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Comment faites-vous pour gagner vos parties gagnantes ? par ins11721 le  [Aller à la fin] | Actualités |
Bonjour tout le monde, je suis atteint d'un syndrome propre aux amateurs je pense : j'ai un nombre incroyable de bourdes qui interviennent dans des positions où si je suis vigilant je gagne forcément.

Bref je me fais arnaquer alors que je suis à +3.5, +5.0 voir même #4 (véridique !) sur Fritz ! Je crois que cela intervient parce que mes adversaires tentent le tout pour le tout (je tombe dans des pièges tactiques de balayeurs) et qu'en même temps je suis moins attentif parce que pour moi la partie est gagnée et que je ne comprends même pas pourquoi l'adversaire n'abandonne pas (et à ce moment là je joue trop vite.) En plus il y a du stress, la pression de la pendule, le fait qu'il y a peut-être 3 ou 4 H de partie derrière, etc... J'ai par ailleurs remarqué que les grands maîtres prennent leur temps et réfléchissent énormément dans des positions gagnantes (ils vérifient tout) alors que beaucoup d'amateurs ont tendance à blitzer (avec un risque de fautes plus important.) Bien sûr dans 70% de cas je vais scorer mes positions gagnantes... le problème ce sont les 30% de parties gachées. Merci d'avance pour votre expérience et vos conseils.




Encore un rationnel ? ;o) Les échecs sont un jeu ET même un sport : pourquoi alors que j'aligne 2 super revers, je chie une balle facile ?

A partir du moment où j'accepte ma condition humaine et que je la revendique même fièrement lorsque celle-ci se rappelle à moi par le biais de l'erreur, alors je progresse.

Car telle est ma condition, petit scarabée, et la sagesse est encore loin, tout comme ce satané gain que j'ai lamentablement chié avec un pièce d'avance, BORDEL !!!!! :o))


ins4672, le
bah, tu as donné la réponse faut réfléchir jusqu'au dernier coup de la partie, pas de relâchement!


ins4672, le
ha oui et il ne suffit pas de réfléchir, il faut bien réfléchir aussi ^^ 


ins4672, le
de la rigueur! bon et j'arrête :p


Dcax, le
Et dans certain cas signer des chèques, ou avoir un distributeur à côté de la salle de jeu ou pas loin, ou encore un coéquipier qui reste lucide, ou encore un manager ou autre qui connait la langue des signes...

Sinon, il reste qu'à rester concentré , éliminer les dernières possibilité d'arnaques et/ou d'attaques, bref arrêter de crier partout que tu vas gagner, te bourrer la gueule pour fêter ta proche victoire, etc...


facile à dire papa dulo ;o) le relâchement est humain et heureusement ce jeu possède une dimension psychologique (surtout pour un gambiteur qui en a marre de jouer contre une machine)


Des exemples ? L' arnaque de balayeur comme tu dis, quand tu la places, c'est quand même bien jouissif, et même si tu rends le matériel que tu avais péniblement gagné, pourquoi serait-ce moins "esthétique" ?

Continuer en te disant que ton adversaire n'est pas infaillible, ne pas abandonner trop vite,ça fait partie du jeu.

T'as des exemples concrets de tes bourdes ?


deux principes de base 1. ne pas abandonner
2. analyser pour vérifier si la partie a vraiment été gagnante à un moment. Je croyais avoir le même probléme que toi, mais aprés avoir analysé mes parties avec l'aide de Fritz, j'ai compris que mon probléme était beaucoup plus grave: perdue ou gagnante, je ne sais pas estimer correctement la position, et suis incorrigiblement trop optimiste par pure ignorance...



ins8934, le
éviter l'hypoglicémie Rien de tel qu'une barre de céréale pour se détendre et éclaircir ses idées.


ins8934, le
Rectification : hypoglycémie 


L'hypoglycémie n'existe pas si tu ne prends pas de médicaments.

:D

Cherche un autre prétexte pour bouffer des barres aux céréales (déconcentrer ton adversasire ?)


