant dans les rapports de groupe - surtout quand il va s'agir d'inviter au resto la jeune femme de l'équipe ;-)


Sur le jargon. Là, franchement, je trouve l'article faiblard, on sent que l'auteur ne maîtrise pas bien les subtilités de notre vocabulaire.



OK, on dit un cavalier et pas un cheval. Mais, pour ne prendre que quelques exemples:
- personne ne va rigoler si tu dis Reine plutôt que Dame ou fin de partie plutôt que finale

- "ronde" n'est pas la forme correcte de "match", c'est "partie" qu'il faut dire (en précisant d'ailleurs ce qu'est un "match" dans le vocabulaire échiquéen, un affrontement entre deux joueurs en plusieurs parties)... une ronde est l'ensemble des parties disputées au même stade de la compétition

- on peut dire "champion" plutôt que "maître", c'est juste que l'un renvoie à un titre objectif, l'autre à un jugement subjectif



Ensuite, il y a des expressions effectivement comprises par tous ("faire le sous-marin"), d'autres plus particulières à un groupe de potes... Je n'ai jamais entendu parler de "la cagoule" non plus...


Enfin, Chouïa, non, je ne suis pas vexé quand tu dis que l'accueil est mauvais dans le milieu échiquéen. Je ne place rien sur le plan personnel, jamais. Je crois avoir compris que c'est le ressenti que tu as eu (le mauvais accueil), et je ne veux pas rentrer dans la bataille des expériences individuelles "moi j'ai été super bien accueilli au club de Varoulec en 1972", "moi ma grand-mère s'est fait jeter de l'amicale échiquéenne de Brasignan en 1927". Ca n'a aucun intérêt. Chacun a son expérience, et elles sont toutes à respecter et à prendre en considération. Que je te dise que je me suis toujours senti comme chez moi dans tous les clubs d'Echecs où je suis passé n'a donc pas de valeur particulière.



Je disais juste sur le registre de la boutade que le milieu des socio-anthropologues n'était pas forcément moins hiérarchisé et hermétique que celui des joueurs d'Echecs. Je t'assure qu'être en DEA et assister à son premier séminaire de recherche avec d'illustres professeurs, de jeunes maîtres de conf aux dents longues, des doctorants qui te regardent de traviole et tes collègues de DEA qui ne pensent qu'à la future bourse de thèse que tu pourrais leur piquer... eh ben mieux vaut avoir un peu confiance en soi ;-)


A venir... ...à la demande de Yvap, paraîtra bientot :


Ethnologie de France-Echecs, Chouia, Ed. Pouf, 2007



L'auteur passera au crible mythes, protection et fécondité au sein de cette tribu.



Bossuet, le
Je suis entièrement d'accord avec les propos de Raspoutif Je pensais exactement la même chose en lisant cet article. Mais comme je ne me serais pas aussi bien exprimé que Raspoutif, je suis content qu'il l'ait fait à ma place...


@Raspoutilf : je pense que la conclusion de l'article parle d'elle-même : le but poursuivi était juste de démontrer que le groupe des joueurs d'échecs professionnels pouvait être intéressant à étudier du point de vue socio-ethnologique (puisqu'il présente une hiérarchie, des rites, et un vocabulaire propres). Cet article constitue simplement une pré-étude. En effet, avant de démarrer une étude, il faut que le sujet soit agréé, et cet article est donc une sorte de plaidoyer en faveur de la faisabilité et de l'intérêt d'une telle étude. Je suppose que, comme pour les thèses, il sera présenté à qui de droit pour recevoir un aval (et peut-être un financement), et que l'auteur pourra ensuite mener son étude qui, elle donnera lieu à publication.

En tous cas, cet article ne constitue certainement pas une étude (trop court, non chiffré, etc...). Il est donc normal qu'il comporte des approximations.

D'autre part, il est courant que les membres d'un groupe observé et étudié ne se reconnaissent pas dans telle ou telle description. D'une part, parce qu'il est toujours désagréable de se voir assimilé à d'autres personnes (négation de l'individualité), d'autre part, parce que rares sont les gens qui apprécie qu'on pointe leurs petits travers et que de plus, on les rende publics, troisièmement, parce que ce n'est pas évident de se voir "traité comme des animaux de laboratoire", parfois, à son insu....Reconnaissons donc que l'observateur extérieur voit des choses que nous ne voyons plus, tellement nous y sommes habitués. Avoir le nez dans le guidon n'aide pas à prendre ses distances. ;-)

@kibitz : LOL! "Lorsque je serai bien vieille, le soir, à la chandelle", j'écrirai mes mémoires, et ça s'apellera "Mémoires de chouia : une dame parmi les fous" ! :-)))))


