|
| Ne le prenez pas mal... par speedypierre le
[Aller à la fin] |
| Actualités | |
Mais j ai souvent l impression-à force de lire des articles sur le forum et d entendre des discussions-que les joueurs d echecs sont tres orgueilleux.
Ce n est pas une attaque "ad homines", mais les déclarations du style"les échecs, c est la vie" ou "les échecs, c est un art" (lisez du Gide ou du Huysmans, vous verrez ce qu est un art!), je les trouve égocentriques-et de plus,relativement ridicules. De plus les commentaires contempteurs fleurissent quand un malheureux a le tort de prétendre que les échecs sont un jeu- c est mon avis-,qu il y a plus important, et que l art, c est autre chose. Enfin bon, je serais curieux d avoir votre avis.
|
|
|
Oui mais Les joueurs d'Echecs aiment leur jeu au point de le considérer comme un art . Cela dit tous les joueurs d'échecs ne sont pas orgueilleux . Au contraire je pense que ce jeu apprend à rester humble car on resdescent vite de son petit nuage après une défaite contre un joueur moins bien classé.
|
|
|
Speedypierre Je suis tout à fait d'accord avec toi. Ce n'est pas une impression que tu ressens, c'est la réalité.
|
|
|
Ils aimeraient tant que ce soit plus qu'un jeu ! Histoire de se justifier le temps qu'ils y consacrent !
|
|
|
Grounf ! Bien sûr que les échecs sont futiles mais pas moins et pas plus que la poésie, la littérature, le cinéma ou la bande déssinée !
Quand tu aimes quelque chose au point d'y consacrer beaucoup de ton temps libre, cela signifie que tu es passionné et il est logique que tu n'aimes pas que l'on dénigre ce que tu adores. Ce n'est pas à mon avis de l'orgueil mais simplement la passion.
|
|
|
|
N'importe quoi! Orgueilleux?!? Et pourquoi pas prétentieux pendant qu'on y est? Non mais qu'est-ce que c'est que ce petit merdeux??? Tu sais à qui tu causes? Bon , j'arrête là le second degré pas drôle, un petit smiley pour être bien clair ;o), des fois qu'il se fâche, mais ceci dit les petites réflexions sur l'art, ça me paraît un peu court et ce message est particulièrement méprisant lui-même, alors on n'en sort plus. Sincèrement, il faut te pencher sur les échecs pour piger en quoi ça peut être un art, ce qui était d'ailleurs l'avis de Marcel Duchamp, entre autres... il s'y connaissait en art, ou pas, le Marcel? Et tu as bien choisi tes exemples: tu trouveras des tas de gens pour te dire que justement, Gide et Huysmans ne sont connus que parce qu'un peu scandaleux/décalés en leur temps, mais que ce sont des scribouillards (ce n'est pas mon opinion, je veux juste dire que cet argument ne tient pas, parce qu'il n'est fondé que sur TA vision des choses, mais elle n'est pas partagée par tous). Et puis la littérature est un jeu (pas seulement chez Perec), l'art est un jeu... Tu dis qu'il y a plus important. Moi je veux bien, mais quoi? et surtout pour quelle(s) raison(s)? J'entends bien qu'on ne parle pas ici des VRAIS problèmes comme la faim dans le monde, le réchauffement de la planète, la guerre, etc.. mais de ce qui importera dans le monde idéal où on aura résolu tout ça... Alors quoi? Des couleurs sur une toile de jute? Des sons agencés comme ci ou comme ça? Des mots dans tel ou tel ordre? Le jeu, c'est quelque chose de fondamental dans le développement de l'humain, ce point n'est plus à démontrer, on se comporte la plupart du temps comme si on jouait, du reste, et pas seulement à la bourse, ou dans les jeux de l'amour et du zazard. C'est un truc qui m'a (presque)fait bondir dans l'interview d'E-A Schmitt, EE de novembre, parce que visiblement il a encore du chemein à faire avant de goûter vraiment ce jeu. Je dis "presque", parce qu'en fin de compte il y avait pas mal d'idées reçues là-dedans, donc ça n'a pas grande importance.
|
|
|
|
Pas clair sur la fin... En ce qui concerne E-A Schmitt, je faisais référence aux réflexion du genre "ce n'est qu'un jeu". C'est un jeu, et ce n'est pas rien. Un jeu, on en fait ce qu'on est capable d'en faire, c'est un support. Le jeu d'échecs permet de véhiculer des idées, des réminiscences, des audaces, des références, de faire des clins d'oeil, de se positionner ans une mouvance ou à contre-courant, de s'exprimer sur de nombreux modes, c'est plus qu'assez pour l'art... et le reste. Je trouve. idfx, en verve, non?
|
|
|
|
L'idée... selon laquelle c'est la société qui définissait une activité et non une activité qui par ses valeurs intrinsèques se définissait elle même avait été évoquée dans un autre poste je crois.
|
|
|
calme toi!!! D'abord, il est peu de gens à, peu près competents pour considérer aujourd hui Gide ou Huysmans comme des scribouillards, comme tu le dis, et ce serait la opreuve d une certaine meconnaissance de la litterature et de l Histoire. Mon message n est pas meprisant, mais il constate que les échecs ne sont qu un jeu tout de meme assez réducteur-ce que personne osera dire de l art(et en particulier, car c est la que je my connais le mieux, de la litterature) Le jeu est bien evidemment fondamenttal ds le developpement de l homme...mais jusqu'à quel âge. De plus, dire que la litterature est un jeu néglige ts les courants engagés(naturalistes; réalistes), ts ceux qui ont un objectif matyériel ou esthetique...
|
|
|
desole pour les fautes de frappe
|
|
|
|
Pensées... L'oeuvre d'art naît du renoncement de l'intelligence à raisonner le concret. Albert Camus Tout passe et tout lasse, les nations, les individus qui les composent, autant en emporte le vent. Il ne reste que la beauté, transmise par les artistes. Ernest Hemingway L'art, c'est la façon humaine de disposer la matière sensible ou intelligible dans un dessein esthétique. James Joyce L'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre. Auguste Rodin Les grandes oeuvres d'art ne sont grandes que parce qu'elles sont accessibles et compréhensibles à tous. Léon Tolstoï Est-ce l'art autre chose qu'un aveu de notre impuissance ? Richard Wagner Ma définition d'une oeuvre d'art serait, si je la formulais : "Une oeuvre d'art est un coin de la création vu à travers un tempérament". Emile Zola Lorsque deux maîtres du même art diffèrent l'un de l'autre dans leur exposé, c'est que vraisemblablement, le problème insoluble se trouve dans l'intervalle qui les sépare. Goethe A vous de voir si ces quelques citations s'appliquent ou non également au jeu d'échecs. Le débat est complexe, très intéressant, mais loin d'être résolu. Je suppose qu'il s'agit là encore d'un sujet qui divise la plupart des joueurs d'échecs. Personnellement, je pense qu'il s'agit avant tout d'un jeu, dans 99% des cas, mais qu'il peut exceptionnellement touché à l'art lorsque la pratique de maîtres géniaux (Morphy, Andersen, Fischer, Capablanca, par exemple) nous lègue des parties à la postérité, telles que "l'Immortelle" ou "l'ever green" par exemple.
