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Qu'est-ce qui vous pousse à jouer ? par Sisyphus le  [Aller à la fin] | Actualités |
Je me pose la question de savoir ce qui pousse chacun à jouer aux échecs ou à s'y intéresser.

Il y a quelques années j'étudiais parfois dans les bouquins, ce n'est plus trop le cas maintenant mais je sais que beaucoup d'entre vous sont fidèles à cette littérature échiquéenne. Est-ce pour progresser ? Est-ce pour y voir de belles oeuvres ? Nombre d'entre vous sont également attirés par un autre aspect des échecs : les problèmes et autres études. On parle là d'aspect esthétique, encore le Beau qui pointe le bout de son nez.

Je suis un peu paumé de ce point de vue là. D'un côté je dirais qu'en ce moment c'est plutôt l'aspect "compétition" qui me pousse à jouer, de l'autre je reste conscient que ça peut sembler absurde de consacrer autant de temps aux 64 cases. C'est tellement dérisoire ! Plus encore : qu'est-ce qui peut pousser un jeune d'un niveau moyen à commencer à enseigner les échecs, bref à en faire sa vie. En ce sens les échecs se rapprochent de l'art du fait des comportements engendrés (sans même se poser la question de savoir si les échecs sont un art). Jouer aux échecs est une fin en soi, ou bien cherche-t-on développer quelque chose, des qualités, que sais-je, en jouant régulièrement ?

En ce qui me concerne, et ce sera le cas de beaucoup d'entre vous j'en suis sûr, c'est bien entendu le plaisir qui prédomine. La recherche du plaisir suffit à justifier de la pratique d'une activité. Oui mais jouer au Scrabble en famille pourrait être source de plaisir également, tout en stimulant d'une certaine manière certaines qualités intellectuelles (avantage que l'on pourrait trouver à la pratique du jeu d'échecs). Ce plaisir est-il donc plus soutenu en compétition ? Accru par un certain stress, par un classement ? On peut trouver comme excuse à la pratique d'une activité sportive la nécessité pour un corps sain de se dépenser physiquement, mais est-ce autant nécessaire de pratiquer une activité intellectuelle ? Nécessaire pour certaines personnes uniquement ?

Bref je cherche à savoir ce qui pousse à entamer une partie futile. Notez que dans le titre je n'ai pas précisé "qu'estce qui vous pousse à jouer au jeu d'échecs ?" ce qui élargit la question au jeu en général. Est-ce que le jeu est signe de désoeuvrement ?




El cave, le
c'est touffu les raisons de pratiquer les échecs sont variables d'un individu à l'autre, et même d'une période à l'autre pour un individu donné il me semble.

Pour la plupart des gens c'est un délassement occasionnel qui ne procure ni plus ni moins d'émotions que de jouer aux petits chevaux ou à la pétanque. Sans doute le jeu bénéficie-t'il d'un peu plus de prestige que d'autres, d'autant qu'il se prête bien à un duel amical, comme le tennis de table par exemple. Mais le cas des pratiquants occasionnels n'est pas particulièrement intéressant.

Bien que pas spécialement versé dans le mysticisme, j'ai tendance à penser que l'on entre dans les échecs un peu comme en religion, mû par une sorte d'attirance irrationnelle. En ce qui me concerne, j'étais déjà attiré par ce jeu (et par les jeux en général) depuis plusieurs années quand j'ai eu l'occasion de jouer en club, et c'est vite devenu une addiction, bien que mes débuts se soient soldés majoritairement par des défaites comme c'est généralement le cas lorsque l'on se confronte à un niveau inexploré.


Le plaisir du jeu certes, mais c'est une notion qui recouvre pas mal de choses : certains joueurs sont beaucoup plus attachés à leurs résultats que d'autres, investissent une bonne partie de leur ego dans une reconnaissance échiquéenne. J'ai toujours joué pour ma part en cherchant à comprendre davantage, la compétition étant plutôt un moyen qu'une finalité. De même que les contraintes sont parfois susceptibles de stimuler la créativité, la compétition me semble un bon aiguillon, dans le sens où elle incite davantage à donner le meilleur de soi-même qu'une partie libre. Je me suis surpris à m'impatienter au bout d'une demi-heure contre une connaissance qui jouait lentement alors que je peux rester six ou sept heures à table sans problème en tournoi, et je pense que la plupart des joueurs assidus sont dans ce cas.

