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| Biographies et Recueils de parties par ins12495 le
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Chacun sait que la clé de voûte de l'apprentissage et de la réflexion aux échecs sont les parties commentées. Et qu'y a-t-il de plus illustre que les Recueils/biographies des légendes du passé, voire de certains de nos contemporains ?
"Life and games of Mikhail Tal", "My 60 memorable games" de Fischer, "Fire on board" de Shirov, "50 selected games" de Larsen, "L'apprenti-sorcier" de Bronstein, autant de bibles qui ont marqué des générations de joueurs.
En général, il est recommandé de se pencher sur les recueils écrits par le joueur en personne, comme les titres cités. Et à raison. Pour des joueurs comme Fischer ou Tal, plonger dans la pléthore de publications ne ravira que les inconditionnels du joueur. Et qui de mieux que le joueur en personne pour faire ressortir la psychologie, le mode de raisonnement, les doutes inhérents durant la partie? L'auto-critique de Fischer est des plus instructive.
Mais parfois,il n'est pas toujours possible de découvrir un florilège concocté par le joueur "himself". Spassky, par exemple, Stein, Geller, Euwe etc. Et parfois il existe tant d'ouvrages disponibles que l'on hésite quant à la meilleure à choisir. Tant d'anthologies des parties de Karpov, comme de Korchnoi ou de Botvinnik. Quant à Kasparov il ne dispose pas à ce jour d'une véritable collection complète de parties,nombreux étant les ouvrages qui s'arrêtent à la veille du premier match contre Karpov.
Que lire donc ? Je vous propose de lister ici les meilleures, la quintessence des biographies de joueurs, en précisant je vous prie le pourquoi de votre choix par rapport à d'autres ouvrages semblables ainsi que le mode de notation (algébrique ou descriptif) qui peut être très contraignant à la lecture. Par exemple, pour "My 60 memorable games" de Fischer, existe-t-il une édition algébrique?
Pour un peu déblayer le terrain, et à titre digressif, je vais déjà donner quelques pépites de joueurs contemporains qui mériteraient une attention plus soutenue (tous en notation algébrique).
- Kramnik et Damsky, "My Life and Games", superbe collection de parties d'avant 1998 du temps de la Sveshnikov (le redouté Kramnik 1.0 à l'ascension fulgurante qui faisait trembler Kasparov), avec en plus un classement des parties selon des critères stratégiques: "Attacking Games","Breaktrough","Counter-attack","Sacrifices","Endings" etc.
- Bologan, "Selected games, 1985-2004, un superbe joueur, toujours très affuté dans la préparation théorique et qui est capable, dans un bon jour, de battre n'importe qui. Ne vous attendez pas à vous ennuyer dans ses parties, même ses Caro-Kann. Un très intelligent index des concepts stratégiques, tactiques et psychologiques en fin de livre. Une déception, pour un disciple de Chebanenko, j'attendais plus de Slave avec a6 (deux seulement).
- Gelfand, "My most Memorable Games", même remarque que pour Kramnik: le Gelfand de la période Grunfeld et des superbe parties d'attaque avec les blancs!
- Speelman, "My best Games", un ancien participant du tournoi des candidats. Les points forts du livre: peu de parties commentées (38) et tant mieux: c'est dense, précis et l'autre va droit à l'essentiel! Quatre chapitres thématiques aussi bien instructifs que fascinants : "Skirting the Precipice" (des retournements de situations),"Regnicide" (sur les sacrifices de dames), "Prelate Power" (Les finales de fous), "Blood on board" (Affrontements grandioses).
- Miles, "It's only me": compilation d'articles et parties annotées d'un des joueurs les plus excentrique et des plus sarcastique, tellement représentatif de l'école anglaise.
Déconseillé: Ivanchuk, "Chess Emperor" et Anand, "My Best Games of Chess"(édité avec Nunn), qui ne vont pas au-delà de 2000. Autant pour Kramnik et Gelfand, du fait de la mutation de leur style, cela ne pose pas de problème, leurs livres étant cohérents, définitifs sur une période précise (comme pour le premier "Fire on Board" de Shirov), autant pour Ivanchuk et Anand, ces deux livres sont décevants, arrivent trop tôt, bien avant que les deux joueurs arrivent à la pleine maturité de leur style après 2000 justement. Une deuxième anthologie de Kramnik après 1998 ne posera aucun problème et reflètera une autre histoire. Ces deux ouvrages d'Anand et Ivanchuk sont loin d'être définitifs et seront éclipsés par de futures publications, plus mûres, plus riches.
Enfin, vu sur le site Crestbook, lors d'une interview (reprise par tous les autres sites d'information), Ponomariov prépare une anthologie de ses parties, à suivre donc.
Maintenant, j'attends vos critiques sur Morphy, Capablanca, Rubinstein, Reti, Petrosian, Botvinnik, Gligoric, Stein et d'autres!
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Ah oui Pour les adeptes des études et des problèmes, n'hésitez pas aussi à donner les recueils de compositeurs qui juger cultes.