Orouet, le
@Chesslov j'ai exactement le même problème.
à l'analyse, je m'aperçois très souvent que ,durant la partie, j'ai surestimé ma position...

difficile de corriger cet optimisme naturel.


Simplifier la position Ne garder que les pièces nécessaires au gain, favoriser les échanges.


c'est dur, ca m'arrive aussi meme si je suis a +7 voir plus :( Donc je sais qu'il faut reflechir et faire attention, mais ca depend pas de moi, quoique je fasse une fois que je suis passé gagnant je me relache meme si je lutte contre


Pire que de se relacher en fait, c'est mon cerveau qui fonctionne plus peut etre par manque d'interet je sais pas je comprends pas


D'ailleurs depuis 10ans ma principale lutte aux echecs est de rester vigilant Donc si quelqu'un a une methode ... lol

Pour répondre à Olivierftn je pense que pour moi le meilleur moyen est de se lever, et tenter d'effacer moralement l'historique de la partie, du style si j'arrive maintenant sur une nouvelle partie que je dois finir comment je fais
l'idee serait donc de decouper la partie, de sentir quand la vigilance s'en va et de se lever pour revenir a la partie


Je ne pense pas qu'il faille forcemment simplifier On peut utiliser ce concept pour amener l'adversaire à eviter les echanges et ainsi contrôler plus de cases avec ses piéces,mais changer son mode de reflexion avec comme leitmotiv "faut simplifier" peut amener justement a ne plus être en phase avec la réalité de la partie,qui peut exiger justement de tactifier.
Si quelqu'un a le temps -à défaut je le ferais plus tard- peut-il fournir le PGN de la partie entre Van Wely et Carlsen(ou le contraire ^^) de 2008 avec le renversement total de situation obtenu par le jeune norvégien?


Nicotine,quand tu nous manques... Avez-vous remarqué,dans le cas ou vous etes fumeur bien sûr,que le manque de nicotine dans la 6éme heure de jeu peut s'avérer fatal pour la concentration,si on n'a plus le temps de se lever pour aller en griller une?
Alors pour les plus jeunes qui nous lisent,si vous avez de l'ambition aux échecs,ne commencez pas!


Une citation, un livre... Lasker : "The hardest game to win is a won game."

Soltis : Turning Advantage into Victory in Chess (publié chez McKay chess library


Echouer proche du but C'est exactement ce que je vivais quand (enfant) je courais des heures devant mon frère, sur les chemins, et qu'il me grillait sur la ligne (pas si fictive) d'arrivée.


Plus de souffle. Rien. Qu'une incompréhension maladive. Impossible de me mettre à sa place pour comprendre ce qui le faisait tenir et me coiffer sur le poteau.


Impossible de comprendre ce qui me manquait, justement là, à cent mètres du but. Ces fameux derniers mètres. Et d'ailleurs que la course dure 10km ou qu'elle dure 80m, c'était du pareil au mètre. Il manquait un truc.


Bizarrement, ce sont les échecs qui m'ont montré la voie. J'ai une telle envie de bouffer l'autre, gagner la victoire. Que même en me trouvant moins bien tout au long de la partie, j'ai l'idée qu'une ligne d'arrivée se trouve par là, voire même un peu plus loin, voire même encore un peu plus loin si l'adversaire résiste. Et je perds rarement une partie gagnée. Je loupe des gains plus rapides, c'est vrai, mais j'assure, je garde la pression. Quitte à faire nulle si je ne vois pas de gain. (je parle des parties lentes car ma gestion est assez différente en partie rapide).

J'ai donc appliqué cela dans d'autes sports (vélo, rameur, course à pied, natation, backgammon;)...), et ça marche.

Dans les autres sports, je me fixe désormais une ligne d'arrivée imaginaire, au-delà de celle que j'espère et que j'attends dans un premier temps.

Pour les échecs, je me dis que je ne serai gagnant que lorsque j'aurai signé la feuille de partie. Je me suis aperçu en analysant mes parties avec Fritz que je sous-évalue ma position systématiquement, cela participe sans doute à mon envie de lutter.