S'agissant de l'esthétique, j'y suis sensible, je la cherche assez volontiers dans les parties mais ne me suis jamais vraiment senti attiré par la composition.

Pour l'aspect utilitaire, ça ne rentre pas vraiment en ligne de compte, je n'ai jamais envisagé les échecs comme prélude à autre chose.

L'exemple du Scrabble familial, qu'il m'arrive d'ailleurs de pratiquer, est intéressant. Je crois que la variété et l'étendue des échecs font que ce jeu m'attirent davantage, je ne pourrais pas jouer sérieusement à un jeu dont je ressentirais par trop la finitude. Du reste, le plus grand joueur de Scrabble de tous les temps, Michel Duguet, a renoncé à cette activité vers l'âge de 25 ans après cinq titres mondiaux consécutifs parce qu'il avait la sensation d'avoir fait le tour de la question, et s'est reconverti assez brillamment d'ailleurs dans le bridge où il se situe autour de la 20ème place française.

Enfin, je ne dirais pas que le jeu est symptomatique du désoeuvrement, c'est un besoin. Il m'est arrivé de renoncer à des circonstances sympathiques pour aller jouer, en particulier aux échecs ou au bridge. Ce qui pourrait me faire renoncer définitivement à une activité de ce genre serait plutôt la sensation d'y avoir, pour reprendre un leitmotiv local, atteint mes limites.


la vie est amour même le voleur est amoureux du vol. Les personnes qui se suicident n'ont plus d'amour à donner à quelqu'un, à un animal ou à une chose non vivante.
Nous les joueurs d'échecs avons un amour très fort envers ce jeu d'échecs, c'est pareil pour les joueurs de poker ou de casino. Le jeu d'échecs a comme particularités d'avoir été joué par des philosophes des Lumières comme Voltaire et par des personnalités importantes comme Napoléon. Aussi, si on pert une partie, on a beaucoup de chance dans les 3 ou 4 prochaines parties de regagner comme au casino, quoiqu'on ne perd pas d'argent!, et on a du plaisir à jouer même si on perd car comme le disait François de La Rochefoucauld : "Peu de gens sont assez sages pour préférer le blâme qui leur est utile à la louange qui les trahit."; quand on perd on apprend aux échecs.
Pour résumer, le jeu d'échecs est un passe-temps merveilleux de la vie!


le plaisir du jeu et des belles victoires


Je joue pour  avoir des émotions, et aussi m'étalonner, comme on fait son footing. Les échecs c'est vraiment dur en compèt', c'est ce qui m'attire;


GK52, le
Bien d'accord, pour moi , la compétition sert surtout à étalonner mes progres dans des conditions "claires"(pièce touchée, pièce jouée...et tout le bordel!). Et ça permet de rencontrer d'autres joueurs, d'autres personnes...


ce qui m'attire dans les échecs c'est le côté analytique de ce jeu. Analyser des parties de GMI pendant les diffusions online ou prendre un bouquin avant de me coucher et regarder des variantes d'ouvertures, les finesses, les différents plans mis en jeu et les moyens concrets pour y parvenir, tout ceci est un vrai plaisir pour moi. Je ne cherche pas spécialement à progresser, d'ailleurs je ne fais pas du tout de compétition, alors que c'est vraisemblablement le moyen le plus efficace pour s'améliorer.


pour ma part je joue pour essayer de comprendre un peu plus l'insoluble(?) problème qu'est le jeu d'échecs, essayer de s'approcher un peu de la vérité,et confronter mes opinions et mes choix contre quelq'un....


ins2677, le
je joue par plaisir... et ce que je préfère, c'est enseigner aux autres...
surtout aux enfants...
et quand je vois leurs yeux qui brillent, leur sourire, ça me suffit !!


ins4318, le
Tous les jeux m'attirent, je joue souvent au whist, au bridge, au scrabble, je participe à des quiz en ligne, j'adore apprendre à des enfants, à des débutants, ...



Alors, désoeuvrement ? Crois pas : j'ai toujours trouvé le temps de jouer malgré un travail très prenant. Besoin ? Sans aucun doute.



Les échecs ont qqch de particulier, c'est sûr. Si je ne les considère que comme un jeu (pas comme un sport, un art ou une science), je reconnais volontiers que je suis sensible aux "belles" parties que je peux rejouer et que jouer une partie amicale ou une partie en compétition, c'est pas pareil.



Je peux passer des mois sans jouer aux cartes mais pas sans jeter un coup d'oeil à l'actualité des échecs, pas sans rejouer une partie, pas sans faire de temps en temps un blitz en ligne.



