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Initiation au problème d'échecs : le mat en deux coups (1ère partie) par pessoa le  [Aller à la fin] | Problèmes |

C’est une idée qui me trottait dans la tête depuis un moment, je saute le pas.

Je me propose, dans les posts qui vont suivre, d’initier les curieux au problème d’échecs, avec l’espoir de susciter une ou deux vocations. Je me bornerai, au moins dans un premier temps, à un genre que j’affectionne et qui n’est pas aussi simple qu’on ne pourrait le croire : le mat en deux coups. A ce stade, je préviens les problémistes expérimentés que je vais, dans la suite, faire de coupables approximations, dans un but pédagogique. Sachez juste que toutes les « règles » que je vais donner souffrent des exceptions, qui les confirment comme chacun sait.

Le problème est un domaine complexe, qui a donné lieu à des développements parfois abscons. On n’échappera donc pas, pour commencer, à le découverte de quelques notions que j’essaierai de rendre le moins indigestes possible.


Qu’est-ce qu’un problème ? ou le vocabulaire de base.

Un problème est une position créée, littéralement, « de toutes pièces » par un compositeur (ou problémiste). Dans un « mat en deux coups », il s’agit donc d’une position ou les blancs, au trait (ce sont toujours les blancs qui matent dans un problème), matent en deux coups contre toute défense.
Le premier coup des blancs est appelé la clé. Ce coup doit être unique. Aucun autre coup ne doit permettre le mat en deux coups. S’il existait une autre solution, le problème serait dit démoli. Si au contraire la solution prévue par l’auteur se heurtait à une défense imprévue, le problème serait insoluble, donc évidemment incorrect.
Après la clé, les blancs ont parfois une menace, c’est-à-dire la possibilité de donner mat si ils avaient encore le trait. Parfois, les blancs ne menacent rien, et seule l’obligation qui est faite aux noirs permet un mat forcé. Cette situation, qu’on appelle zugzwang aux échecs classiques, porte le nom de blocus chez les problémistes.
Les différents coups que les noirs peuvent tenter pour parer la menace éventuelle sont appelés des défenses. Si le problème est correct, chaque défense mène à un mat, ce qui forme les différentes variantes.
Je vous propose un premier exemple simple :

A Bottachi, 1921

#2 (abréviation pour : mat en deux coups)

La clé est : 1 Tg4 !, qui menace 2 Tg8 #
La dame noire peut parer cette menace immédiate de différentes façons, ce qui nous mène aux variantes suivantes :
1… Db2+ 2 Cd2 #
1… Dc3 2 Cxc3 #
1… Dc5 2 Cxc5 #
1… Dxd6 2 Cxd6 #
1… Dxf6 2 Cxf6 #
1… Dg5 ou Dh5 2 Cg5 #
1… Dg3 2 Cxg3 #
1… Dh2+ 2 Cf2 #
On a découvert ici notre premier thème, la rosace du cavalier : dans huit variantes différentes, le cavalier mate avec chacun des huit coups à sa disposition.




Eléments d’esthétique du problème

Le but d’un problème n’est pas de fournir un exercice permettant de progresser aux échecs. Il ne doit pas non plus être considéré comme un « devinette » destinée à piéger celui qui cherche à le résoudre. Un problème d’échecs a pour but d’être « beau », selon des critères esthétiques qui ne sont pas arbitraires mais découlent de deux siècles de pratique de cette discipline. Pour moi, un problème d’échecs n’est donc ni plus ni moins qu’une œuvre d’art (cette affirmation est soumise à controverse, mais passons).

Quelles sont ces règles esthétiques ? Elles sont nombreuses et parfois contradictoires, mais disons :