D'ailleurs à quoi cela sert-il d'évaluer sa position en points ? Je ne vais pas lancer ou relancer une discussion là-dessus, mais évaluer une position à +7, quand l'autre continue de jouer... Ok si c'est bon pour se booster un peu, mais si c'est juste bon pour se faire plaisir...

Pour moi l'évaluation consiste en une opposition de différentes forces, de contre-jeux. Tant que j'ai du contre-jeu je joue, et j'imagine que c'est vrai du côté de mon adversaire.

Donc je ne le sous-estime pas trop, jusqu'à ce qu'il tende la main, qu'il signe ma feuille et qu'il entoure mon nom d'un trait rageur et indélibile. Ensuite j'amène la feuille de partie à l'arbitre. Et là, je respire, je savoure. J'ai gagné !

Je continue tout de même d'apprendre : récemment, un benjamin contre lequel je jouais en blitz était mort-de-chez-mort-de-la-mort-qui-tue, il lui restait quelques secondes et j'étais bien au temps. Il se met à s'invectiver, se lamenter, se maudire... j'aurais fait de même à sa place. Mais je joue ma partie naturellement, sans céder à la compassion (mais sans me méfier non plus de ce rideau de fumée). Trop tard. Il y avait un mat en un coup. Partie imperdable perdue.




Yves4, le
Je vois deux raisons : On joue toujours un niveau en-dessous de son niveau technique car la réalité du terrain n'est pas la même que celle de la théorie. Gagner les parties gagnantes demande beaucoup de technique.

L'aspect émotionnel avec toutes ses variantes que seul toi peut décortiquer.


encore que parfois on joue mieux en partie qu'en théorie,l'imprégnation et l'attention etant sublimées par l'enjeu de la partie!


Faut prendre du recul (comme le disent Chesslov et Orouet). En tout cas j'ai perdu un certain nombre de parties pendant lesquelles j'étais persuadé d'avoir un super plan avec une super coordination des pièces ..etc, avant que tout s'écroule et qu'on se rende compte à l'analyse que l'autre était en fait mieux dans toutes les variantes.. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire :)



Et puis si on se retrouve avec une pièce de plus, et qu'on finit par se prendre une fourchette tour-dame car la position était bien embrouillée et qu'on a joué un peu vite, puis qu'un pion ou deux tombent encore avant l'abandon de la poubelle, ça veut peut-être dire qu'on était pas assez fort pour gagner cette position dans ce contexte. Même si c'est dur à admettre pour l'ego (je ne l'aurais en tout cas jamais admis il y a quelques années en tournoi ^^). Cet effet se voit très bien en blitz : les joueurs plus forts voient plus de choses intéressantes plus vite (même s'ils ont de grosses hallus parfois :p ), et arrivent relativement souvent à renverser une mauvaise position. Et.. je suis pas sûr que c'est en s'acharnant à se voir gagnant tout le temps qu'on progresse :) (pour moi ça n'a pas marché en tout cas).



Si tu sais comment gagner, alors gagne.

Sinon, +1 pour PaoloBoi ;-)


Trés juste! "je suis pas sûr que c'est en s'acharnant à se voir gagnant tout le temps qu'on progresse"
Je me souviens que j'avais cette habitude lorsque j'analysais seul et sans ordi au siécle dernier,de toujours chercher à me prouver que telle finale de tour devait être supérieure,alors que c'etait complétement égal,ou alors que tel sacrifice etait correct,alors que c'était en fait bidon...J'avais du mal à admettre certaines choses quoi...^^


Une autre explication La réalité du jeu en compétition fait que le plus souvent, on joue à matériel et position sensiblement égale. Avoir une position gagnante est l'exception, on n'a pas l'habitude de la traiter, et on commet plus d'erreurs que d'habitude.



C'est comme le gars qui conduit tout le temps en ville, et qui un beau jour se retrouve sur l'autoroute. Sensations fortes garanties... :-)



Ça dépend Il y a grosso modo deux types de positions gagnantes gâchées.

Premièrement, celle où tu t'emmêles les crayons tout seul comme un grand, et où tu as envie de te taper la tête contre les murs à la fin de la partie.