J'ignore complètement pourquoi j'ai été d'emblée aussi attiré par les échecs. Dans ma famille, on jouait au whist, en compétition, et un peu au bridge et au tarot. Les échecs, c'était un jeu comme un autre, comme les dames ou le jacquet. Je suis le seul à avoir mordu, je ne sais pas pq...


les échecs et ce qui il y a autour Pour ma part bien que j'aime beaucoup le jeu en lui même je n'ai jamais travaillé de façon sérieuse les échecs. Je pense que c'est plutôt tout ce qu'il y a autour les échecs qui me fait progresser.


Bien sûr la compétition fait beaucoup progresser je trouve mais , comme j'ai commencé assez jeune j'ai pu jouer en Nationale 1 Jeunes et jouer des championnats de France Jeunes.


Pour moi ce sont vraiment les clefs de ma motivation , ressentir toute cette ambiance de tournoi , revoir des personnes qu'on ne voit qu'une fois dans l'année...D'ailleurs je joue beaucoup plus en équipe qu'en individuel maintenant.

J'adore jouer mais surtout être avec pleins de gens qui aiment les échecs et qui sont devenus des copains!

Partir quand on a 16 ans au bout de la france avec des copains faire un tournoi , il y a pas mieux pour vous faire aimer les échecs je pense!!

Sinon le jeu en lui même m'intéresse bien sûr un minimum sinon ce serait difficile...J'aime beaucoup comprendre une position mais je n'aime pas les finales et pas tellement les ouvertures. Je suis plus joueur qu'analyste ou compositeur ou tout ce qui tourne autour du jeu.

Pour moi les échecs ce sont la compétition, jouer une partie et rencontrer des gens.


Comme compositeur de problemes, j'ai trouve une discipline (la composition echiqueenne, donc) quasiment completement en adequation avec mon style de vie : dormir le matin, assurer les menus tracas quotidiens l'apres-midi (enseigner, s'occuper de sa famille, etc...), et reflechir, parfois meme mediter, tranquillement la nuit entiere, un echiquier magnetique sur les genoux, coince entre une bonne bouteille et un paquet de clopes.


Les Echecs sont un parcours initiatique Comme d'ailleurs tous les Arts Martiaux , ce que beaucoup de pratiquants oublient trop :il y a 5 degrés qu'on peut résumer ainsi :

1) Découvrir et admirer

2) Imiter et apprendre

3) Comprendre

4) Critiquer

5) Créer

On ne franchit pas les degrés en meme temps dans tous les compartiments du jeu , ni meme dans toutes les ouvertures

A chaque fois qu'on franchit un degré , on éprouve un plaisir intense


Mon capitaine ;-)


Je vois trois choses 1) Le divertissement : jouer me permet d'oublier ce que Nicolas appelle les tracas du quotidien, mais au delà à l'idée de la mort. Ceci ne manque pas de saveur quand on sait que le jeu, quoique abstrait, s'appuie précisément sur une représentation de la mort.


2) Le plaisir narcissique : gagner me renvoie une image positive de moi-même. De manière générale, l'inévitable alternance de la frustration consécutive aux défaites et du plaisir procuré par la victoire crée une situation de dépendance commune à de nombreux jeux.


3) Le fantasme du contrôle. À un monde où notre champ d'action paraît très limité et dont les règles sont floues, les échecs offrent une alternative donnant l'illusion d'un contrôle absolu dans un environnement simplififé à l'extrême.


Et pour élargir le débat... J'ajouterais bien une question : qu'est-ce qui vous pousse à écrire sur un forum comme celui-ci ?


lire "d'échapper à l'idée de la mort" dans mon premier post 


alors là, Bascombe, chapeau ! ... un contrôle absolu...


Je crois bien que tu es le premier que je rencontre :-)



El cave, le
là pour le coup c'est le désoeuvrement :-)


à écrire, je ne sais pas... ..., mais à lire, certainement.


C'est El cave


ZéCarioca, thuriféraire.


@ Zécarioca Merci de ne pas extraire du contexte, j'ai parlé d'illusion de contrôle.


Excuse-moi, Bascombe... C'était juste pour blaguer ;-)

C'est parce que, perso, je n'ai même pas cette illusion...