|
|
|
Mon cher SpeedyPierre ... Tu réagis exactement comme les joueurs d'échecs lorsque l'on critique TA conception de l'art.Conclusion : Tu es orgueuilleux !
|
|
|
|
Piet Mondriaan "L'art passe, seule reste la beauté" Je suis pas 100% certain de la citation :-)
|
|
|
Mon cher Uther... personne n a attaqué MA conceptiopn de l art..^pour la bonne raison que je n en ai pas exposé!Que Gide soit un grand, personne n ose le nier, aujourd hui!Enfin, j espère...Ce n est pas une conceptiopn de la littératureque l on pourrait exposer en un post
|
|
|
Je me suis peut être mal exprimé ... Je cite "... il est peu de gens à peu près competents pour considérer aujourd hui Gide ou Huysmans comme des scribouillards ... "
Comme des scribouillards certes non mais est-il obligatoire sous peine d'être considéré comme le dernier des gougnaffiers de ne pas aimer Gide ?
Qu'est-ce que la "compétence" en littérature ? On aime ou on aime pas, on y trouve du plaisir ou pas. C'est tout.
|
|
|
|
c'est assez drôle en effet speedypierre prend la mouche dès qu'on ose toucher la sacro sainte littérature, bien plus noble que le jeu d'échecs. Cela dit, pour moi, lire Les Nourritures Terrestres n'est pas plus important que regarder un bon film à la télé, passer sa soirée à jouer aux cartes, faire l'amour, jouer de la guitare en groupe, ou jouer aux échecs... toutes choses parfaitement inutiles, dont le seul but est de procurer des moments de bonheur, de plaisir éphémère... Par ailleurs, l'art ne me semble pas avoir pour vocation d'être important...
|
|
|
Attendez-moi, j'arrive !! Franchement, quand je mets d'un côté Gide et de l'autre Proust (par exemple), j'ai vraiment du mal à considérer le premier comme "un grand". Mais ce n'est pas le sujet.
Un point me semble relativement peu exploré pour connaître la nature profonde des échecs (et des jeux en général, après tout). Un art a deux vocations: ¤ transmettre une émotion (impression, sentiment, sensation, ...) ¤ transmettre une idée (avis, argument, problème, ...) notamment sur des issues (sociales, politiques, philosophiques, ...)
Autant il est évident que les échecs peuvent accomplir la première vocation, autant je mets en doute leur capacité à exécuter la seconde. Même dans les échecs artistiques, les compositeurs s'attachent à créer une position dans un thème purement échiquéen, mais à ma connaissance personne n'a tâché de bâtir une position exprimant, par exemple, son désarroi face à la déshumanisation du monde moderne.
Si l'on accepte ce constat (ce que je ne fais pas, je me contente de le soumettre à votre sagacité), la question suivante est: les échecs peuvent-ils se prétendre un art dès lors qu'ils ne remplissent qu'une de ces possibilités, alors que tous les autres arts que je peux envisager (tant les classiques que les modernes comme la photo ou le cinéma) passent aisément de l'une à l'autre ?
|
|
|
Calme toi ;o) - Primo, le petit machin, là => ;o), signifie que je plaisante, au moins en partie.Je l'ai explicité, en plus, il faut tout lire.
- Secundo, que le jeu d'échecs puisse donner lieu à des créations artistiques, personne n'ose le nier, aujourd'hui. Tu vois, moi aussi, je peux le faire.Tu as raison, les gens qui mécondidèrent les auteurs que tu cites peuvent être considérés comme incompétents. Eh bien je dis que tu n'es pas suffisamment compétent en matière d'échecs, sans quoi tu n'écrirais pas des trucs comme ça. Surtout qu'il y a un gros problème: tu avances un argument intéressant, encore que tu confondes orgueil et égocentrisme, mais tu l'affaiblis en l'étayant par un truc sur la NATURE du jeu.
- Tertio, on ne peut pas exposer en un post la richesse du jeu d'échecs et de ses pratiquants.
- Quatrio (là il va me reprendre...), s'il y a un milieu fermé sur son petit monde, c'est bien celui des khâgneux, soit dit sans animosité aucune, car tout le monde ne tombe pas dans le panneau. Uther a raison, tu tombes exactement dans le travers que tu souhaites dénoncer.
- Pour connaître la valeur artistique des échec, penche-toi sur, je ne sais pas moi.... Kasparian, Troitsky. Echantillon.
|
|
|
|
ref SyG Tu dis que l'art a pour 2e vocation de 'transmettre une idée notamment sur des issues (sociales politique)'. Etant passionné de musique classique je peux te dire que beaucoup d'oeuvres des plus grands compositeurs sont extrèmement abstraites et ne cherchent en aucun cas à transmettre une idée sociale, politique ou philosophique et je pourrais donner des exemples en grande quantité. Je me limiterai à un exemple: l'art de la Fugue de Bach qui je trouve cherche à cerner toutes les possibilités d'une technique. Est-ce si différent des problèmes et études que nous cherchons à résoudre aux échecs ?? Bien sûr les exemples contraires sont nombreux, mais peut-on dire que l'Art de la Fugue, la 32e sonate de Beethoven ou n'importe quelle étude de Chopin ne sont pas de l'art ?
|
|
|
qui a dit que la musique est un art? :-)
|
|
|
|
SyG Tous les artistes ne sont pas engagés, c'est une possibilité, importante mais pas nécessaire à la définition de l'art. Car on peut aussi faire passer ces idées en dehors de la création artistique, et c'est l'approche la plus répandue. Ce qui est vraiemnt dérangeant, c'est qu'on a toujours l'impression que l'art est comme une sorte de notion sacrée (c'est bien le cas, du reste, et c'est peut-être la dernière dans ce monde de brutes), placée au-dessus du reste. Approche prétentieuse s'il en fut. Ceci n'est qu'un jeu... Cela n'est qu'un divertissement... Tel autre truc n'est qu'un sport... Je voudrais faire remarquer un truc, en liaison avec la référence à Duchamps: à cette époque, celle des surréalistes, on a eu droit aux hypermodernes dans le domaine échiquéen. Le jeu avait déjà connu un essor important au moment de la Renaissance, avec le premier bouquin connu publié en 1495. Et ce ne sont pas les seuls exemple. Ce jeu est historiquement en phase avec la société (voir l'école soviétique, qui se voulait l'incarnation de la supériorité de la société communiste); et les parallèles avec les mouvements artistiques ne manquent pas de pertinence, cf. (encore un retour à une référence précédente) l'intérêt de l'Oulipo pour les échecs et le Go en particulier...
|
|
|
|
C'est une vision assez "utilitaire" de l'art que tu nous propose, mais je ne vois pas pourquoi une oeuvre devrait nécessairement transmettre une idée ?! Du reste, quand je regarde la Venus de Milo, je ne pense pas à la déshumanisation du monde moderne non plus ! Il y a d'ailleurs eu de grandes évolutions dans la conception de ce qu'est l'art, si l'on montrait des oeuvres d'Andy Warhol à des "gens compétents" du XVème siècle, ils l'enverraient au bûcher aussi sec (ça brûle mieux) ! En tout cas, Bronstein ou Tal sont beaucoup plus proches de ma conception de l'artiste que Stephen King ou Richard Clayderman !
|
|
|
ref tapio Tu as tout à fait raison, je me suis sans doute mal exprimé. Je dis que l'art a deux vocations, mais je ne dis pas que chaque oeuvre d'art se doit d'utiliser les deux. Un artiste peut choisir que son oeuvre transmette une émotion, ou bien une idée, ou bien les deux.