Deuxièmement, celle où ton adversaire, quand il se rend compte qu'il est perdant, se met à taper sur la pendule comme une brute, à annoncer "échec !" à voix très haute, à ne plus noter ses coups (alors qu'il a encore du temps et qu'en plus on joue en cadence Fischer) pour pouvoir jouer son coup alors que ta main a tout juste lâché ta pièce, à se lever et à disparaître pendant 10 minutes alors que c'est à lui de jouer, etc., jusqu'à ce que tu finisses par te déconcentrer et foutre en l'air ton avantage, et où tu as envie de lui taper la tête contre les murs à la fin de la partie.



Dans le premier cas, il n'y a pas de solution miracle : technique, technique, technique, expérience, expérience, expérience, boulot, boulot, boulot.

Dans le second cas, j'ai bien une solution miracle, mais malheureusement elle est interdite pour des raisons fallacieuses de "voies de fait" et autres conneries similaires.



(Toute ressemblance avec une de mes parties d'interclubs de cette année, purement accidentelle, machin tout ça.)


Très souvent NE PAS VOULOIR GAGNER TROP VITE : ETRE PATIENT.


Ben... J'fais mat! Pourquoi?


on parle de ce genre de situation ? Je reproduis un post que j'ai envoyé il y a 6 ans déjà (merci le moteur de recherche !):
Il y a 11 ans, j'étais jeune et très nerveux à  l'idée d'affronter Korchnoi en simultanée. Il jouait contre les 30 meilleurs joueurs d'un tournoi junior disputé à  Genève et donnait cette simultanée dans le hall d'un grand magasin.
Après les 4 premiers coups, je commence à  me détendre: je joue une Caro-Kann de l'avance avec les noirs, une ouverture qui m'avait donné de bons résultats jusque là .
Mais au 5e coup il me sort g4! Jamais vu cela de ma vie (j'ai toujours fait le minimum au niveau théorie). Il se laisse déroquer et me torture avec une grosse attaque sur l'aile roi. Je me défend tant bien que mal et après environ 20 coups je n'ai pas cédé le moindre matériel, mais je subis une pression insoutenable, je ne sais plus trop quoi jouer, ayant l'impression d'un quasi zugzwang avec encore toutes les pièces lourdes et 2 pièces légères sur l'échequier.
Soudain, alors que j'attend l'estocade résigné, je vois poindre la lueur d'une combinaison magnifique !!! Et 4 coups plus tard, me voici avec une qualité de plus et une position archi-gagnée, si je reprend logiquement avec ma tour lors d'un échange...


Depuis quelques minutes, il y a un agglomérat de passants qui sont logés dans le dos du jeunot en train de réaliser le match de sa vie. Korchnoi achève les autres joueurs qui continuent à  jouer avec une pièce, voir une tour de moins... Ce jour-là  il gagnera 30-0.


Et oui, car la pression est trop forte pour mes frêles épaules... Korchnoi joue l'avant dernier coup de la combinaision gagnante et reste planté quelques longues minutes devant l'échiquier. Comme le coup suivant est très simple et ne demande aucun effort de logique, je fini par le jouer alors que Viktor le terrible me regarde droit dans les yeux et alors... je reprend du roi au lieu de la tour.... Korchnoi se rue sur ma pauvre tour resté en prise et la foule pousse un ohhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!!!!! terrible dans mon dos. Lorsque je me retourne 30secondes plus tard, tous sont partis.

C'est ce jour-là  que j'ai pris ma décision d'arrêter les échecs sérieux, avec toujours dans mon esprit cette partie: à  la fois la meilleure et la pire que j'ai jamais joué...


@tapio : oooooh... zut Je ris, mais ce doit être très... désagréable.


désolé, tapio mais là, il va falloir nous la donner ta partie !
J'adore ces "aventures" sur l'échiquier ...


