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Les entraînements qui font progresser par Rachmani le 05 juillet 2014  [Aller à la fin] | Théorie |
Bonjour.

Cet article va peut-être rabâcher du déjà vu dans certains posts récents.
Pourtant la répétition est nécessaire.
On plafonne à un niveau ?
On arrive pas à progresser ?
Ce que j'entends : "je plafonne", "j'arrive pas à progresser".
c'est que pour le grand public, la tactique et la stratégie sont a peu près les deux seuls mots connus.
par exemple, le bon du tigre au delà de 1600 elo (et autres bouquins de A Yusupov) aborde plein de sujets. Ils ne garantissent pas la progression. En revanche, ils vont essayer de lever des points de blocage pour la suite.
Si la base est pas claire dans la tête du joueur, impossible de progresser.

Et puis, je vois un 1900 elo très positionnel.
on a parlé des thèmes suivants :
- le pion isolé dame,
- l'attaque sur le roque,
- les finales simples (pion + roi vs roi...)
- les finales un peu plus complexes (avec fou, cavalier, ou tour).
- quelques structures de pions dans les ouvertures,
- quelques rivalités fou cavalier.
- pour approfondir la tactique : Poser la position d'un diagramme sur un échiquier et chercher la solution profondémment.
- Si on travaille sur un position combinaison tactique trop dure, regarder ce qu'on a pas vu. Revenir au début de la position est réessayer de visualiser ce qu'on qu'arrivait à visualiser. après quelques pièces en moins, il y a une compétence de visualisation à intégrer.
On revient toujours à une idée de base qui déclenche la combinaison.
Comme du chantage, voir le mat. Et puis, si l'adversaire peut l'éviter, la meilleure alternative pour lui.
Gain en jeu : ca apprend à ne pas jouer en priant que ca passe. Ca apprend à voir les meilleures réponses possibles venant d'en face.
- identifier le coup perdant dans une partie.
voir avec un fritz ou houdini, le coup ou le camp qui a l'avantage perd le trait (ne pas regarder la ligne d'analyse).
Remettre la position sur un échiquier et jouer autre chose sans regarder le pc. Un fois le coup trouvé, regarder si cela améliore le score.
Si le score ne s'améliore pas, remonter dans la partie et trouver où est-ce qu'on est arrivé à une voie sans issue.
- dans les analyses de parties par le pc, mettre la position sur l'échiquier et regarder ce que change que le premier coup dans la variante proposée par le pc. Essayer de voir aussi la première réplique de l'adversaire.
- une petite litanie : "long variation, wrong variation". de longs calculs, de mauvais calculs.
Si au moins le mat ou la combinaison n'est pas là, l'amorce donne l'orientation.
Ainsi on se rapproche de la compréhension des coups de MI/GM.


Rachmani, le 06/07/2014 - 10:38:48
une autre technique sur les ouvertures (peut-être un peu innovante), c'est rechercher les quelques ouvertures ou on a des angles morts.
ca permet aussi de voir autre chose que le milieu de jeu ou les finales de manière isolée.

Pour découvrir ses points faibles, on peut essayer tenir face un adversaire fort (joueur réel ou IA tactiquement agressif), donc >300 elo à son niveau.
exemple :
- gambit roi avec les deux camps (pas facile de mener l'attaque avec les blancs, pas facile de tenir avec les noirs).
- gambit dame accepté et refusé : deux lignes de vies très distinctes. Avec les noirs, il y a pas mal de panneaux dans lesquels il vaut mieux ne pas tomber.
- caro kann, variante d'échange ou non.
- début en c4 ou f4.
- est/ouest indienne.
avec IA, j'essaye de jouer au moins une dizaine de parties sur la même ouverture avec un camp et de tenir l'évaluation à l'égalité.
Si on travaille avec une IA, privilégier l'adversaire qui sanctionne tout de suite s'il y a une faute tactique. Remarque : tenir l'égalité signifie que si l'adversaire fait lui-même une faute, on peut le sanctionner (si on sait faire).

D'abord jouer sans regarder la théorie, ca permet de tester les idées simples.
Au début, le meilleur théorique, c'est pas son style de jeu. C'est en jouant qu'on se découvre.
Si un adversaire innove, on apprend à s'adapter.
Enregistrer les parties, ne pas hésiter à commenter sur le moment. C'est précieux pour faire ressurgir les idées de la mémoire et surtout de voir comment on visualisait cette position à ce moment là. Ca permet de mieux cerner notre maturité/nos erreurs de schémas si on les détecte plus tard.

Autre avantage : ce n'est plus le gain de la partie qui compte, mais savoir qu'on apprend à tenir sur une ouverture.
Arriver à tenir l'égalité sur une ligne sur un nombre croissant de coups, c'est s'offrir plus de chances de survie.

Exemple personnel :
Je n'aime pas la théorie des ouvertures.
Il paraît que je fais beaucoup de fautes théoriques.
Face à un houdini à 2400 elo, le plus loin que j'ai tenu, c'est 18 coups sur le gambit dame refusé sur une ligne. C'est encourageant.
Je suis entre 1500 et 1700 elo. Ca signifie que pour un adversaire jusqu'à 2000 elo, il aura un mur jusqu'au 12e coup.
J'ai une autre partie ou j'ai perdu en 12 coups (pas de mat direct mais perte d'une qualité). je sais que je peux jouer cette ouverture, j'apprendrai à y survivre.

Ne pas tenir moins de 10 coups sur une ligne d'ouverture, c'est qu'il y a du boulot que sur celle là.
Tenter de survivre avant de ressortir la théorie, et trouver soi - même des réponses, ca permet ensuite de mieux voir ce que raconte la théorie sur le sujet.

Une autre approche : travailler uniquement les structures de pions sur les ouvertures et les positionnements des fous/cavalier.
au bout du 5e et jusqu'au 15e coup, potasser la théorie des structures de pions et voir les faiblesses qu'on s'est infligé.

On peut regarder ensuite du côté du pion isolé dame (s'il y en a) et des velléités d'attaques sur 0-0 (roque roi court).

On peut aussi se focaliser sur la qualité des échanges, et regarder si on bascule en finale avec la question : l'échange nous a - t - il été bénéfique.


Rachmani, le 06/07/2014 - 10:44:36
Une autre vision encore :
une application directe de la théorie des finales, c'est tenir la nulle sur une ligne de stratégie théorique.
C'est à dire que même sur un >500 elo que nous, on peut annuler dans ce cas spécifique. Et là, en tournoi, on peut prendre des points.

Si un adversaire de son niveau fait une faute en finale, on sait annuler ou renverser l'issue de la partie.
Ca peut donc bien servir de s'entraîner sur des finales.

Le schéma type : prendre une position de finale et se poser des questions. On harcèle une pièce ? on se lance dans une quête de promotion ? on empêche l'adversaire de soutenir ses fantassins (dangers de futures promotions).

Le fond derrière tout cela reste le même. mettre la position sur un échiquier et passer du temps à se poser des questions ?
A force, les schémas se relient et mûrissent.

Et puis, face aux IA, c'est intéressant d'avoir des bases solides. On voit mieux si l'adversaire est trop agressif ou trop positionnel.
L'avantage de perdre : plus on perd, plus on détecte tout de suite si l'adversaire est trop indulgent.
L'indulgence feinte ou involontaire, c'est la voie de l'imprécision, et de l'erreur à venir d'en face.



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