Ce qui compte, c'est que les arts (et notamment la musique, corrige-moi si je me trompe) permettent à l'artiste de choisir entre ces deux vocations, et ce choix ne me semble pas présent aux échecs.
|
|
|
je répondais à SyG bien sûr, pas à FX. ca va vite ici lol
|
|
|
l'art n'a aucune vocation politique ou philosophique l'unique vocation de l'art au départ est esthétique. Un artiste cherche à créer de la beauté.
|
|
|
L'art de parler des échecs plutôt que jouer aux échecs avec art ! ;-)
|
|
|
l art c relatif.... Moliere etait considere comme un saltimbanque de son temps, aujourd hui pour dire "le francais" on dit "la langue de Moliere". A ses debuts le cinema etait considere comme bon pour les femmes et les enfants, aujourd hui il est considere comme un art a part entiere..... C est toujours la majorite de la generation dominante qui dicte ce qui art ou ce qui n est pas art. Dans 20 ou 30 ans le jeu video aura au moins le meme statut que le cinema en tant qu art. Comme les echecs ne sont pas une activite de masse ils ne sont pas autant consideres mais entre Rousseau et Fischer moi le genie je sais qui sais ;)
|
|
|
|
Un fil polémique ! J'en suis ! Deux réflexions au débotter (ça s'écrit bien comme ça ?) : 1- Fox, bien sûr que l'art est esthétique. Mais un artiste ("engagé") peut donner une dimension politique à la beauté. idem pour un joueur d'échecs (malheureusement, le seul exemple qui me vienne à l'esprit est l'abominable manifeste antisémite d'Alékhine...) 2- La différence entre l'art et les échecs, c'est qu'il y a dans les échecs une vérité "absolue", c'est-à-dire que dans une position donné, un coup qui mène au gain de manière forcée est objectivement supérieur à un coup annulant ou perdant. Alors qu'il n'y a pas de manière objectivement "supérieure", par exemple, de représenter la déshumanisation du monde moderne. Sur ce, je m'en vais composer un mat aidé sur le thème de la déshumanisation du monde moderne :-D
|
|
|
Je salue moi aussi la venue de Milo sur ce post.
|
|
|
Pessoa le joueur d'échecs n'utilise dans ton exemple pas le jeu pour véhiculer des idées !
|
|
|
Et Nimzovitsch, les gars? Relisez "Mon système"! Il y met clairement en avant le rôle du pion, dans un élan démocratique explicite. N'oublions pas qu'en allemand pion=bauer=paysan, une métaphore que Nimzo ne s'est pas privé de filer. Et de mettre sur pied des ouvertures et un système de jeu complet basé sur une nouvelle compréhension de la structure de pion comme allégorie de la société sans classe. Même si, à son grand dam, la plus grande gloire du pion est sa promotion en pièce "noble". Si ça c'est pas engagé, bordel! Mais on me dira qu'il s'agit de ses écrits...
|
|
|
deux mots sur l'art Des critères pour savoir ce qui est un art, et ce qui n'en est pas, j'en ai dix mille! On va voir si le jeu d'échecs continue à être un art :-) (note: pas de hiérarchie pour moi entre art et jeu) Pour simplifier, je prends le facteur qui distingue l'art du jeu d'échecs le plus clairement à mes yeux. Il me reste à voir ce que vous en pensez. L'art est accessible et appréciable d'abord et avant tout par les sens, on peut juger d'une oeuvre d'art sans forcément raisonner dessus: La première fois que j'ai entendu How to disappear completely, de Radiohead, je savais que c'était génial (cela reste subjectif...).
On va me dire que les échecs sont approchables par la vue. Prenons par exemple le coup Fh3 de Chirov, auquel vous ne dénierez pas sa beauté échiquéenne... :-) Visuellement, ce mouvement, hors de toute réflexion liée au jeu d'échecs, ne présente pas de beauté particulière (alors que c'est vrai il y a des coups comme dans une partie de Morphy qui sont géométriquement appréciables!). Mais surtout, je peux, moi, jouer Fh3 dans une finale de fous de couleurs opposées dans une partie à deux balles ou importante, dans une position similaire, et ce pourrait fort bien être un coup perdant! On ne peut donc (si vous avez été assez indulgents pour suivre) juger si un coup est bon ou pas qu'en calculant, raisonnant, rationnalisant, et pas vraiment spontanément. Parce que le jeu d'échecs est quand même complètement abstrait. Au point qu'il est possible d'apprécier la beauté d'un coup sans échiquier, mais juste avec des lettres et des chiffres. Peut-être pouvez vous mettre un tableau de Bruegel en coordonnées sur un programme informatique, mais à la lecture de ce programme seul, vous aurez du mal à être saisis esthétiquement.
Si je n'ai pas été clair, si personne n'est d'accord, parlons en alors!
toluap
|
|
|
je reviens ! deux choses à reprendre : -evidemment, Fox, Les Nourritures terrestres, ne sont pas le meilleur de Gide. Lis donc Si le grain ne meurt, La porte Etroite, ou les L Immoraliste,...- je ne retrouve plus l auteur du post, mais je nie absolument que le milieu Khâgneux soit un milieu fermé.On est au contrairegénéralement plutôt ouvert.-quelqu'un m a fait remarquer que j avais marqué "orgueil" au lieu d'"égocentrisme" Mea Culpa, mea maxima culpa.-quant aux échecs-car c est le sujet de mon post-les considérer du qualificatif d "art" semble confondre "ingeniosite"(car je connais Kasparian, merci...) et "art" Enfin bon...
|
|
|
pourquoi j ai écrit "les considérer du qualificatif";, moi?
|
|
|
"les considérer comme" suffira
|
|
|
"Chess is the art of analysis." Botvinnik
|
|
|
C'est le double effet hypo-khâgne J'ai connu, j'en ai encore des rechutes 10 ans aprés. T'écris une phrase toute simple et tout d'un coup t'es emmêlé dans les circonvolutions du langage, les tournures parasites et les subordonnées accessoires. Hypo et Khâgne, c'est comme un naufrage du Prestige, un torrent de mots emporte la simplicité vers un ailleurs inaccessible. En plus, il y a aussi la phase "l'orthographe fous le camp" d'autant plus douloureuse que tu t'en rends compte... En phase terminale, ayant compris que la connaissance ne permets que de s'abstenir de juger, tu soit A/ deviens coi B/Passe ton temps sur des forums au lieu de bosser.