1 La position de départ n’a pas à ressembler à une position issue d’une partie plausible. Toutefois, elle doit être « légale », c’est-à-dire qu’elle pourrait provenir d’une partie réellement jouée.
2 La position doit être la plus légère possible, sans pièce superflue. Plus généralement, on cherche à éviter que les pièces (en particulier les pièces puissantes, comme la dame blanche) n’aient qu’un rôle passif ou mineur.
3 Les duals doivent être évités. On dit qu’il y a dual quand il existe deux moyens d’arriver au mat. On a vu plus haut que s’il existait deux clés différentes, le problème était incorrect (démoli). Les autres duals sont moins rédhibitoires mais quand même gênants : existence de deux menaces, ou de deux mats différents sur une même défense noire.
4 On apprécie l’existence de nombreuses variantes, particulièrement si elles sont reliées entre elles par un thème, une idée commune (comme dans l'exemple ci-dessus). Je parlerai de la thématique du deux-coups dans un prochain article.
5 Enfin, la clé doit être « inattendue » (ce qui est l’héritage du temps ou les deux-coups étaient de plaisantes devinettes), ce qui se traduit par quelques interdits : pas de clé donnant échec, pas de clé prenant une pièce adverse (un pion, c’est toléré). D’une manière générale, on apprécie les clés qui semblent donner du jeu aux noirs : clé qui donnent des cases de fuite au roi, clé qui déclouent une pièce adverse, clé de sacrifice clé qui exposent le roi blanc à des échecs noirs etc.

Exemple : un grand classique
Le problème suivant est connu pour présenter une des plus belles clés de l’histoire du deux-coups. Je recommande de chercher un peu à le résoudre avant de regarder la solution (un peu plus bas):

De J Schiffmann, Bristol Times and Mirror, 1er prix

#2

Attention, voici la solution :





1 Df3 !! (la menace est 2 Cb4 #)
Clé magnifique, elle donne une case de fuite au roi noir :
1… Rb3 2 Cc1 #
Elle sacrifie la dame, qui peut être prise de deux manières différentes, dont une qui et permet un échec au roi blanc :
1… Dxf3+ 2 Te4 #
1… Txf3 2 Tg4 #
Il reste une dernière variante :
1… b1=D 2 Tc2 #


Je vous laisse savourer cette œuvre et découvrir tous les effets, notamment le jeu précis de la tour blanche qui protège le fou afin que la batterie blanche donne tout son effet.

La suite prochainement.









Excellente initiative !! Une petite question cependant , pourrais-tu d'emblée faire la différence entre composition , problème et études ? Je ne vois pas la différence.


merci pour ce post très intéressant 


en effet, c'est coton ! 


excellent j'attends la suite avec impatience :)


sigloxx, le
Bravo Pessoa! J'ajoute ça de suite à mon profil.


Excellent pessoa En passant si quelq'un a acheté le livre de Mayer ,Problèmes pour les gens sans problèmes ,j'aimerais avoir votre avis.


Merci pessoa ! 


Ca fait plaisir à voir! 


Pessoa , tu es un CADOR ! ;-)) 


Ah! Enfin!!! Merci à toi Pessoa de vulgariser le monde du problème!

J'y vois déjà plus clair au niveau des termes, voyons, avec la suite, si c'est le cas pour trouver les solutions... ;-)

Je donne un lien intéressant également sur le sujet, il a peut-être été déjà donné mais dans le doute:

http://christian.poisson.free.fr/


Excellente initiation. Cependant je voudrai apporter deux précisions au problème de SCHIFFMANN.
1- cette composition date de 1927.
2- La clé Df3 ! qui introduit une batterie indirecte avec le Cd3 va permettre d’activer la batterie direct Tc4-Fg8.
Ceci afin de préciser la nature des thèmes utilisés dans cette formidable composition.



Struggle, sauf erreur, il y a l'univers de la "composition" qui se partage en 2 mondes : "problemes" et "etudes".


J'ajoute un terme technique a l'excellente presentation de pessoa : une cle qui libere une case de fuite au roi noir est appelee "ampliative".


ref nico mais tu as répondu à côté : ok ça se divise en deux, mais quelle est la différence entre les deux ? C'est ça que struggle demande.


Reponse sur l'autre fil. C'est pas super precis, je te l'accorde. Je suis loin d'etre le mieux place pour repondre a cette question. Probablement que sigloxx pourrait definir de facon parfaitement nette la frontiere entre les 2 mondes.


menfous, le
ref Struggle et Fox la réponse est dans l'énoncé:

si tu vois : "les blancs matent en x coups", c'est un problème.
si tu vois "les blancs jouent est gagnent" ou "les blancs jouent et font nulle", c'est une étude.

Souvent une étude ressemble à une fin de partie "réelle".

Composition est juste le terme général incluant étude et problème.