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*que vous jugez (je déteste cet éditeur de texte qui empêche de relire correctement)
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Vlado Troitzky, évidemment, 1414 de Rinck que je n'ai pas, Les frères Platov, le livre sur Kasparian par Roycroft qui est extraordinaire...
"Et qu'y a-t-il de plus illustre que les Recueils/biographies des légendes du passé, voire de certains de nos contemporains ? "
Les livres de tournoi: Zurich 53, Bienne 76. Le joueur d'échecs au pays des merveilles de Chéron, que j'ai perdu...
Mais surtout les 150 positions de Stamma, édition originale...
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désespérées, évidemment désespérées...
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Gligoric & Dreev, respectivement intitulés I play against pieces et My one hundred best games sont de très bons recueils de parties également.
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Pour Kasparov le Igor STohl en deux volumes est pourtant tres bien et couvre toute sa carriére, non?
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Ah pardon apprendre a lire, cela aide, on parle de livres auto-biograpohiques...
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Mais non Chesslov Quand on n'a pas fait le travail soi-même, un autre le fera. Le Stohl pour Kasparov est une bonne idée!
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J'aime bien les 50 meilleures parties de Larsen, en effet. Parce que le joueur m'a toujours plu, parce que j'apprécie ses commentaires et l'originalité de ses idées.
J'aime infiniment le choix de parties de Korchnoï, 50 parties avec les blancs, 50 avec les noirs, couvrant toute sa carrière. Annotées en détail avec l'accent sur les idées plutôt que sur le calcul brut. Et, à côté de l'habituelle ironie de l'auteur, on découvre une étonnante modestie (un peu botvinnikienne, soulignant ses faiblesses dans le but de se corriger et de toujours progresser) et une fine connaissance de ses adversaires.
J'apprécie beaucoup les meilleures parties de Karpov, pour la clarté de ses commentaires mais là, point d'auto-critique...
Petrosian est un de mes joueurs préférés. Il a hélas très peu écrit et commenté. Je possède un recueil complet de ses parties en deux volumes (édités chez Pergamon), le premier de 1942 à 1965 et le second jusque 1983. Petrosian a participé à la rédaction de l'ouvrage et il était prévu qu'il commente de manière détaillée 30 ou 40 parties de plus. La maladie en a hélas décidé autrement. Il reste un immense recueil d'environ 2.000 parties, dont les plus importantes (contre les adversaires les plus notables ou avec l'enjeu le plus important) ont été commentées, souvent de manière très approfondie, par Petrosian lui-même, à l'époque où les parties ont été jouées - donc avec les connaissances de l'époque. A vue de nez, environ 150 parties sont commentées en détail, d'autres, plus nombreuses, en mode Informant.
Eh bien, ces parties sont un régal pour qui aime ces parties étranges où rien ne semble se passer et où, tout à coup, l'autre s'emberlificote, se retrouve mal et se fait tactifier. C'est ainsi très intéressant de lire des commentaires détaillés d'un coup d'attente, joué dans le but de faire gamberger : "j'ai tout mon temps avant de jouer le coup que tu redoutes" ou "Tu veux attaquer ? Je t'en prie".
Je me souviens de parties contre des joueurs d'attaque très dangereux (Tolush, Nezhmetdinov) où Petrosian frustre tellement ses adversaires qu'ils finissent par se perdre tout seuls dans les complications.
Pour les amateurs de Petrosian, il existe aussi un très bon petit livre d'O'Kelly qui, en 30 parties soigneusement choisies et commentées, cerne assez bien le formidable compétiteur que fut Petrosian.
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Quel livre de parties de Karpov, Alobert ?
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Or donc, celui auquel je me réfère est le "Mes meilleures parties, mes analyses et commentaires", paru chez Garnier en 1982, traduit de l'édition originale de 1978.
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Tiens, j'ai relevé cette phrase amusante dans ta prose : "pour Ivanchuk et Anand, ces deux livres sont décevants, arrivent trop tôt, bien avant que les deux joueurs arrivent à la pleine maturité de leur style après 2000 justement."
Quand on sait qu'Ivanchuk a remporté Linares en 1989, 1991 et 1995, c'est rigolo de lire qu'il n'avait pas atteint la pleine maturité de son style avant 2000...
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Dans ce cas Aurait-on dû arrêter la biographie de Botvinnik 1947 quand il gagnait tous les tournois 1960 et celle de Kasparov en 1985 ? Où considère-t-on qu'il faut prolonger un peu pour avoir une image complète du style de ces joueurs ?
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ouh là, je reprends Aurait-on dû arrêter la biographie de Botvinnik en 1947 quand il gagnait tous les tournois et celle de Kasparov en 1985 ? Où considère-t-on qu'il faut prolonger un peu pour avoir une image complète du style que développaient ces joueurs (c'est pourquoi pour Kramnik on peut faire une coupure en 2000, Keres en 1948, Tal en 1961 parce que leur style change du tout au tout, mais qu'on ne peut pas le faire pour Fischer ou Spassky par exemple parce qu'ils ont suivi la même inspiration toute leur vie) ?