|
|
|
En tout cas Chesslov ... On sait quelle solution tu as adopté !
|
|
|
|
toluap la musique conceptuelle est imbitable pour quelqu'un qui ne se plonge pas dedans, pour apprécier Gide il faut au minimum savoir lire, mais ça ne suffit pas, et enfin je connais des gens qui ont la même opinion de Céline Dion que toi de Radiohead, et pour les mêmes raisons... Je connais aussi des TAS de gens, des gens sérieux, qui ont le droit de vote(et qui même à mon avis sont majoritaires dans ce pays), qui pensent que l'art est un truc futile, n'ont jamais entendu parler de Gide, encore moins de Huysmans, pour qui Petrossian est un fameux épicier parisien qui fait du caviar, qui n'ont jamais vu un forum internet de leur vie et nous mettraient tous dans le même sac s'ils lisaient ce truc-là, en ponctuant d'un sonore: "Bande de fainéants!"
|
|
|
|
speedy t'es trop speed ;o) Bien sûr que tu connais Kasparian. Comme je connais Gide, j'imagine. Un peu. C'est ça le problème: quand on ne connaît pas du tout, on sait qu'on ne sait pas (enfin, quelqu'un comme toi le sait, je suppute, il y a des gens qui croient tout savoir sur tout...), mais quand on connaît un peu un truc, on s'autorise parfois à croire qu'on le connaît suffisamment pour porter des jugements, disons, à l'emporte-pièce, pas trop nuancés.
|
|
|
ref toluap je reprends mes exemples de musique. Oui les echecs demandent un effort de calcul pour en apprécier la beauté. Mais la musique est aussi un art assez mathématique qui employe différentes formes de calculs (au niveau rhytmique en particulier). Beaucoup de compositeurs utilisent les mathématiques, proche de nous Bartok glisse le nombre d'or dans ses partitions, Boulez utilise des générateurs de chiffres alléatoires, et je ne parle pas des musiques concrètes de Pierre Henri. D'ailleurs beaucoup d'oeuvres de musique contemporaine (et même moins contemporaine...) demandent un effort intellectuel pour être apprécié. La première écoute de certaines oeuvres peut rebutter certaines personnes qui, après écoute répétée finiront par apprécier l'oeuvre, parce qu'elle sera intégrée intellectuellement... ref. SyG, j'accepte ta réponse, mais comme certaines personnes l'ont fait remarquer, la définition d'art est assez subjective et la notion d'expression d'idée n'est pas forcément correct pour définir l'art. Quelqu'un a-t'il un dico sous la main ? ref. Fox: l'art n'est pas obligatoirement purement esthétique, et si on revient par exemple au Moyen Age, l'art n'y est présent la plupart du temps que pour célébrer Dieu, donc d'un point de vue presque propagandiste. De plus beaucoup d'artistes cherchent non pas à faire du beau, mais à exprimer quelque chose, qui peut même être laid...
|
|
|
|
Baudelaire cherche de la beauté dans l'image du mal... ça n'en reste pas moins de la beauté. Je maintiens que si je devais donner une et une seule fonction à l'art, je choisirais celle d'esthétisme. Ensuite, le mot a dérivé sur beaucoup d'autres terrains, soit... en perdant un peu son fonction première. Mais il y a deux façons d'aborder le problème : 1) Utiliser l'art comme support, comme moyen, comme prétexte, pour exprimer des idées politiques, culturelles, ou sociales (Les fables de la Fontaine, Les Châtiments, Les Caractères, ou toute l'oeuvre de Zola, par exemple, en littérature). 2) Témoigner, partager sa souffrance, s'en purger par la musique (John Lennon) ou l'écriture (Perec, puisqu'FX en parlait plus haut, dont la lecture est terrifiante) ou d'autres choses (je ne parle pas peinture, vu que j'y connais rien, mais on devrait aisément y trouver des équivalents). Sans aucune intention esthétique, simplement pour exprimer. "Vivre, témoigner, et l'oeuvre d'art viendra ensuite", dira Camus. Ensuite, c'est-à-dire quand quelqu'un aura découvert ces oeuvres et y aura trouvé de la beauté... suscitée pas forcément par l'oeuvre intrinsèque, mais par tout ce qu'il l'accompagne, le contexte historique ou pesonnel de l'artiste... Dès lors, elles gagneront leur statut artistique, mais pas avant à mes yeux.
|
|
|
|
Respect du post initial comme dirait Maxx... Je reviens sur les citations du debut: "les échecs, c est la vie" ou "les échecs, c est un art". On pourrait ajouter "Il n'y a pas de sport plus violent que les echecs" (Kasparov), pour elargir le debat. Tout ca veut simplement dire qu'il est possible de s'investir tellement dans cette activite qu'on y ressent a 100% les emotions de la "vraie vie". Et pour cause: cette distinction est abusive, oui,les echecs c'est la vie. Cela n'a rien de theorique, c'est une realite vecue par les pratiquants. Alors, ensuite, qu'on nous trouve egocentriques, orgueilleux ou autre, ca n'a pas grande importance, pour cette simple raison que ce comportement est on ne peut plus humain. Humain, trop humain, comme disait l'autre, ben oui, et alors? Les autres, ils font pareil, d'abord...
|
|
|
spedypierre mais je ne porte aucun jugemen,t sur la qualité de Kasparian!!! Ses études sont très INGENIEUSES, mais pas artistiques;si les échecs, c est la vie, il me semble que la vie est réduite à malgré tout assez peu de chose!(malgré tout l interet que je porte aux échecs!)
|
|
|
IDFX Dans le message où tu me réponds, comment comprendre le 2eme paragraphe?
J'imagine que ce que tu veux dire, c'est que, évidemment, n'importe qui n'aime pas n'importe quelle forme d'art, il faut s'y intéresser, y être investi, etc. Et il y a des gens reconnus comme légitimes et compétents pour juger de l'art, ce qui l'est, ce qui est pas (Schönberg est un plus grand artiste que Céline Dion, etc. :-) ). (j'en ai soupé de la Distinction.....) Et donc on ne peut pas se servir de l'idée de spontanéité. Mais pourtant, même si tu prends les gens qui s'y connaissent, même les plus doués, les plus instinctifs: en échecs, et, par exemple, en littérature: à la lecture de la première page de Musil, un type compétent donc, aujourd'hui, se sera rendu compte qu'il est pas en face d'une merde. Eh bien, quand Shirov a balancé son fou en h3, d'après les compte-rendus que j'ai lus, les autres joueurs à Linares ils ont mis du temps à piger que le coup était vraiment, vraiment bon.