(définitions à être confirmer par un spécialiste)


Oui menfous, je raconte quasiment la meme chose dans l'autre fil (celui de l'exercice didactique en pj).


Torlof, le
excellent! "Beau post.
Je me range à mon tour parmi les amis de #(1729)#... " ;)

pardon, de cette Initiation aux problèmes d'échecs
une initiative digne de ce Forum, merci pessoa
je place également ce fil dans mes préférés.


merci menfous 


pessoa, le
Merci de vos encouragements Je suis en train de rédiger le 2ème chapitre.


-> Bernard : tu as raison. Dans un prochain chapitre, je parlerai un peu plus de thématique.

-> Torlof : lol


Pour tous, je recommande l'excellent initiation sur le site de clafouti :

Initiation au problème d'échecs


IDFX, le
super! j'arrive sur ce fil après être passé par le n°4, c'est pour ça que je suis un peu à la bourre (j'étais en vacance avant).Merci pour ce bel exposé.
Question : je ne perçois pas l'utilité de tous les pions noirs, notamment en 2° rangée. Le pion f6, ok, il empêche 3...Tf7 après 2...Txf3 3.Tg4+. Le pion h, à la rigueur, menace peut-être de donner échec au Roi blanc dans certaines variantes (h1=D ou h1=F). Le pion b, on a vu, mais les deux autres?
C'est marrant, Df3 m'est venu presque immédiatement à l'esprit, je crois que c'est dû au fait que le premier exemple de l'autre fil, la collaboration Dame-Cavalier en troisième rangée est un peu similaire, comme quoi pédagogiquement tout ça est quand même très bien foutu, encore bravo.


pessoa, le
Pions superflus Bien :


Le pion d2 évite le dual 1 Tc2+ Rb3 2 Cc1# (ou 1 Cc1+)

En revanche, les pions f2 et h2 ne servent à rien. Ni dans le jeu réel, ni dans le jeu apparent, ni dans les essais, ni pour l'élimination des duals. On peut les retirer sans dommage.

Je ne saurait dire à quoi ils servent. Peut-être Schiffmann a-t-il cru assurer la correction de son problème facer à une démolition imaginaire (à l'époque, les logiciels n'existaient pas, certains problèmes faux paraissaient). Ou alors, ces pions étaient nécessaires dans une version antérieure du problème, et Schiffmann n'a pas eu l'idée de les enlever dans la version définitive (l'explication la plus plausible à mon avis). Ou bien encore Schiffmann n'avait cure de la notion d'économie et il trouvait la position plus spectaculaire avec ces quatre pions. Mystère.


école anglaise! cette école proscrivait tout dual, même sur les coups ne parant pas la menace!!

les PNf2 et h2 sont sans doute liés à l'application de ses préceptes : ils évitent des "duals" (2.Cb4,Td4,Té4,Txf4) sur les coups 1..Df2 ou Dh2; ainsi il ne reste dans la solution qu'un "dual" sur 1...Tfg4 2.Cb4 ou Txg4 et si l'auteur ne l'a pas évité c'est qu'il ne le pouvait pas...

on trouve beaucoup de ces pièces anti-"dual" dans les vieux problèmes, qui ne seraient pas justifiées dans les problèmes "modernes".



pessoa, le
Ok Tout s'explique. Merci !


Ne pas se laisser embêter par la perfide Albion !


J'avais loupé ce post... Je savais qu'il existait, puisque Erony l'avait évoqué récemment, mais là, c'est trop de charité... sur un plateau en somme. Et hop! dans mes favoris...


Que dire encore ? Merci.


Oui liam il faut se méfier des destructeurs, il leur arrive même de construire. Juste pour s'amuser.


Gumoto, le
Merci Pessoa pour ce post que je découvre par hasard et qui donne envie de s'intéresser à cette discipline.


zoug, le
Il est parfois intéressant de voir pourquoi un coup presqu identique n.est pas la solution.Dans le premier problème on peut se demander pourquoi Th4 n est pas la solution .On voit alors que D h5 permet aux Noirs d avoir l oeil simultanément sur le F3 et sur la 8ème rangée.C est surtout pour les coups de T qu on a à se poser la question.Pourquoi entre n cases où une T peut aller, seule telle case est valable.On découvre alors des finesses supplémentaires dans l oeuvre




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