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| L'art du commentaire ou le comique qui s'éveille par Davout le
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Carlsen commente dans EE de janvier 2012 sa partie contre Gelfand dans le tournoi Mémorial Tal - Moscou 2011, ronde 2.
voici ce qu'il écrit en commentant son 12. Fb3
"J'ai réfléchi à ce coup pendant un moment. En fait, c'était une perte de temps car j'avais compris très vite que mon intention était de placer mon Fou sur la case b3 et que rien ne pourrait me faire changer d'avis."
Pas très pédagogique le Carlsen. Faut-il en rire ou en pleurer ?
A placer dans le futur dictionnaire des répliques échiquéennes !
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Une part importante du jeu d'échecs ne dépend pas de la réflexion. Si l'on est d'accord avec ça, on peut voir Carlsen comme un excellent ambassadeur.
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Je pense que c'est ça qui fait la différence entre un très bon joueur et le N°1 mondial : Lui, il sait et sent ce qu'il faut faire. Il n'a pas besoin de vérifier 1.000 vaiantes différentes.
C'est certainement ça que l'on appelle le talent !
Quant au côté pédagogique, je préfère ça à un copié/collé d'une analyse inteminable de Fritz, Rybka ou Oudini...
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Hippopotame.
Propos en effet plutôt tourné vers l'auto-dérision. Mais qui peut, par contre-coup, être néanmoins pédagogique. On l'appréciera plus ou moins selon son propre caractère. Pourquoi pas ? C'est en tout cas loin d'être le pire de MC.
Toutefois, ne comptant pas parmi les coryphées de la carlsénolâtrie, je préfère mille fois, concernant l'humour noir sur le processus de réflexion, la remarque de Tal, commentant le 19 Cxg7! de sa partie contre Vassioukov (1964), qui avait donné lieu à des commentaires aussi enamourés que délirants d'un journaliste local, parlant de calculs phénoménaux plus de vingt coups à l'avance.
Selon Tal lui-même, sur les 45 minutes de "réflexion" passées avant de sacrifier le Cavalier, 43 furent en réalité consacrées à une rêverie sur un hippopotame grimpant difficilement sur un poteau télégraphique, ou quelque chose d'approchant. Les deux dernières à calculer les effets du sacrifice, joué en blitz.
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@ Davout >
Les attitudes et pratiques réelles des très grands champions sont très, très, très rarement pédagogiques. Surtout si cela concerne un domaine où leur talent est le plus éclatant.
Grâce à leur talent, ils peuvent se permettre "des largesses", de la "légèreté", voire un manque patent de rigueur.
Kasparov et Anand (entre autres) ont souvent souligné la fantastique intuition du norvégien qui lui fait sentir bien mieux que de nombreux autres super GM, le bon coup.
Donc oui, quand t'es Magnus, tu peux sentir que Fb3 est le meilleurs coup, et peut importe tes calculs, l'attraction de Fb3 est irrésistible.
Sans compter que le résultat de la partie est un prisme très déformant. Un tel commentaire, aurait une autre saveur s'il avait perdu la partie ...
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Il est imbu de sa personne, le Carlsen. Péché de jeunesse, on peut l'espérer. Je n'ai pas aimé ses commentaires de parties dans plusieurs NIC ; il ne parle que de lui, de ses variantes, de son prétendu manque de préparation.
Il a beau être très impressionnant de combativité et d'énergie dans ses parties, rien à faire, je n'arrive pas à trouver sympa un homme-sandwich. Il dévalorise le jeu, selon moi.
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Tu n'aimes donc aucun grands champions des 20 dernières années car ils ont TOUS fait de la pub (même si elles n'arrivent pas chez nous). ;-D
Pareil pour les commentaires, j'ai l'impression (sans doute fausse) que les joueurs qui jugent leurs parties (surtout s'ils l'ont choisi) se donnent toujours le meilleur rôle.
