|
| Notation algébrique ou descriptive par bl***oc**5339 le
[Aller à la fin] |
| Actualités | |
Récemment, je suis tombé sur une copie de feuille de partie du match Capablanca-Alekhine, écrite en notation descriptive. Ce qui m'a amené à me poser quelques questions :
- Quand ont été inventées les notations algébriques et descriptives ? Il semblerait que les arabes aient été les premiers à employer la notation algébrique, mais je n'ai pas pu trouver de références sûres. Quant à la descriptive, je suis dans le flou total.
- Depuis quand la notation algébrique a-t-elle supplanté la descriptive ? (il semble en effet que la descriptive était majoritaire avant la 2nde guerre mondiale)
- Comment la descriptive a-t-elle pu tenir si longtemps, alors que la notation algébrique (simple utilisation de coordonnées cartésiennes) semble bien plus claire et facile à appréhender ?
Voilà, j'espère trouver des réponses sur ce forum :-)
|
|
|
D'après ce que j'ai pu lire (mais je ne suis pas certain):
Stamma: notation descriptive.
Philidor: notation algébrique.
Le comble c'est qu'il ne reste aucu´ne trace du match joué entre les deux.
|
|
|
un coup de Google... d'après cette page, la notation algébrique a été introduite par Stamma en 1737. Pour ce qui est de la descriptive elle a lentement évolué pour abréger des phrases complètes, il est donc difficile de donner une date. La notation algébrique avait totalement supplanté la descriptive en 1970, sauf... aux USA, qui ne sont pas encore (complètement) convertis. Quand je vois la dose de propagande qu'ils sont capable d'étaler pour faire comprendre à leurs enfants que le système métrique est utilisé par les méchants extra-terrestres (si, si) alors que les gentils Américains utilisent leurs miles, gallons etc., je ne suis pas étonné qu'ils gardent leur vieille notation moins pratique mais à eux.
|
|
|
Quand j'ai commencé à jouer (début des années 70), les anglais utilisaient encore la notation descriptive anglaise et dans les journaux britaniques de l'époque (Chess) il y avait des débats enflammés entre les tenants de l'algébrique (tous les jeunes joueurs anglais de l'époque, Miles, Nunn, Speelmann et consorts) et les partisans de la descriptive (joueurs lambdas) qui utilisaient des arguments du type: si ça continue, on va être obligé de peser en kg et de compter en km. C'était plutôt drôle. Depuis les anglais ont compris le principe de réalité. Quand aux américains, ils sont indécrotables.
Ceci dit, quand je rouvre des vieux bouquins de l'époque (Batsford et autres, et on avait que ça) , c'est très lisible et sympathique. Nostalgie!!!
|
|
|
rectification Je pense Philidor et Stamma notaient en descriptive. J'avais moi même adapté Stamma en algebrique dans les années 70 à partir de l'analyse de Philidor
Philidor avait meme une notation très verbeuse: "votre cavalier à 3 cases du fou de la dame"
La réponse est simple quand on frequente des débutants incultes: il comprennent plus facilement la notation descriptive car la logique des coordonnées cartesiennes leur parle encore moins...
|
|
|
Dans les années soixante j'ai écrit à B.H. Wood, éditeur de CHESS en lui suggérant de faire passer sa revue à l'algébrique, plus pratique. Il m'a répondu : "Sur le fond vous avez raison, mais je risque d'y perdre 50% de mes lecteurs". C'est dire combien les Anglais sont conservateurs. Pour ce qui est des Américains, il me semble me souvenir que CHESS LIFE est en algébrique. Est-ce que je me trompe ? En 1980 j'ai joué un tournoi à New York où j'ai joué contre un vieux MI américain Sidney Bernstein qui me raconta qu'il était abonné à Europe-Echecs qu'il considérait comme une des meilleures revues du monde. Il faut dire que CHESS LIFE ne cassait pas trois pattes à un canard. Mais ceci prouve que tous les (bons) joueurs américains ne sont pas tous attachés à la descriptive... et que la qualité d'une revue n'est pas garantie pour l'éternité !
|
|
|
Sur mjae on trouve un article intitulé Jeu d'échecs et guerre de 1910 à 1924, Par Robin-Gaël Vinsot
On y voit la bagarre qui eut lieu en France à cette époque entre les tenants de la descriptive et ceux de l'algébrique.
