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Les chemins de la mémoire par PhilippeJoussim le 12 avril 2016  [Aller à la fin] | Théorie |
En passant en revue des positions dans un manuel tactiques, je tombe sur celle ci-dessous, et je me dis « Ah ! Cette position, je la connais et je l'ai déjà dans ma base », je me rappelle aussi qu'il y a un yougoslave dans l'affaire. Je vais vérifier, la partie opposait Samuel Reshevsky contre Bozidar Ivanovic en 1967. Et là je me demande « Mais comment se fait-il que je me rappelle qu'il y a un yougoslave dans l'affaire si je ne me rappelle pas du nom des joueurs ? ». En fait j'avais rejoué la partie, et je m'étais ce commentaire sur le style de jeu des noirs « Ah ! Celui là il joue vraiment comme un yougoslave » (il y a un coté un peu échecs de rue chez les yougoslaves).

Quand on fait beaucoup de combinaisons, on voit tout de suite que Cg3 gagne, et que le mat est inévitable, on peut dire que c'est un schéma assez fréquent. Sur ce problème de l'assimilation de ''pattern'' je pense qu'il y a une grande incompréhension. J'ai entendu dire que si les bons joueurs étaient forts, c'est parce qu'ils possédaient un éventail schémas tactiques plus ou moins appris par cœur. Même si c'était lors d'une discussion de bistrot, cette vue exagérée témoigne d'une grande incompréhension sur le rôle de la mémoire, incompréhension qui pourrait malencontreusement se trouvée renforcée par les études de De Groot, Chase et Simon, qui ont donné la théorie du chunking.

Tal dans une partie contre Reshevsky, fait un sacrifice, le jeu devient très compliqué, et il reste très peu de temps à Reshevsky. Tal explique qu'il voit Reshevsky, jouer automatiquement tous les bons coups, comme si il était guidé par sa main. Il ne faut donc pas avoir une interprétation simpliste de la théorie du chunking, parce qu'on ne peut pas dire que Reshevsky était en ''situation connue'', et d'autre part il n'avait pas le temps de bien calculer, pourtant il a joué tous les bons coups.

J'ai un copain, fort joueur, qui a une méthode, il prend un manuel tactique, il résout tous les problèmes de A à Z, puis une fois terminé, reprend à zéro, et le but c'est de résoudre les mêmes problèmes, mais plus vite. Je sais que souvent je me retrouve devant des positions tactiques que j'ai déjà résolu, et je ne vois pas les coups, je suis forcé de reprendre à zéro, comme si je n'avais jamais résolu cette position, et pour cette raison sa méthode m'a interpellé.

J'ai essayé un peu, et je n'ai pas eu une impression très positive, et surtout, je pense que c'est un indicateur très sérieux sur la validité des méthodes d'apprentissages, je n'ai pas eu de plaisir. Je pense en fait que dans l'entrainement tactique, la nouveauté est très importante, et je suis persuadé qu'il est très important d'éviter les répétitions pour apprendre, et que par exemple la meilleure méthode pour bien jouer les ouvertures, tant que l'on n'est pas à haut niveau où il y a des préparations théoriques, c'est de jouer de nombreux systèmes d'ouverture.

Les commentaires de Tal sur Reshevsky, montre bien qu'ils existe des processus inconscients dans la prise de décision, mais qui reposent sur une mémoire ''dynamique'', ou une mémoire ''créatrice'', je ne sais pas comment la qualifier, je dirais une mémoire ''qui fait plus que ce qu'elle a stocké'', en tout cas c'est une explication pour expliquer la rapidité avec laquelle a joué Reshevsky. D'où l'importance dans l'apprentissage, de systématiquement cultiver la nouveauté.



Rachmani, le 12/04/2016 - 13:42:16
Comme dirait un GM, un des meilleurs moyens de parler d'échecs, est parfois de parler de tout autre chose.

En piano, après être passé par l'école russe, voilà ce que mon prof m'a enseigné voici la méthode :
- doigter chaque "main" : sur toute la partition, positionner chaque main séparé, trouver les positionnements pour chaque main. Noter de 1 à 5 sur la partition par quel doigt sera joué chaque note.
- chanter les notes, en disant leurs noms, en rythme, sans piano.
- jouer chaque main séparé, en rythme, lentement, en chantant les notes en disant leurs noms.
- jouer une main, et chanter l'autre main en disant le nom des notes.
- jouer deux mains ensembles.
Pour tout passage mal appris, reprendre à l'étape 2.
Ce processus très long, à plus de 1h par soir pendant 2 mois, pour un morceau de seulement 4 pages offre la possibilité de retenir son morceau avec une très longue mémoire.
C'est une professionalisation de la préparation.
En parallèle, on avait jusqu'à 1H de cours par semaine pour suivre. Cette heure de cours occasionnait plus de 1h de boulot par soir pendant une semaine.

Pour revenir aux échecs, j'apprécie beaucoup le simple conseil suivant :
- prendre le temps de poser la position sur un plateau.
- Résoudre les exercices en écrivant les solutions sur papier.
- réaliser des séries d'exercices. Par 20 ou 70 sans regarder la correction. Confier ses réponses à un correcteur qui ira commenter nos réponses. Pour la mémoire, l'effet est là.
D'autre part, d'aller au bout de sa conviction, de son essai est un marqueur cérébral plus fort.

Autre approche,
- chercher un exo, en continuant à calculer et voir la position dans sa tête pendant qu'on continue son train train quotidien.
- faire de tête le mouvement d'un cavalier de la case a1 à h8...


Julo62, le 12/04/2016 - 14:00:31
Pour la dernière phrase, j'en ai vu qui suivaient des troupeaux de chevaux lancés à plein galop, en regardant le plafond ou le vide.
C'est assez surprenant, voir un peu effrayant...




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