J'espère que mes comparaisons tiennent le coup. En tout cas je suis prêt à en parler longtemps, même pour convaincre personne, malheureusement j'ai plus le temps aujourd'hui. bye.
|
|
|
navrant (ref idfx par exemple) encore un sujet debattu ou apparait le terrrrrrible "pour parler de X il faut le connaitre". NA VRANT enfin prenez pas ca mal. je connais rien en matiere de philosophie. donc mais remarques n'ont pas lieues d'exister.
|
|
|
lieues c'est une unite de longueur je crois.
|
|
|
orthographe mais je ne connais rien en orthographe donc mon post precedent n'a pas non plus de pertinence a vos yeux.
|
|
|
|
ref. toluap Je ne pense pas que toute oeuvre d'art doit être accessible au premier coup d'oeil, et nombre d'écrivain, de peintre ou de compositeur sont restés mésestimés pendant de longue période. Pour rester dans les exemples que je connais (la musique vous aurez compris), le quatuor qui devait créer certains des derniers quatuors de Beethoven ont éclaté de rire en voyant les partitions, car ils n'avaient rien compris, de même, les oeuvres de Bruckner n'ont eu que peu de succès de son vivant, de nombreuses personnes ont retouché les partitions pour les rendre plus accessibles, aujourd'hui on regrette le mal fait et on cherche à ne jouer que les originaux, Brahms a jugé extrêmement séverment une partition comme le Klagende Lied du jeune Mahler, oeuvre pourtant visionaire, et j'en passe. Fxh3 n'a pas été compris immédiatement, il n'en est que plus artistique à mes yeux. PS: toluap, je suis curieux de savoir où tu es en Autriche, moi je suis à Vienne
|
|
|
Stop!!!! On se prend pas la tête! Les Echecs est un jeu mais qui à un certain niveau est un art. Le problème est que certains joueurs en tirent une fierté et ces joueurs ne sont pas des "artistes" aux Echecs.Tous les goûts sont dans la nature et aucun ne prime sur l'autre.
|
|
|
|
dans le genre prétentieux, claclacla, tu te poses là t'arrives avec une phrase bancale, aucune réflexion de fond, et nous prends de haut. Zéro pointé. Je n'ai pas dit ce que tu dis que j'ai dit, j'ai JUSTEMENT essayé de nuancer ce type d'affirmation, c'est cent fois plus que ce que tu nous propose. Je ne dis pas qu'il ne faut pas parler d'un truc qu'on ne connaît pas à fond, mais qu'il faut être conscient des limites de sa propre compréhension de tel ou tel problème ou domaine avant de s'aventurer dans de péremptoires snetences. En particulier, une connaissance superficielle est plus dangereuse que pas de connaissance du tout, car on moins dans ce dernier cas on est plus disposé à l'écoute. Désolé si ma première phrase est agressive, ce n'est pas le genre de la maison, mais j'ai horreur qu'on me prenne pour une bille en me sortant des lieux communs en guise d'argument.
|
|
|
|
Ref Toluap D'accord avec toi, mais est-ce que ça ne rejoint pas mon argument sur le fait qu'il y a, aux échecs, une "vérité absolue" ? Auquel cas ça voudrait dire que je suis d'accord avec moi-même (ce qui m'embête, moi qui aime la polémique). Ce qui fait la valeur du Fh3 de Shirov (c'est extraordinaire comme ce coup est devenu le maître étalon de la beauté aux échecs), c'est à la fois son côté artistique (à la base, son aspect pardoxal -sacrifice- et original) et le fait qu'il correspond à une vérité absolue (c'est, objectivement le coup gagnant, et qui plus est le seul, dans cette position). Le deuxième aspect n'est pas évident à démontrer (mais ça a été fait par un bon stock de GMI, je crois savoir...) Donc, même si les échecs sont un art, c'est quand même un art bien particulier. PS complétement hors-sujet : du temps où je fréquentais la zdj, j'ai conversé avec un surnommé Musil (discussion littéraire sur nos pseudos respectifs...). C'est-y pas toi, par hasard ?
|
|
|
|
Je reprends une réflexion que j'ai formulée sur un autre post sur le même sujet. Pour qu'il y ait art, il faut intention artistique de la part du créateur. Le joueur d'échecs vise à gagner, pas à créer une
|
|
|
|
Et l'art brut alobert ? Penses-tu que les peintres des grottes de Lascaux savaient qu'ils faisaient de l'art? De plus, il est possible de considérer certains sacrifices comme une volonté de jouer une jolie partie, aggressive avec une 'belle' prise de risques. Je me rappelle il n'y a pas si longtemps dans les colonnes d'Europe-echecs, d'un GM qui disait avoir joué un sacrifice seulement pour faire plaisir au formidable public du tournois, n'est-ce pas une intension de jouer une belle partie 'artistique' ?
|
|
|
Dans le genre fout la merde Nan nan les echecs c'est pas un aret c un sport :-)).
Sinon Fox si t'as définition de l'art s'applique a un baudelaire elle n'est pas du tout celle de Sartre,entre autres ou de Celine(je dirais malheureusement ;-))).Je pense que l'art étant une fonction vitale,revoir les débats sur la peur du néant,sur l'angoisse existentielle. Sa définition est par nature ainsi changeante selon les civilisation, les époques et meme les individus.N'est il pas abusif de vouloir imposer ses normes artistiques aux autres???
|
|
|
|
re alobert il y a des joueurs dont l'intention avouée est au moins autant de créer une belle partie que de gagner. Bronstein par exemple. Il a des artistes dont le but est de gagner des concours, ou de l'argent. 1 partout, la balle au centre ;o) Il me semble qu'on peut parler d'art à partir du moment où l'intention esthétique prime. Après, il y a de bonnes oeuvres dart, il y en a des grandioses, mais la médiocrité, voire la nullité ont aussi leur part. Speedy, on ne sera sans doute jamais d'accord ;o) Il y a plus que de l'ingéniosité dans les études artistiques, au moins dans les meilleures d'entre elles. Et surtout, la satisfaction qu'elles procurent est d'ordre esthétique, c'est une émotion. Si tu ne le ressens pas comme ça, c'est que pour toi ce jeu n'est qu'un hobby, sans plus. J'ajoute que ta dernière réponse prouve que tu n'as toujours pas LU ce que j'avais écrit... et en efet, on est bien peu de chose. Si tu commences à partir dans cette direction, il va falloir me démontrer qu'il y a moins absurde que de jouer aux échecs pour passer le temps en attendant la Camarde, et ce n'est pas si simple comme démonstration. Confidentiellement, afin d'être bien clair, j'avoue que pour moi, les échecs ce n'est qu'un jeu. Cette discussion également :oD
|
|
|
Idfx Tu as trouvé une expression qui me plaît beaucoup : on "joue" aux échecs en attendant la Camarde, voire certains "pour" attendre icelle. Autrement dit, c'est un jeu que ta jolie phrase replace dans la perspective de la tragédie de la condition humaine. Bon, je n'ai pas très bien compris si tu fais tienne cette idée ou si tu la mentionnes ironiquement, mais elle me plaît et me donne à réfléchir.
|
|
|
|
Si je la fais mienne? ben, oui, of course, qu'est-ce qu'on fait d'autre (nous autres mécréants, j'entends...) que de passer le temps comme on peut? Je sais , c'est triste comme vision du monde, mais bon... En tout cas, les échecs ce n'est pas pire i plus bête qu'autre chose dans cette perspective-là. Et du reste, dans une perspective plus optimiste (i.e. la vie a un sens...), c'est encore mieux. Evidemment qu'il n'y a pas QUE ça, mais ça n'est pas une raison pour ne pas prendre les choses au sérieux (et SE prendre au sérieux, après tout).