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Kasparov ne peut pas etre arrete aussi tot ce que les deux livres de Sthol montrent: il est devenu champion du monde sans avoir reussi a utiliser son plein potentiel, il pouvait et il a encore bien progresse... jusqu'en 1999-2000 avant la perte de son titre.
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M'enfin ! Ivanchuk était déjà au top niveau dans les années 1990 et il l'est toujours en 2011. Vous êtes qui pour décréter qu'Ivanchuk n'a pas atteint la pleine maturité de son style ?
Franchement, vous y connaissez quelque chose, aux échecs, pour être péremptoire à ce point ? Je connais un bon GM (2550) qui vit des échecs et il dit clairement qu'Ivanchuk, c'est un monde à part, habité seulement par les trois K et Anand.
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Du calme alobert On va éviter le sempiternel argument, "vous vous permettez de juger ces dieux, vous misérables 1500 zélos!". Non seulement, je n'aime pas spéculer, mais en plus je lis. Ce que je dis est affirmé par d'autres joueurs, Dvorestky par exemple, Kasimdjhanov aussi qui rappelaient (j'avoue ne plus savoir où, mais c'était lors d'interview) que bien que terriblement fort dans les années 90, il manquait à Ivanchuk, ce petit plus, ce savoir-faire ou cette maîtrise qui lui aurait permis de se stabiliser au sommet et de combattre avec confiance pour le titre. Regarde Anand, il n'a jamais été aussi fort que depuis Mexico 2007, où nerveusement, techniquement, stylistiquement (en jeu positionnel, tactique), en termes de préparations, il ne craint plus personne. Voilà ce que j'appelle la maturité, à ne pas confondre avec le talent!
Autre exemple, Stein qui, oui, était depuis belle lurette dans le top mondial qui, faiblesse nerveuse, n'a jamais réussi a concrétiser et passer les interzonaux (et pourtant il en a gagné des Championnats d'URSS!): manque de maturité (c'est pas moi, c'est Kasparov qui le dit). Et Spassky lors de son premier match contre Petrosian, où il y est allé tambour battant, et s'est fait cueillir sèchement par le rusé champion: il a fallu s'assagir et mûrir pour pouvoir destabiliser Petrosian lors du second match (c'est pas moi, c'est Spassky qui le dit). Alors oui, on peut être au top pendant des décennies mais ne pas arriver à stabiliser son jeu, et conserver une certaine fébrilité dans un secteur de jeu. Mais là, on s'éloigne du sujet initial.
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Oh ! Je suis désolé d'avoir mis le doigt sur votre classement Elo. Je ne voulais pas vous ridiculiser.
Je lirai avec intérêt vos avis sur les grands joueurs.
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le concept du joueur à maturité me semble ... très flou car les joueurs accumulent de l'expérience et sont toujours plus mûrs tout au long de leur carrière (même lorsque leur vitesse et/ou profondeur de calcul, leur énergie déclinent).
De plus, je ne vois pas en quoi un recueil de parties seraient moins intéressant parce que le joueur ne serait pas encore à maturité !
Dans le cas où se serait vrai, on peut déjà donc jeter à la poubelle "mes 60 parties mémorables " de Fischer (publié avant 1970 !!!)...
Idem pour les parties de Karpov pré-période " Karpov vs Kasparov".
Sinon, de façon général, je doute que le recueil de ses propres parties n'est pas nécessairement les meilleurs bouquin pour progresser et que l'on peut même dire que c'est une fausse bonne idée de s'orienter vers les parties des plus grands joueurs.
Je suis même persuadé que si l'on pouvait de façon absolue déterminer le recueil de parties qui ferait le plus progresser, que l'on se retrouverait avec 30 parties (pas forcément les plus belles) d'un obscur 2300 analysées par un non moins obscur 2200 mais possédant un talent pédagogique rarissime.
En effet, les grands champions sont par définition les joueurs au niveau et au jeu le moins accessible. Surtout pour des amateurs. Bien sûr, les coups peuvent paraitre évident à la lecture et avec les analyses, mais qui saurait vraiment traiter ensuite une position présentant les mêmes caractéristiques fondamentales ?
C'est un peu comme penser que l'on va apprendre les maths mieux en étudiant les articles de médaillés Fields ...
Ensuite, outre les qualités de pédagogue qui ne sont pas obligatoire chez un grand champion, les joueurs d'échecs rechignent toujours à tout détailler de leurs analyses (sans compter les points qui leur semble triviaux).
Je pense ainsi qu'il faut se limiter à l'étude des champions jusqu'à Botvinnik (idéalement) et qu'il faut chercher dans la masse, le bouquin d'analyse qui nous parle le plus.
Juste un avis.
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Question aux russophones Quelqu'un sait-il si "Life and Games" de Tal a été traduit en russe ? Et sous quel titre, le cas échéant ? Merci.
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