47 ans, cidre, menhirs, embruns.
Je viens ici depuis 2001, donc avant toute chose il faut me respecter.
D'un point de vue échiquéen, je me sens comme le fils spirituel d'Anatoly Karpov et de Mikhail Tal,
le talent en moins et la nationalité française en plus (ce qui équilibre la balance).
Je ne suis pas un fou de compétition : à la rigueur, je préfère gagner une jolie partie plutôt que perdre une partie pourrie.
Sur Internet, avec une seconde par coup, on ne peut même pas abandonner, sinon on perd au temps.
Toujours sur Internet, j'ai récemment joué un 30 secondes KO. Avec une Dame de moins, mon adversaire n'a pas abandonné :
quel manque de respect ! J'ai donc promu tous mes Pions avant de le mater (pas très malin, je l'avoue).
Expliquez-moi ce paradoxe : je ne joue jamais aussi mal que lorsque je crois voir une combinaison.
C'est vrai, j'ai perdu cette partie. Mais les albatros eux-mêmes parfois s'arrêtent de planer.
De toute façon, même s'il pousse en c5, il y a tellement de réponses possibles, ce serait bien le diable si aucune n'était bonne.
Je déteste les ouvertures, les récitations théoriques. Après les premières erreurs, enfin, on est dans ma partie.
Les gens trouvent que les joueurs d'échecs sont des doux dingues,
les joueurs d'échecs trouvent que les amateurs de composition échiquéenne (c'est déjà dur à dire) sont des doux dingues.
Mais ce n'est pas grave, parce que nous, les amateurs de composition échiquéenne,
on trouve que les gens sont des doux dingues.
Tous ceux qui m'ont battu le disent : j'ai un fond de jeu très intéressant.
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