Réf Chouia, c'est une bonne idée, et le titre est de circonstance;-)


mat du berger, coup du berger... j'ai entendu les deux... pour "la caloche" je pense que même les forts joueurs l'utilisent (sqi vous me permettez de considérer Manuel Bijaoui comme un fort joueur, il est quand même au-delà de 2300...)
@Raspoutif : en effet il me semble que pour le jargon il n'y connaît pas grand-chose... pour "une étoile", j'ai jamais entendu et on pourtant je connais pas mal de joueurs d'échecs de toutes les régions et tous les niveaux... mais j'ai déjà dit tout ça ;-)


Question vocable il m'est souvent arriver de nommer la Reine "la Maman", ou "la Grosse", selon mon humeur...


Je sais,Chouia , il faut que je consulte ...


ins677, le
Et pour rentrer dans un débat Rowson-Shahade j'ai déjà entendu pour la même pièce des expressions avoisinant le terme anglais "bitch"...


euh... même en france ça arrive. Je connais quelqun qui l'appelle "la pouffiasse"... bof comme humour mais bon à coté de ça il est sympa alors...


@Steph et @raspoutilf Jacques Bernard, le gars qui a écrit l'étude, doit quand même s'y connaître un minimum sur le jargon. Je ne sais pas depuis combien de temps il joue aux échecs, mais il est 2263, donc je suppose qu'il n'invente pas ce qu'il raconte.
Mais c'est vrai que, moi aussi, il y a des termes que je n'ai jamais entendu prononcés, du style : "une étoile (pour une combinaison enfantine)" ou "Le piège du balayeur : un piège pour débutants".



ins174, le
ref Kibitz ... dès que Chouia se sera inscrite, et réglé ses droits d'inscription à l'Institut, elle pourra compléter ce remarquable, il faut bien le dire Rapport de l'institut Paléo-Echecophile. ! ;o)


ins4318, le
Je n'ai lu que le lien proposé en sujet... et ma première impression est qu'il s'agit d'un ramassis de lieux communs, sans doute plaisant à lire mais non scientifique.


@Chouïa Bon bon, OK, attendons la vraie étude. Par contre, arrête de sous-entendre que je juge cet article faiblard parce qu'il dit des choses désagréables sur les joueurs d'Echecs. Je n'y mets rien de personnel: je ne suis pas joueur professionnel (loin de là), je ne suis plus joueur de club depuis des années et ne fréquente absolument plus le milieu échiquéen, auquel je ne me suis jamais identifié plus que cela, d'ailleurs. Halte au psychologisme, tous les jugements que l'on porte ne proviennent pas d'une implication personnelle ou d'un réflexe corporatiste ;-)



Sinon, un auteur à 2263, niveau qu'on atteint difficilement en deux ans en s'y mettant à 40 balais, ça se rapproche plus de "ma" conception de l'observation participante que de la "tienne" ;-) Et niveau "nez dans le guidon", pas trop de leçon à recevoir :-p


ref. durruti ca fait sans doute référence aux diagrammes EE "une étoile", bref le premier diagramme où il faut trouver une fourchette !
Je l'ai déjà employé...


ins677, le
Pour le "une étoile"... On parie que vous l'avez entendu ? C'est mal formulé c'est tout ! Ca fait référence aux étoiles des faites-vous la main d'une célèbre revue et s'emploie dans une phrase du type : "Et maintenant, trouvez la combinette une étoile qui contraint les noirs à l'abandon!"...


ins677, le
C'est marrant Karim... on fait de la télépathie non ?


lol en effet ! toi tu as du l'entendre quand je jouais contre une vieille connaissanec pour une corvée de vaisselle : "oh l'autre, allez vazy reprends ton coup là, c'est trop facile pour moi, c'est un une étoile là [p..... c..]!!"


;o) Chouïa...  Oui, Chouïa, de très beaux films, vraiment. Me permettras-tu d'ajouter Manhattan à ta liste ? La ville y est filmée d'une manière... extraordinaire ! Quelle beauté que NY sous la neige... J'ai eu la chance de vivre trois mois là-bas avec vue sur le Queensborough bridge (celui de l'affiche), et Dieu sait combien l'ensemble me fascinait...


@Yvap : oui, je l'avais lu lors de "mes débuts" sur FE.... D'ailleurs, j'en avais fait une critique assez...dure, parce que ça venait après un fritage assez sévère avec toi et Nirnaeth, il me semble...C'était le bon temps ! ;-)

@michko : oui, Manhattan, et aussi Radio Days...en fait, je suis une fan de Woody Allen (euh...de ses films, parce que le gars, bon...).