D'ailleurs, le commentaire cité par Davout n'est pas si flatteur que cela, beaucoup auraient sans doute écrit qu'il avait " longuement et bien analysé ce coup qui comme la suite le prouverait était bien le meilleur coup".
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Je trouve au contraire le commentaire de Carlsen particulièrement pédagogique. Non pas parce qu'il souligne les différences entre un n°1 mondial et un joueur lambda mais au contraire parce qu'il montre les points communs.
Les Blancs ont trois coups possibles pour replier leur Fc4, ces 3 coups ont a peu près des valeurs équivalentes mais sont des plans sensiblement différents.
Le coup Fb3 plait à première vue à Carlsen, c'est son intuition et son style qui parlent, c'est le cas de tous les joueurs quel que soit le niveau dans cette position.
Ensuite le choix devient plus difficile, j'imagine qu'il passe du temps à se justifier sa première impression, à en vérifier les possibilités futures et à rechercher une éventuelle réfutation.
Bien sûr il regarde les deux autres possibilités mais si il prend le temps de faire ce commentaire c'est peut être parce que sa pensée était troublée par sa première intuition quand il réfléchissait aux autres coups. C'est le commentaire d'un joueur qui est encore dans sa partie.
Finalement il joue sa première intuition, on peut penser qu'il a perdu du temps mais c'est quelque chose qu'on fait tous, on perd du temps à réfléchir entre plusieurs coups dont on est quasiment sûrs qu'ils sont tous corrects et très souvent on joue à l'intuition.
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Et si on voyait le texte d'origine d'abord ? Parce qu'après 8 mois dans le monde de la traduction, je sais qu'il y a à boire et à manger....et c'est un euphémisme.
Cela étant, la plupart des parties vues dans NIC et EE étaient plutôt bien traduites.
Au fait....
Reyes, si votre traducteur est malade et que l'article ne dit pas de mal de Kramnik (Private joke hyperbolique :-) ) je suis votre homme.
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Je ne sais pas si la traduction est exacte, mais telle quelle, je trouve cette phrase très étonnante et très profonde.
Elle me donnerait à penser que Carlsen, en plus d'être un très grand joueur d'échecs, est quelqu'un de très intelligent (cela demande sans doute confirmation), ce qui est loin d'être toujours le cas (suivez mon regard).
"car j'avais compris très vite que mon intention était de..." C'est peut-être de l'humour, et dans ce cas, c'est assez réussi, mais je n'en suis pas sûr.
C'est comme s'il nous indiquait qu'il y avait ou en lui une sorte de dédoublement, quelqu'un en lui qui le dépasse et qui lui impose sa loi,un génie des échecs qui lui dicte ce qu'il faut faire. On peut d'ailleurs entendre le mot "génie" dans le sens des contes.
Cette phrase me fait penser à cette autre phrase, célèbre, d'un grand écrivain : "Dieu dictait, j'écrivais".
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Il aurait dit a la caissiere du quick quil voulait 2 cheeses et un delice on aurait Deja atteint Les 200 posts
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Au moins un joueur qui restait modeste dans ses commentaires reste Bobby Fischer.
Pour inclure dans ses "60 meilleures parties" 9 nulles et 3 défaites, faut pas être gonflé du melon.
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La phrase en anglais telle qu'elle apparait dans NIC:
12.Bb3
I thought about this one for a while.
Just a waste of time really, as I realized pretty early on that I wanted to put my bishop on b3 here, and that I most likely was not going to change my mind.
On voit quand même que la phrase anglaise est un peu plus nuancée que sa traduction en français
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"et que rien ne pourrait me faire changer d'avis." et "and that I most likely was not going to change my mind." sont même très différents, à mon avis.
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Chuis d'accord. Mauvaise traduction.
Où est-ce que je signe ? :-)
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D'un autre côté, le propos de Carlsen est peut-être déjà traduit en anglais (à moins qu'il soit parfaitement bilingue ?). Peut-être aussi que son sentiment intérieur n'est pas exactement reproduit par sa phrase. Vous arrivez toujours, vous, à mettre en mots toutes les nuances qui reflètent exactement vos pensées ?