Je vais chercher cela ce week-end Pas de mal liamborough aujourd'hui j'arrive aussi à en rire :)


En ce qui me concerne c'est plutôt un problème de vocabulaire : une partie gagnante ça n'existe pas, ce qui existe est une partie gagnée ou perdue. Je me souviens d'un des premiers fort joueur avec qui j'analysais (un vieil arménien à l'accent inimitable) qui répétait inlassablement : "Il faut juuuer" quand je lui assénais sans raisons (car c'était juste l'impression visuelle qui me faisait dire ça) que les noirs ou les blancs étaient "gagnants" dans telle ou telle position. Il m'a fallu 15 ans pour comprendre sa maxime... et il avait raison : il faut jouer ! C'est ça qui est dur, si les parties gagnantes gagnaient toutes seules on ne jouerait plus aux échecs hein ?

Autre chose : met des finales gagnantes de GM contre l'ordi et essaye de les gagner en les ayant analysé. Tu verras Rybka te sortir des coups de l'espace, alors si tu n'arrives pas à gagner prend l'autre côté pour voir comment lui gagne contre ta défense :) Ca apprend deux choses : 1) contre des joueurs humains (nous) TOUT est possible tout le temps (donc ça donne de l'espoir et en même temps de l'humilité ce qui limitera tes pensées nocives du type "je suis gagnant qu'est ce qu'il fout mon adversaire à pas abandonner ?") 2) Quelle que soit la position (bon ok sauf si t es à mat - 1)... il faut jouer !


Tapio, la partie... Tapio, la partie... 


Finalement je l'ai ! Après déménagements et changement d'ordinateur, je ne trouvais plus la partie... Finalement j'ai retrouvé ce petit texte que j'avais posté je ne sais où...



Donc voilà finalement cette fameuse partie que j’avais envie de vous faire partager, histoire de chasser mes vieux démons…


Il y a 12 ans de cela (presque 18 maintenant !), existait encore à Genève un grand tournoi junior organisé par le magasin Grand Passage (qui depuis est devenu Globus). Il était divisé en 2 catégories : scolaire (- de 12 ans) et cycle/collège (12-19 ans). C’était vraiment une sorte de championnat genevois junior de partie rapide (10 minutes). Pour la deuxième année consécutive, je me classais honorablement dans les 10 premiers (9e), mais sans véritable coup d’éclat (alors que l’année précédente j’avais gagné contre les 2 derniers champions suisses junior, mais perdu beaucoup de parties plus abordables et fini 10e…).

Mais voilà que cette année on fêtait les 20 ans d’existance de ce tournoi et que 2 simultanées de 30 joueurs contre le vieux lion Viktor Korchnoï étaient organisées, la première étant réservée au meilleurs participants du tournoi junior et la seconde aux meilleurs joueurs de Genève.

Très excité à l’idée de jouer enfin une vrai simultanée et qui plus est contre un tel adversaire, j’arrivais très nerveux devant l’échiquier. Petit détail amusant, je suis arrivé relativement tard alors que presque tous les échiquiers étaient déjà occupé, en particulier les joueurs de clubs étaient tous réunis sur une même ligne, plus ou moins, j’étais l’exception, au milieu de 2 très jeunes joueurs (pas plus de 10 ans). Il faut aussi ajouter que pour donner plus d’ampleur à l’événement, le tournoi et la simultanée avaient été déplacé en plein centre commercial de Balexert (le plus grand et bruyant de Genève).

Bref dans ces circonstances bien particulière, Korchnoï arrive et commence à jouer très rapidement :

Korchnoï – Tapio, 29.11.1991, Simultanée, Genève

1. e4 c6

Cette chère Caro-Kann que je jouais exclusivement à l’époque et dont je maîtrisais très bien les lignes principales, merci Viktor d’entrer dans mon jeu…

2. d4 d5

3. e5 Ff5

Variante de l’avance rien d’inquiétant…

4. Cc3 e6

5. g4

C’est quoi ça !!!!!????

Me voilà hors préparation au 5e coup ! Horreur. Je vois que sur les autres échiquiers c’est pareil, l’ancien challenger au titre suprême joue des variantes pointues, histoire de se débarasser des adversaires faibles rapidement.