@raspoutilf : je ne parlais pas, en fait, que de ta réaction, mais de la réaction en général des gens qui font partie d'un groupe observé....je m'excuse si mon intervention a pu laisser penser que...
Par contre, j'ignorais que l'auteur de l'article était lui-même un joueur de ce niveau. Ses remarques critiques n'en ont que plus de sel, je pense.


faut-il le rappeler le remarquable "Jeu d'échecs et sciences humaines" de Engel et Dextreit (Payot éditions) est incontournable pour découvrir/parfaire/expertiser le microcosme échiquéen ; quasi sous toutes les coutures.
Des travaux ultérieurs existent mais tout y est déjà ici étudié ou potentiellement indiqué.


Une somme, une bible, que dis-je une péninsule ! 


très bon livre en effet 


ins4318, le
Oui, très bon livre mais qui date... et présente des lacunes, en particulier sur le plan sociologique.


@karim et @guitov Ah OK! J'avais pas percuté! Et le "piège du balayeur"?


Meteore, le
sur la remarque du guidon Il me semble quasi impossible de faire une étude sérieuse sur la sociologie des joueurs d'échecs sans être soi même un passionné. On voit bien à la lecture de cet article que l'auteur connait bien son sujet, même si à mon avis il force un peu le trait, pour impressionner les lecteurs qui à priori ne connaissent pas ce milieu.


Meteore, le
microcosme parisien par contre il me semble qu'à l'intérieur du microcosme échiquéen il existe un sous ensemble, le microcosme parisien qui présente quelques spécificités et variantes par rapport à l'ensemble de la population:)


ins3314, le
sur les photos 4 et 10 pourquoi il a pris le mème mec 


ins3314, le



@meteore, Ah non, ne dis pas de mal des parisiens, toi qui es du club d'Avoine que j'adore ;-)


Meteore, le
Parisien ou pas moi je les trouve plutot sympathiques les joueurs d'échecs !


Meteore, le
expression : il s'est pris une bulle j'avais l'impression que cette expression était universelle et était employée par tous les sportifs... Mais d'après cet article elle n'est utilisée que par les joueurs d'échecs. Connaissez d'autres disciplines où elle est utilisée? D'ailleurs, quand on y réfléchit bien, elle me semble plutot drole et jouer sur le registre de l'ironie.


Meteore, le
errata : "connaissez vous d'autres ...." 


Du temps ou j'étais élève, on utilisait ce terme de bulle. (pour indiquer 0.)


@Meteore : se prendre une bulle, c'était une expression courante dans mon lycée dans les années 70....et pas qu'aux échecs, tu peux me croire.. ;-)

Que trouves-tu de spécifique au milieu des échecs parisien ?


bzh92, le
Microcosme parisien Chouia, il y a effectivement des spécificités au microcosme parisien. Un reproche que l'on pourrait d'ailleurs faire au livre de Wendling, c'est qu'il étudie principalement le milieu parisien. Les photos centrales ont toutes été prises dans des tournois parisiens des années 80 notamment le championnat de Paris à l'Aquaboulevard ou à l'IFG quai de Grenelle.

Comme exemple de spécificité, il y a notamment l'utilisation du terme "catégorie". Une "1ère catégorie" va désigner un joueur à plus de 2000. Je n'ai jamais entendu ce terme en province.




@bzh92 : ben...je n'ai jamais entendu non plus "1ère catégorie".... Mais bon, je ne fréquente guère les "champions"... ;-)


bzh92, le
Une 1ère "Un MI va se creuser la tête contre une 1ère". C'est le genre de phrase que j'ai entendu en région parisienne.


En même temps, c'était plus facile pour lui de parler de l'IDF ...
Actuellement, on n'utilise plus trop cette terminologie de catégories qui était fort répandue dans les années 80...
Le elo suffit à lui-même. D'ailleurs , curieusement, beaucoup de joueurs ne se fient plus autant au Elo qu'avant.


El cave, le
les catégories c'est plutôt typique des vieux que des parisiens, ça date des joueurs qui ont connu la période antérieure au Elo qui est apparu au début des années 60.


dont acte. Et à part cette histoire de "catégorie", quoi d'autre ? Moi, j'ai déjà entendu "brochette" pour "enfilade", "fourchette royale" (LOL! je trouve que ça a une petit côté grand siècle !) pour une fourchette impliquant le roi....

Les mecs aiment bien effectivement affubler la dame d'appellations plus ou moins grossières, mais je dois reconnaître que j'appelle par fois le roi "pépère" ou "le pépère" (parfois, c'est mon adversaire que je nomme ainsi, LOL!...ça ne plaît pas toujours...mais je ne fais que m'adapter à l'ambiance).


la dame c'est "la mémé" dixit marcq ;-)




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