|
|
|
|
C'est curieux Déjà 56 posts, et pas une invective, c'est plutôt rare ! Quelques compléments à ce que j'ai pu dire : - comme le dit alobert, l'art se définit par l'INTENTION esthétique de l'artiste (pour moi, art et intention esthétique sont synonymes). Cela range, indubitablement, tout la composition échiquéenne dans le domaine de l'art, que l'on aime ou non ! - en revanche, ça exclut à peu près la partie d'échecs du domaine artistique. Reste qu'au moment du commentaire d'une partie, le commentateur peut souligner les qualités esthétiques d'un coup en même temps que sa correction (je souligne à nouveau l'importance de cette notion de vérité, ou correction, absolue d'un coup d'échecs). - Pour chessisfun : pas sûr que le joueur d'échecs n'utilise pas le jeu pour véhiculer des idées. Historiquement, certaines "modes", certains style, étaient liés aux idées des joueurs. J'ai trouvé des exemples depuis mon précédent post. Philidor, qui fut (plus ou moins) le premier à avoir une approche systématqiuement rationnelle du jeu d'échecs, est à comparere avec un philosophe des lumières. Je crois savoir qu'il est le rédacteur de l'article "échecs" de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (si quelqu'un possède ce texte, il m'intéresse) (si je me trompe et que ce n'est pas Philidor, merci de me rectifier, aussi !) Les joueurs d'échecs "romantique", Anderssen, Morphy, ne s'appellent pas "romantiques" pour rien : primauté du spirituel sur le matériel, admiration de la force brute et du courage... se comparent avec les valeurs du romantisme. Par la suite, le retour à la systématisation (ah, Tarrasch !) est une forme de "positivisme" appliqué au jeu d'échecs. Donc, oui, d'une certaine façon, le jeu d'échecs peut véhiculer une vison du Monde (autre définition possible de l'art). Ca sera tout pour aujourd'hui, merci de votre attention !
|
|
|
pour une fois que je suis d'accord avec alobert...:-) en fait tout cela est plutôt compliqué. J'en ai déjà parlé plus haut donc je ne me répète pas, simplement, ) mes yeux, quand Sartre écrit un bouquin, sans intention esthétique, il ne fait pas de l'art, il écrit, point. Ensuite il peut venir quelqu'un pour y trouver de la beauté... alors l'oeuvre peut éventuellement s'élever au rang d'art... mais pas avant.
|
|
|
re pessoa tu oublies une chose à propos de la partie d'échecs. Tu cherches peut-être à jouer le meilleur coup que tu trouves à chaque fois, mais certains grands joueurs ont suffisamment de marge et de créativité pour jouer des coups qu'il ne considèrent pas comme plus forts, mais simplement plus beaux, plus intéressants ou autre. Evidemment, tout le monde peut faire ça avec une position largement supérieure, mais certains s'autorisent des trucs juste pour la beauté du geste, en mettant le résultat de côté. J'estime que c'est une démarche de type artistique.
|
|
|
|
Ah ah ! c'est reparti ! ... Revoilà la fameuse "intentionnalité" ! Chère aux opposants à l'IA forte et cette fois à la rescousse des insensibles à "l'art" dans les échecs. Bon, vous me pardonnerez ma fainéantise conjoncturelle, trop occupé et fatigué ces jours-ci pour m'y remettre, je vous ressert ce que j'ai déjà écrit par ailleurs : Jz voudrais cependant revenir sur un point avancé pour définir ce que serait "l'art" par opposition au "simple sentiment esthétique", à savoir "l'intentionnalité". Je pense que ce n'est tout de même pas aussi simple que cela. Tout d'abord, il me semble curieux, pour ne pas dire fallacieux, de vouloir les séparer, l'art n'existant tout simplement pas sans sentiment esthétique. Quid de tous ces objets souvent domestiques, issus de toutes les cultures, dont "l'intentionnalité première" évidente était purement fonctionnelle et pratique qui remplissent nos musées, que nous considérons pourtant comme des "oeuvres" artistiques ? Justement parce que nous, ici et maintenant dans notre culture occidentale, et cette démarche étant récente dans l'histoire de l'humanité, avons développé la notion de "art pour l'art". Mais les "créateurs" de ces objets n'avaient pas cette démarche. Ils ne faisaient pas cette séparation, que l'objet soit "en plus" beau et agréable allait de soi. C'est de ce "en plus" dont il est question ici dans notre activité. Maintenant, comme il a été dit plus haut par d'autres, c'est la "qualité" du regard que nous portons sur les choses qui détermine comment nous allons les qualifier. Il est de plus évident que ce regard sera lui-même déterminé (dirigé) par la "sensibilité" de celui qui regarde. Et là, il est manifeste, indéniable, que nous ne sommes pas tous "sensibles" de la même manière, avec la même intensité, aux différentes compoantes de nos activités. Et heureusement sinon nous serions dans une monotonie épouvantable. Quelques citations : - A. Alekhine: "Pour moi, les échecs ne sont pas un jeu mais un art." - D. Bronstein dans les années 50 en parlant des joueurs du futur: "...leur travail, qui conduira les spectateurs jusqu'à l'extase, sera apprécié pour lui-même et non les résultats. Le public les verra comme des solistes avec un orchestre de pièces et non comme des vainqueurs ou des vaincus. " Pour lui, catégoriquement c'est un art. (cité par M. Euwe, Avant-propos de "L'art du combat aux échecs" de D.Bronstein). - Botvinnik disait en comparant les échecs à la musique:" Il existe une science dont le but est l'étude de l'acoustique et des sons. Mais il y a aussi un art qui se sert de l'océan des sons : c'est la musique. De toute évidence, il en est de même pour la pensée. La logique est l'étude des lois de la réflexion et les échecs reflètent, en tant qu'art, le côté logique de la réflexion, sous la forme d'images artistiques... " Extrait de " Fischer - Spassky, Reykjavik 1972 " par Alexander & F. Wyndham (Ed. Solar), p 37. On pourrait multiplier les déclarations de joueurs de haut niveau sur ce sujet. Pourtant ils ont tous besoin par nécessité de privilégier le "calcul", la "technique" pour avoir ce niveau, mais malgré cela c'est la composante artistique qu'ils mettent en avant, alors qu'en conclure ? Je terminerai avec cet avis personnel : Pour moi, les deux activités (échecs et musique) sont des manifestations de la pensée symbolique. En cela ce sont des arts, car ils expriment chacun sous leur forme propre une harmonie de "mouvements". La musique n'est que mouvements: mélodiques, rythmiques, harmoniques, de timbres (couleurs -> orchestration). Tout cela créant des "tensions - détentes", qui seront résolues ou non de manière calme ou dramatique, comme aux échecs où les mouvements stratégiques et tactiques créent de manière identique des "tensions" (menaces), qui seront également résolues de manière calme (parées) ou dramatique (réalisées). Dans les deux cas nous pouvons reconnaître des "formes", "motifs" ou "thèmes" identifiables et classifiables qui donnent aux oeuvres/parties leur caractère, leur style (dépendants aussi bien sûr de la qualité des interprètes/joueurs). Le plaisir esthétique procuré par la perception de ce genre de "motifs" est propre à tous les hommes, c'est l'essence même de ces activités, et est révélateur de la nature/spécificité de l'esprit humain. Le succès populaire, l'attirance universelle pour ces deux activités ne peut s'expliquer autrement. Il n'est nul besoin d'être spécialiste ou professionnel pour avoir accès à la beauté d'une oeuvre musicale ou d'une partie d'un Grand Maître. Bien sûr, pour saisir toutes les subtilités techniques de l'intérieur, il faut avoir beaucoup étudié et pratiqué soi-même; on aura alors accès à d'autres aspects du plaisir. Mais pour la majorité des amateurs (qui aiment) ce n'est pas indispensable. Les salles de concert comme les salles de tournois seraient vides, les producteurs de disques comme les éditeurs de livres d'échecs feraient faillite s'ils ne s'adressaient qu'à la minorité de l'élite capable de tout comprendre et analyser, ce qui n'est manifestement pas le cas. Comment expliquer que tant de gens se lancent dans la pratique/plaisir de ces activités s'il fallait attendre d'avoir un niveau élevé pour en tirer la moindre satisfaction ? Tout ceci se trouvant dans un fil initié par Cerbere et s'intitulant Les échecs et l'Art Lecture recommandée ! D'autre part, pour compléter la réflexion celui-ci n'est pas mal non plus et aborde ègalement le sujet: les Echecs comme métaphore en Sciences dites exactes par Emile D'ailleurs, où est-il passé celui-là ? Hou hou ! Emile !
