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Lettre ouverte au Comité Directeur de la F.F.E. par grandesorciere le  [Aller à la fin] | Actualités |
Mesdames et Messieurs les membres du Comité Directeur de la Fédération Française des Echecs,


Le Comité Directeur des 16 et 17 juin 2012 a décidé de revenir sur sa décision d’organiser à terme toutes les finales nationales scolaires sur internet. Ainsi, la pérennité de la finale nationale des écoles sous forme de rencontre physique a été réaffirmée ce dont nombre de personnes vous remercient.

Malheureusement, le Comité Directeur a également tranché sur le sujet des finales nationales collèges et lycées en votant leur arrêt pur et simple dès la saison prochaine. De la sorte, les organes déconcentrés de la F.F.E. (Comités Départementaux et Ligues) auraient néanmoins toujours obligation de moyens quant à l’organisation des phases départementales et académiques de ces compétitions amputées de leur phase nationale.

Lors de la finale nationale des collèges qui s’est déroulée du 22 au 24 juin à Montrevel-en-Bresse, la nouvelle a été accueillie avec la plus grande incompréhension voire même avec une teinte de colère chez certaines personnes plus particulièrement impliquées de longue date. Il n’y a pas à douter que les réactions auraient été similaires lors de la finale nationale des lycées organisée du 8 au 10 juin à Hyères si cette décision avait déjà été prise à ce moment-là. Dans une logique de continuité des actions entreprises sur le terrain, les personnes assurant le suivi des équipes des écoles, des collèges ou des lycées sont d’ailleurs bien souvent les mêmes.

Les responsables d’équipes présents sur place à Montrevel-en-Bresse se sont spontanément réunis à trois occasions. Dans un premier temps pour confronter leurs points de vue sur cette décision fédérale. Ensuite pour définir les moyens d’action pour exprimer leur mécontentement commun. Pour symbole de cette mobilisation naissante, toutes ces personnes sont montées sur scène en prémices de la remise des prix avec prise de parole pour informer parents et enfants de la situation.


Communiqués par le Bureau fédéral, les principaux éléments ayant présidé à cette décision ont été débattus et un contre-argumentaire mis au point. Les arguments mis en avant par le Comité Directeur, suivis des réflexions du collectif de responsables d’équipes, sont :
- La lourdeur du budget de telles organisations, une volonté de redéploiement des moyens vers les phases départementales et académiques.

A titre d’exemple, la subvention fédérale pour l’organisation de la finale des collèges de cette année s’est portée à 2300 euros. Divisée par le nombre de départements ou même seulement par le nombre d’académies, cette somme ne financerait déjà plus grand-chose.

Pire, les compétitions scolaires étant réglementairement libres de droits, ces compétitions sont pour l’heure essentiellement organisées sur les moyens humains et financiers des clubs les plus impliquées localement dans le milieu scolaire. Dans ce processus, une qualification en finale nationale constitue un fort retour sur investissement en termes de communication vis-à-vis des instances locales qui financent généralement l’activité. Sans ce moyen de valorisation des actions, la plupart des clubs se désengageront et les phases départementales et académiques ne pourront être maintenues.

Le risque de non tenue de ces phases, homologuées et génératrices de prises de licences, aurait également un coût que la fédération devrait prendre en compte dans ses projections.


- Le souhait fédéral d’un développement en milieu scolaire plus quantitatif et moins élitiste.

Les finales nationales sont la locomotive qui traine derrière elle les phases académiques et départementales. Lors de la saison 2009/2010, la F.F.E. avait listé 649 établissements concernés pour un total de 4452 élèves ayant participé. Nous sommes déjà dans un phénomène de masse, qui plus est dans un effort réparti sur l’ensemble du territoire national.