Par ailleurs, je ne me permettrais pas avec le président d'une aussi illustre fédération :-)






El cave, le
allons Bascombe nous ne sommes pas sans savoir que sous l'apparente décontraction du joueur de salon que tu te piques d'être se cache une jalousie quasi morbide à l'égard des joueurs de club, probablement parce que l'intense vie intérieure que leur procure l'analyse exhaustive de la variante principale issue de 14 Fe3 outrepasse de bien loin, au fond, les fastes creux de ta vie sociale dont l'inocuité te saute à la figure dès lors que tu rentres le soir et que tu fais face à l'huis clos de ta salle de bain.


Pourquoi à huis clos ? Ses supporters ont dérapé ?


Plaisir et découverte: échanges d'idées, confrontation entre des logiques, des intelligences et des façons de penser différentes, imprégnation d'idées nouvelles dans l'optique de développer notre culture échiquéenne, notre vision du jeu, consolider ses propres bases, enfin, apprendre à voir les choses sur un autre angle aux ECHECS comme dans la vie.



Apprendre à se découvrir soi même et à corriger ses défauts à travers les Echecs, mes échecs!, sur les 64 cases comme sur l'échiquier de la vie. En effet, Les ECHECS nous apprennent l'esprit de synthèse et la logique, la force de jugement et l'analyse de situations diverses, et tout simplement, le courage et la prise de décisions cruciales aux ECHECS, comme dans la vie.




Passion et fantasme: m'évader un moment à travers des siècles d'ECHECS dans le sillage des grands maîtres du passé jusqu'aux frontières de l'inconnu, à en découvrir l'essence même du jeu et la philosophie profonde de cet art insolite, indomptable, et mystérieux, qui nous fuit entre les doigts à chaque fois qu'on croit le maîtriser. Par ailleurs, les ECHECS est un refuge, une passion, une aventure sans fin.





Ego et orgueil: Enfin, quoi qu'on dise sur ce noble jeu, il y a toujours dans la nature humaine cet orgueil démesuré et cet ego survolté qui nous ronge de l'intérieur, et comme dans chaque partie d'ECHECS, c'est la guerre des tranchées, une bataille psychologique sans merci à la limite de l'art et de la folie.



hé, hé... @ ZéCarioca :

Moi non plus je ne contrôle rien, comme tu t'en doutes. Disons plus simplement que les règles du jeu sont claires, contrairement à la vie. D'où l'illusion qu'on y contrôle un peu mieux la situation.

Et pardon pour ma réponse un peu hâtive et très premier degré (mais qu'est-ce qui m'arrive ?) ;-)

@ El Cave : tu me confondrais pas avec Jean-Robert Pecheur des fois ? ;-)



Il me semble que ... le jeu est souvent facteur d'addiction quand sont réuni les ingrédients suivant :.

1) Plaisir de la pratique.

2) Envie de progresser et de gagner

3) Sociabilité du milieu de jeu.

4) Plaisir de la compétition et étalonnement vis à avis d'un systéme de classement.







Comme le terme "addiction" a pas mal été utilisé déjà, je vous conseille la lecture du Jeu pathologique (Que sais-je ?) d'un psychiatre Marc Valleur.
L'étude est centrée sur la dépendance aux jeux d'argent, mais s'intéresse aussi aux jeux vidéo, aux jeux de hasard et de compétence comme le poker ou de compétence tout court, comme nos Echecs auxquelles les extraits suivants s'appliquent bien il me semble :



" L’addiction concerne toujours des objets à double face : les jeux qui rendent accroc possèdent tous un aspect positif, passionnant, source de plaisir ainsi qu’un fort côté addictif qui scotche les dépendants (...) Il se pourrait bien que ces jeux « appellent » des personnes possédées par une violence intérieure dont ils ne sauraient quoi faire, et qu’ils assouvissent à travers les jeux
. Le jeu est donc refuge, routine, réassurance, mais également risque, transgression, épreuve, recherche de sensations extrêmes, pour un modèle « dépendance/ordalie » typique de l’héroïnomane.
(...)
La plupart des jeunes cherchent d’abord un refuge dans le jeu car ils perçoivent la vie réelle comme beaucoup plus dangereuse que la vie parallèle des jeux. Le monde du jeu est de fait beaucoup plus juste que celui de la vie réelle qui connaît un très haut niveau d’incertitude, et du coup cette « justice » donne du pouvoir, une emprise, mais a un coût horaire monstrueusement important.



Pas mal, non ? Cela me rappelle la définition de Kaspy des Echecs comme une "boxe mentale".


@michko C aussi vrai! 




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