|
|
|
Ref Syg "...les compositeurs s'attachent à créer une position dans un thème purement échiquéen, mais à ma connaissance personne n'a tâché de bâtir une position exprimant, par exemple, son désarroi face à la déshumanisation du monde moderne."
Ben si, moi. J'ai créé une étude avec un mat en 66 coups que seul un ordi peut trouver. Et la signification profonde de mon étude (qui repose entre autre sur le nombre de coups pour le mat) était justement de souligner mon désarroi face à la déshumanisation du monde moderne échiquéen. Mais bon.... je n'ai pas eu beaucoup de succès... bobov, artiste incompris.
|
|
|
ref tapio et ref pessoa J'ai abandonné depuis longtemps cette vaste discussion, qui en amène d'autres, et des avis intéressants de partout, etc. (longtemps, c'est-à-dire depuis hier :-) ) Mais enfin je vous répond,
à tapio: je suis à Vienne également, à l'université; euh, si tu veux je peux te donner une adresse e-mail.
à pessoa: non je n'ai jamais pris ce pseudo sur la zone de jeu! cependant j'adore évidemment Musil, et Pessoa aussi remarque. :-) D'autre part cher pessoa, je suis ravi de t'avoir mis en accord avec toi-même!
|
|
|
|
ref toluap (HORS SUJET) Oh c'était plus de la curiosité, bien que j'aimerais bien me retrouver face à un adversaire humain, mais de toute façon avec le boulot de fou que je fais je n'ai pas vraiment de temps. Si tu veux me contacter, je vais ajouter mon email à mon profil pour quelques jours...
|
|
|
|
m...., Yvap on n'est pas sortis de l'auberge, c'est malin ;o) Deux-trois petites choses: - la beaute du geste, c'est parfois "en plus", je parlais des cas ou c'est "a la place de", c'est tres different, justement parce qu'on a le choix.
- mettre une boite de conserve sur les rayons d'un musee, ce n'est pas l'Art pour l'Art. Warhol voulait deux choses au moins: proposer un regard neuf sur le monde du quotidien, lui redonner une valeur; et remettre en question la notion d'unicite de l'oeuvre. Il n'y a pas d'original dans ses serigraphies, pourquoi l'original aurait-il plus de valeur qu'une reproduction? Parce que le marchand le veut ainsi. Mais on devie... Entre parenthese, en litterature, un manuscrit, ca tente le collectionneur, mais n'importe quelle edition comprenant l'oeuvre integrale, meme en poche, offre au lecteur l'integralite du genie de l'auteur. Idem pour les parties d'echecs les plus grandioses: onpeut les telecharger en deux clics.
- je ne suis pas trop itervenu dans echecs et musique, ;ais je lis souvent des comparaisons avec "la musique, par exemple". Non. La musique n'est pas un exemple, c'est un cas tres a part car absolument universel et accessible a tous les degres, partout, depuis toujours. On y trouve des formes populaires et d'autres tres pointues, on y exprime directement des sentiments, des emotions, voire des "choses" (L'eau... cf Debussy). Il est vrai qu'a cet egard, les echecs c'est nettement plus limite, mais pas suffisamment pour qu'on ne puisse s'en servir pour une forme de creation artistique, moi je dis.
|
|
|
ref idfx vous prenez tjs tout mal!voila qq extraits de tes ecrits (idfx):-ce qui était d'ailleurs l'avis de Marcel Duchamp, entre autres... il s'y connaissait en art, ou pas, le Marcel?-je veux juste dire que cet argument ne tient pas, parce qu'il n'est fondé que sur TA vision des choses, mais elle n'est pas partagée par tous-C'est un truc qui m'a (presque)fait bondir dans l'interview d'E-A Schmitt, EE de novembre, parce que visiblement il a encore du chemein à faire avant de goûter vraiment ce jeu.-Tu as raison, les gens qui mécondidèrent les auteurs que tu cites peuvent être considérés comme incompétents.-Eh bien je dis que tu n'es pas suffisamment compétent en matière d'échecs, sans quoi tu n'écrirais pas des trucs comme ça.-Bien sûr que tu connais Kasparian. Comme je connais Gide, j'imagine. Un peu. C'est ça le problème: quand on ne connaît pas du tout, on sait qu'on ne sait pas [], mais quand on connaît un peu un truc, on s'autorise parfois à croire qu'on le connaît suffisamment pour porter des jugements, disons, à l'emporte-pièce, pas trop nuancés.tout ca vient de toi. d'autres ont ecrit ce genre de propos. c'est horrible! PERSONNE ne connait parfaitement un auteur! qui a lu le journal intime de zola?????? non si quelqu'un ne connait pas un sujet a fond et qu'il donne son avis et/ou porte un jugement completement erronne a cause de sa culture incomplete et bien c'est le role de celui qui s'y connait plus de le corriger. mais surtout il FAUT, c'est NECESSAIRE, c'est dans l'INTERET DE TOUS, c'est FONDAMENTAL que l'ignare donne son avis! je sais pas comment le dire plus clairement. en tout cas un jugement a l'emporte piece, pas trop nuance emis par un abruti a toujours mieux valu que l'avis formel d'un expert. c'etait completement hors sujet. mais des propos m'ont choques et j'ai repondu. j'aurais bien ecrit un message perso pour toi, mais tu n'as pas laisse ton adresse email. a+ ps: qu'est ce que j'ai ecrit d'arrogant? critiquer quelqu'un c'est de l'arrogance?