Les qualifications pour les finales nationales se font sur le principe d’un établissement qualifié par académie, sans prise en considération du niveau de développement local de l’activité scolaire. Même si de la sorte une sélection est opérée, il ne s’agit pas d’un mode de fonctionnement élitiste. Ainsi, les profils des établissements qualifiés sont généralement très divers et pas seulement au niveau échiquéen. Il est par exemple remarquable qu’à Montrevel-en-Bresse, la personne ayant le plus œuvré à la mise en place de réunions entre responsables soit le responsable de l’équipe ayant terminé à la dernière place de la compétition. Ou que la prise de parole en ouverture de remise des prix ait été assurée par une des responsables de l’équipe arrivée à la 18ème place.


- Les coûts importants de déplacement et de séjour pour les équipes qualifiés.

Chaque année, c’est la quasi-totalité des académies qui est représentée lors de chaque finale nationale, Outre-mer compris. Les coûts qu’on souhaiterait certes voir moins élevés ne semblent donc pas encore, pour l’heure, constituer un obstacle insurmontable.


- Les participants seraient essentiellement des joueurs de club, les établissements qualifiés seraient toujours les mêmes.

Pour commencer, c’est assez inexact. Pour la finale des collèges de cette année, 133 joueurs étaient licenciés A et 79 joueurs possédaient une licence B. Quant au taux de renouvellement des équipes participantes, cette année, 11 des 24 établissements présents (près de la moitié) n’étaient pas de la fête lors de l’édition précédente.

Ensuite, un capitaine d’équipe faisait fort justement remarquer que, historiquement, sur l’intégralité des joueurs licenciés A de son équipe, un seul était déjà licencié A lors de sa première participation en compétition scolaire. Tous les autres ont commencé par une licence B pour ne prendre une licence A que lors de leur arrivée en club l’année suivante.

La licence B a un taux de reconduction peu élevé d’une saison sur l’autre. Au contraire de la licence A, indicatrice d’une pratique plus durable dans le temps. Il nous semble qu’un dispositif permettant le passage de joueurs de la licence B vers la licence A devrait être encouragé et non arrêté.

Quant au phénomène de qualification récurrente de certains établissements, c’est avant tout révélateur d’un authentique travail de fond et le fait que les clubs locaux, avec leurs moyens, soient éventuellement impliqués dans la démarche ne peut être qu’une bonne chose.


- Les épreuves du baccalauréat et du brevet sont un obstacle à la participation, surtout des lycéens assez peu nombreux.

Les compétitions scolaires ont vu le jour au début des années 70 et ont été organisées sans interruption depuis. La problématique de conflit avec les épreuves d’examens scolaires n’est donc pas nouvelle. C’est la raison pour laquelle traditionnellement, la finale des lycées se déroule fin mai, celle des collèges début juin et celle des écoles fin juin avec des chiffres de participation toujours très satisfaisants.

Les dates retenues par la fédération cette saison ont quelque peu bousculé ces habitudes et la participation des lycées, en raison de la proximité dans le temps avec les épreuves du baccalauréat, s’en est trouvé fortement impactée (11 équipes seulement pour la finale nationale 2012). Les chiffres habituels de participation pour les lycées se situent plutôt autour de la vingtaine d’établissements représentés.

Il y a quelques années, la fédération avait essayé de lancer un championnat de France des cadets par équipe de 4 joueurs d’un même club. Au bout de deux années d’efforts pour trouver à chaque fois seulement quatre équipes directement qualifiées pour la finale, l’organisation de la compétition a été abandonnée. A la décharge de la fédération dont l’initiative était louable, il faut reconnaitre que la pyramide des âges des licenciés peut expliquer un tel échec tant les joueurs de cette catégorie d’âge sont peu nombreux.

La finale des lycées, qui s’adressent à des joueurs d’âge comparable parvient pour sa part à réunir aux alentours de 80 personnes chaque année, avec une contrainte pourtant encore plus forte puisque les membres d’une équipe doivent être scolarisés non pas dans le même club mais carrément dans le même établissement scolaire. Le parallèle entre les deux compétitions permet de mieux apprécier les chiffres de participation à la finale des lycées qui, dans les faits, sont plutôt une réussite inespérée et là encore seulement rendue possible par une forte implication sur le terrain.


- Trouver des candidats à l’organisation des finales n’est jamais tâche aisée.