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Franchement je pense bien comprendre bien ce qu'il veut dire. C'est classique ce genre de situation où on réfléchit longtemps sur un coup alors qu'on sait qu'on va finir par le jouer.
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"Différents", certes, mais "très différents" je trouve que c'est exagéré :-)
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Dans ce contexte, les deux traductions me semble être "très différentes" car selon le texte français Carlsen sait ce qu'il va jouer mais réfléchit quand-même, alors que selon le texte anglais il garde un doute, ce qui justifie de regarder davantage la position.
Cela dit, la taille de la différence dépend du jugement de chacun.
On peut noter que, en anglais, Carlsen exprime qu'il a perdu son temps avant de dire qu'il n'était pas tout-à-fait sûr de ce qu'il allait jouer, ce qui semble indiquer qu'à partir d'un certain degré de certitude de ce qu'on va faire, il n'est pas pratique de réfléchir plus longtemps sur une position.
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Une meilleure traduction serait "J'ai réfléchi à ce coup pendant un moment. Une vraie perte de temps, car j'ai bien vite senti que je voulais mettre ce Fou en b3 et que je ne changerais vraisemblablement pas d'avis."
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il a vu un bon coup... et s'est demandé s'il n'y en avait pas de meilleurs. En fait c'est un joueur hors norme qui nous montre l'exemple en toute modestie. Auriez vous préféré qu'il vous évoque mille variantes alambiquées pour justifer son niveau stratosphérique?
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Aha, encore un adorateur de Carlsa Doom qui croit qu'il est la 1289e réincarnation du Panchen Lama :-)
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@Nicolasdupont 23:21 +1
Il n'est pas si simple de s'exprimer et de se faire comprendre fidèlement à sa pensée. Parfois on se réjouit d'ailleurs de trouver chez un grand auteur des mots qu'il a su poser sur un sentiment ou une impression maintes fois éprouvés, mais que l'on était incapable d'exprimer correctement par le langage. Gardons-nous donc de juger trop vite sur une virgule mal placée ou un adverbe maladroit
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+1nd
en français (ou en norvégien) c'est déjà très compliqué,
alors en anglais ...
sauf pour l'"humour"!
gageons que cela en fut !
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Carlsen est totalement bilingue, et s'exprime directement en anglais. C'est le cas de tous les joueurs à haut niveau.
Je crois que sa remarque est instructive pour ceix qui désirent progresser.
Il faut garder à l'esprit que les échecs sont avant tout un jeu, et que le numéro 1 mondial l'exprime par ses réflexions est assez rafraichissant.
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"Lorsque vous avez trouvé un bon coup, cherchez-en un meilleur." Mais comment fait-on quand on trouve LE bon coup tout de suite?
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Si la phrase n'a pas été traduite, il devient évident que Carlsen possède un très bon anglais, fluide et aux tournures recherchées (autant que je puisse en juger).
@ Oimsi
On est bien d'accord : il n'est déjà pas évident d'exprimer dans sa langue natale toutes les nuances d'une pensée, alors dans une langue étrangère... Car même en étant bilingue, on n'est pas forcément "natif", la langue reste donc un second obstacle.
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Docteur Pipo : Tous les joueurs de haut niveau sont bilingues ? Non tous les joueurs de haut niveau parlent anglais, ce qui est trrrrès différent !
Mon job, c'est traducteur et je ne suis absolument pas bilingue au sens technique du terme.
Dans l'échelle classique Novice-Beginner-Intermediate-Advanced-Expert-Bi (-lingual pas -sexual), je me situe au mieux (et en m'aimant bien aujourd'hui) dans la partie médiane des experts.
Bilingue c'est autre chose que ça ;-)
Cela étant je pense que Carlsen parle très bien anglais, comme la plupart des Scandinaves.
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