|
|
|
|
On est ici dans le domaine du ressenti, et donc il est difficile de mener un débat étayé par des arguments rationnels. Comme tout le monde, je suppose, je peux trouver un coup ou une position esthétiques, comme les amateurs de foot peuvent trouver tel but ou telle passe esthétiques. Il n'en reste pas moins, quoi qu'ils en disent, que le but des joueurs d'échecs ou de foot n'est pas de créer une
|
|
|
Ma parole, il va pleuvoir, Fox ;-) (petit proverbe wallon cité à l'occasion d'un événement extraordinaire)
|
|
|
re claclaclaclaclaclacl.... tu as ecris "NAVRANT"... et tu n'as toujours pas lu ce que j'ai ecrit pour ma part. Je ne dis pas qu'il faut être une sommité pour l'ouvrir, sinon je ne me permettrais de parler ni de littérature, ni d'échecs ;o) Je dis simplement que si on est ignare, il faut en être conscient, si on en sait un peu, il faut prendre en compte que "un peu", ça fait pas des masses, et si on en sait beaucoup, c'est bien d'avoir la délicatesse de ne pas trop la ramener et prendre les autres pour des nazes sur le sujet en question. Je fais des efforts pour nuancer mes propos tout en les formulant de façon un peu provocante pour que ça bouge un peu, alors zutre, faut LIRE TOUT LES MOTS.
|
|
|
oui, Alobert A ceci près que l'on confond dans NOS raisonnements "art" et support d'oeuvre d'art. je fais le même distinguo que toi sur l'intention esthétique (ce qui ne signifie pas toujours "faire du beau"). Mais qu'est-ce qui nous empêche de considérer les règles du jeu comme des contraintes, au sens OuLiPien du mot, dont le gain ne serait qu'un avatar ? Si j'écris un sonnet en respectant les contraintes du genre (métrique, etc), j'aurai fait un sonnet. Sera-ce pour autant de l'art ? S'il est réussi, oui, sinon non, indépendamment du respect initial des contraintes du genre. Disons, pour simplifier, que notre distinguo (l'intention esthétique) sert à distinguer l'art de l'artisanat (une belle commode artistique, par ex, dont la fonction n'est pas d'être belle mais d'être commode). Le coup "beau mais perdant" répond à l'intention esthétique et non à la contrainte "gagner". En revanche, l'étude a pour contrainte des critères esthétiques (crois-je savoir), et c'est dans ce domaine qu'il est légitime de parler de forme d'art, du moins de support artistique. Bronstein flattait peut-être son ego (c'est tellement plus "noble" d'être artiste plutôt que joueur...), mais de toutes façons il ne faut pas prendre pour argent comptant les maximes du genre "les échecs c'est la vie". Ca a beau avoir été dit par l'autorité suprême aux échecs, ça n'en demeure pas moins une idiotie (ça fait 8 ans que je ne perds pas une partie en modalité classique, mais ça fait 42 ans que ma vie est un désastre !) :o)
|
|
|
ref idfx tu persistes.... et qui te dis que tu en sais peu ou beaucoup! moderer ses propos quand on en sait peu et declarer "je suis formel" quand on sait tout c'est une chose utopique! completement! je me repete: comment mesurer la quantite de connaissance qu'on a d'un sujet?????? tu dis: si on est ignare il faut en etre conscient. soit mais apres? tu peux encore l'ouvrir ou pas d'apres toi quand tu sais que tu es un ignare? je suis entierment d'accord avec toi quand tu dis "c'est bien d'avoir la délicatesse de ne pas trop la ramener et prendre les autres pour des nazes sur le sujet en question." tu disais ca pour quand un ignare parle. mais d'apres ta logique des choses (corrige moi si je me trompe) quelqu'un qui a plus de connaissance peut le faire... c'est NAVRANT ;-)d'ailleur je te repete que j'ai rien contre toi et je suppose que si c'etait le cas tu ne dormirais pas moins bien, mais si j'ai ecrit navrant c'est que je trouve que beaucoup de choses ecrites dans ce post l'etaient.a+
|
|
|
Oui, Nemi, bien d'accord Les contraintes sont partout, pas seulement à l'OuLiPo : il y a celles du support en peinture, de la matière en sculture, etc.
|
|
|
oui, en effet J'ai voulu souligner que la recherche du gain aux échecs était une contrainte (j'ai dit OuLiPienne pour simplifier), que l'on pouvait rechercher la beauté (ou d'autres sentiments) à l'intérieur de ces contraintes, mais ça ne fait pas partie "intrinsèquement" des règles (l'esthétique). Personnellement, ce débat m'interroge d'avantage sur la nature de l'art que sur celle des échecs...
|
|
|
|
claclacla en fait ce que je disais, dans TOUS les cas, c'est qu'un peu de modestie ne fait pas de mal. Le côté ironique de l'histoire c'est que c'est aussi ce que voulait dire speedypierre, et apparemment tu n'en es pas loin non plus... Quant à mesurer la "quantité" de connaissance (je parlerais plutôt de "qualité") qu'on a d'un sujet, ben c'est une question de sensibilité, il faut procéder à des ajustements, et le débat sert à ça. Moi j'ai pris le post initial comme "les joueurs d'échecs (groupe dont l'auteur,visiblement, s'exclut) se la racontent, alors que ce qu'ils font c'est tout petit, regardez, je vole quand même vachement plus haut (cf aussi profil de notre ami)". Et je dis qu'il se la joue pas mal lui-même, d'une, et que son opinion n'est pas étayée, et que de son propre aveu il est bien plus compétent (littérature)dans un champ que dans l'autre (échecs), ce qui à mon sens déséquilibre son jugement. Pas grave, il va grandir ;op
|
|
|
La preuve... ... que les échecs sont un art ? Les nulles de salon de Dorfman me font penser aux monochromes de Klein ;o)
|
|
|
d mais pour moi les
|
|
|
la composition par contre est un art. Et comme tout bon art, il est futile (contrairement aux
|
|
|
lol tu proposerais peut
|
|
|
mmmh disons mon futile voulait dire que le but de la composition c'est la composition elle meme, c'est juste la cr
|
|
|
les De quoi s'
|
|
|
Les echecs sont moins riches que le football, ca veut pas dire que c'est moins complexe ca veut dire qu'il y a une v
|
|
|
on dirait que ca ferait mal au coeur a certain d'admettre que les sont un jeu .. Mais le jeu, c'est pas "mal"..
|
|
|
pour parler de richesse .... ca n'a rien a voir qu'avec les medias le football est m
|
|
|
Pour l'orgueil c'est une bonne remarque je trouve c'est vrai que c'est assez
|
|
|
quelle tristesse de vivre dans de telles certitudes...
|
|
|
Hmmm, m
|
|
|
En tout cas, pour avoir lu ce forum pendant plus d'un an sans y participer, j'ai remarqu
|
|
|
arg pas fini le message Apr
|
|
|
La preuve que les
|
|
|
oui pessoa et la citation de karpov j'aime bien aussi
|
|
|