Jusqu’en 2006 coexistaient deux cycles de compétition : Le championnat de France des académies (celui qui, après quelques légères modifications, existe toujours à l’heure actuelle) et le championnat de France des établissements (qui lui a disparu et dont l’intérêt était de valoriser plus encore l’étendue du travail de formation sur le terrain avec le double du nombre de joueurs par équipe, 16 en écoles et collèges et 8 en lycées).

Il n’y a donc pas si longtemps, ce n’est pas 3 mais 6 organisateurs que la fédération devait trouver chaque saison. Et à l’époque elle y parvenait. Tous les indicateurs laissant entendre que le développement de notre fédération ne se dément pas depuis cette époque, nous pensons qu’elle ne devrait pas moins y arriver à l’heure actuelle qu’il y a six ans.


L’aspect le plus marquant dans la décision qui a été prise par le Comité Directeur est sans doute l’absence totale de consultation des personnes concernées.

A l’heure où la fédération nous parle de développement de masse en milieu scolaire, il nous semble essentiel de ne pas commencer par détruire le préexistant. Il n’existe pas qu’un type de développement et, au gré de contraintes démographiques, géographiques ou institutionnelles parfois fort différentes, ce qui fonctionne dans certaines régions n’est pas forcément transposable dans d’autres. Le moindre exemple de développement local est une richesse qu’il faut préserver et une modification brutale des cadres régissant les compétitions scolaires risquerait tout bonnement de détruire des initiatives de terrain parfois très anciennes déjà fortement développées et jusqu’alors pérennes.

Pour terminer, communiquer abondamment sur le développement du jeu en milieu scolaire et, dans le même temps, supprimer purement et simplement la compétition phare de ce secteur depuis maintenant bientôt 40 ans nous apparait comme étant d’une grande incohérence.

Aussi espérons-nous voir le Comité Directeur revenir rapidement sur sa décision.

Cordialement,


Stéphane Pinçon
Comité des Echecs des Hauts-de-Seine - Responsable Jeunes, Correspondant Scolaire Départemental
Cercle d’Echecs de Bois-Colombes - Responsable des équipes scolaires


Bossuet, le
Bon, si j'ai bien lu, au moins un soulagement: l'aberration internet (que quelqu'un comparait perspicacement avec de la science fiction) n'est plus d'actualité.

Bravo grandesorciere!

Maintenant il reste à débattre sur la problématique du championnat collèges et lycées. Mais même si je suis bien sûr à 100% pour son maintien, je préfère encore sa suppression plutôt que son ersatz par internet... Je trouve ça plus sain.


ins2929, le
J'abonde. Les écoliers sont saufs, sauvons les collégiens et lycéens.


Et la FFE vient de revenir sur sa décision !!!
C'est un nouveau départ !
MERCI A TOUS !!


ins2929, le
Bonne nouvelle.


Enfin une décision sage de la part de la FFE, car si on se met à supprimer les compétitions jeunes, où va-t'on?


Lu sur le site de la FFE :

"Le Bureau fédéral a été sensible aux réactions passionnées qui se sont exprimées contre la suppression des finales des collèges et des lycées. Le Comité Directeur a donc été consulté et a souhaité revenir au système jusque-là en vigueur. C'est Christian Bleuzen, qui redevient responsable des scolaires, qui aura la tâche de piloter ce secteur. Le Bureau exprime le souhait que, compte tenu de l'attachement exprimé à ces finales, il n'y ait plus de carences de candidatures pour leur organisation. Une réflexion sur les finales et leurs modalités, tendant à une participation beaucoup plus importante qu'elle n'est l'est aujourd'hui, va être engagée en parallèle et sera pilotée par le même Christian Bleuzen."

La FFE décide parfois des aberrations mais a au moins le mérite de revenir sur ses erreurs.

Bravo à Stéphane pour son egagement sur le sujet.


C'est une valse?


dan31, le
dont acte. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.


Bossuet, le
Bravo et merci à Stéphane! Je pense que son dévouement y est pour beaucoup dans cette bonne nouvelle.




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