5. … Fg6

6. Cge2 Fb4

7. Cf4 Fe4

8. f3 Dh4+

Il me faut réinventer le monde… Je trouve que je ne m’en sort pas encore trop mal, bien que la sortie de la dame est peut-être une perte de temps…

9. Re2 Fxc3

10. bxc3 Fg6

11. Fe3 De7

était-ce bien nécessaire ? 11… Cd7, 12. Ff2 De7, 13. h4 h5, 14. g5 mène à une position délicate où je manque d’espace…

12. h4 h5

sur h6 CxF et c’est pas mieux…

13. Cxg6 fxg6

14. Dd3 Df7

Vous aurez compris que le pion g6 est faible et qu’il va devenir un des enjeux capitals de la partie. Pendant ce temps c’est la Berezina sur les échiquiers voisins…

15. Fg5 Ce7

16. Fg2 Cd7

ici le roque 0-0 est impossible car après Fxe7 le pion g6 tombe et la colonne g va être ouverte !

17. c4 Cb6

18. c5 Cc4

Peut-être une imprécision de Korchnoï ! Le cavalier en c4 ne peut certes plus venir protéger le roi, mais c’est une position forte et menaçante…

19. Tab1 Tb8

20. Fh3 a6

Honnêtement je ne sais plus quoi jouer d’utile et je ne vois plus de bon coup possible, il me semble que je dois attendre l’assaut sans rien d’intéressant à jouer, toutefois j’aurais du pousser le pion directement en a5 pour essayer de le caser en a3 le plus vite possible…

21. Thg1 a5

Voilà…

22. gxh5 gxh5

la colonne ouverte me fait froid dans le dos…

23. Fxe7 Rxe7

24. Tg6 Th6

Surtout ne pas perdre de matériel je n’aurais plus aucune chance, mais ce coup en fait force quasiment l’échange de tour comme vous allez le voir…

25. Tgb1

Je n’en crois pas mes yeux : il n’a rien vu de la combinaison : il faut dire que presque toutes les parties sont gagnées pour le vieux lion qui maintenant joue très vite sur toutes les parties faciles (il accélère aussi chez moi !) et prend plus de temps sur les plus corriaces

25… Cb2 !!

Ce que j’ai entrevu depuis quelques minutes se réalise : la dame fondamentale dans le soutient de l’attaque ne peut plus rester sur la diagonale !

26. Txg7 Cxd3

Incroyable la position est absolument gagnante !
Environ 30 passants s’agglutinent dans mon dos, presque tout les organisateurs et joueurs de mon club passent pour voir ce qui se passe, mon heure de gloire est-elle enfin arrivée ???

27. Rxd3 Tf8

28. Re3 Th7 !

Désserre l’étreinte et assure la victoire !

29. Txf7 Thxf7

30. Tg3 Tf4

31. Tg7+ T8f7

32. Txf7

Je joue mon coup tranquille et Korchnoï le sien, alors ce passe la chose la plus étonnante de la journée : il reste devant l’échiquier de longues minutes. Comme mon coup est évident, et que le temps passe j’hausse les épaules et je joue…

32… Rxf7 ???

Il se rue sur l’échiquier et joue évidemment

33. Rxf4 1-0

J’entend alors un ooooooohhhhhhhhhh dépité dans mon dos.

Mes oreilles ont bourdonné pendant un bon moment, quand je me suis retourné il y avait un grand vide là ou les gens se pressaient pour regarder la seule partie intéressante. Le score final sera de 30-0.

On m’a offert de jouer la seconde simultanée, mais j’ai refusé le score sera de 28,5-1,5. Pas à dire, j’ai gaché la meilleure partie que j’ai jamais jouée…





ooooooohhhhhhhhhh 


Nooonnnn C'est triste une telle fin...

Comme dirait mon cher ami : "Si tu gagnes du matériel : lève toi, et marche !"

Le réalisme dans une position gagnante est très important, mais on est souvent heureux de gagner une partie perdu...comme je l'ai fait 3 fois cette saison en équipe.

A la fin de la dernière ronde de l'année un de mes coéquipiers a même dit "Quand j'ai vu que tu as perdu un pion, j'ai su que tu allais gagner"




Bref pour répondre à la question initiale, gagne tes positions perdantes pour compenser !





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