Lien : http://www.mjae.com/echecs-et-guerre-03.html
|
|
|
correction sur Philidor + Kieséritski Les éditions du XVIII siècle de Philidor (analyse du jeu des échecs) sont en notation descriptive complète : le pion du roi avance de deux cases ( e2-e4 pour les fanas de la notation algébrique). La première transcription en notation algébrique a été faite dans la réédition de Hisrschel dont un fac-similé à été édité chez Olms.
La notation description française se simplifie par la suite (ex P4R) dans les ouvrages de Jean Préti, Henri Delaire, Jean Tabenhaus.
Les tenants de la notation descriptive assurent que c'est plus simple pour un non intitié, ce qui est vrai, mais pour les habitués, la notation algébrique cela nous parait plus simple.
La notation étant la même que l'on soit Blanc ou Noir (relative) simplifie le process intellectuel de notation de la partie par rapport à une notation algébrique absolue.
La notation algébrique est utilisée dans la première édition du Bilguer (1843)
Grossièrement les Allemands sont à la base de la notation algébrique, les Français suivent quand aux anglais, ils ont fait de la résistance longtemps.
Pour continuer à faire un peu d'histoire, la notation algébrique change un peu avec l'informateur qui donne une notation algébrique simplifiée avec seulement la case d'arrivée. Ceci est rendu passible grace à la vérification par l'ordinateur pour les doubles coups possibles.
Dans les ouvrages antérieurs, ont trouve le plus soubvent une notation algébrique complète ( ex : e2-e4 au lieu de e4)
Pour le fun, il a existé une notation typiquement francaise proné par Lionel Kieséritky qui allie les deux avantages : les coups des blancs et des noirs sont notés par rapport à leur côté respectif. Les pièces sont notées par rapport à leur case d'origine : exemple C fou Blanc de case noire. Les pions sont notés en minuscule. Pour corser le tout la case d'arrivée est donnée par 2 chiffre le premier est l'indice de ligne le deuxième l'indice de colonne (l'inverse de la notation algébrique).
J'ai retrouvé deux ouvrages du milieu du XiX siècle evec cette notation : unre traduction de Lewis faite par Kieséritski et publiée au café de la Régence et un opuscule de présentation du d'échecs de Von Ténac sans date de parution mais que l'on peut dater assez précisément de 1850.
|
|
|
Merci pour les réponses !
|
|
|
@tartake Concernant l'ouvrage de Philidor, dans l'édition de "Analyse du Jeu des Echecs" que je possède (Paris -Chez Causette, Libraire- 1820 - imprimé à Strasbourg, chez Koenig) on utilise déjà la notation algébrique.
L'éditeur précise d'ailleurs, sur la page de garde :"Avec une nouvelle Notation abrégée et des Planches où se trouve figurée la situation du jeu pour les Renvois et les Fins de parties". Et il expose clairement dans un "Avertissement au lecteur" les avantages de cette nouvelle notation. Il précise : "Cette nouvelle édition est donc, en quelque sorte, une traduction de l'ouvrage de Philidor dont il a fallu refondre les notes ou remarques, pour les accorder avec la notation." Ce qui lui a permis de "réduire à un très petit volume (148 pages) ce traité qui, dans l'original, forme un in-8° de plus de 300 pages."
De quand date donc la réédition de Hisrshel dont tu parles ? Car il semble bien que l'éditeur de l'exemplaire que je possède revendique la paternité d'une première édition de cet ouvrage en notation algébrique. Et également de la première édition comportant des diagrammes (cases vertes et blanches, les figurines que l'on connait aujourd'hui étant remplacées par des lettres majuscules, noires et orange : T, C, F, R, D, P).
|
|
|
@regicide Ce n'est pas parce qu'une édition a été faite en algébrique qu'elle a définitivement enterré la descriptive : j'ai une édition du Philidor (mais comprenant également les Ruy Lopez, Stamma et Greco) de 1870, par C. Sanson, dans une descriptive plutôt archaïque, malgré des diagrammes assez 'modernes', genre 4. F. pr. PF échec. Pourtant elle est postérieure de 50 ans à celle dont tu parles que j'ai vue chez un ami.
|
|
|
@regicide Je viens de m'apercevoir que j'ai fait une confusion avec le Gréco pour Hirschel (OLMS).
Par contre l'analyse du jeu des échecs a bien été reprise en fac similé chez Pauvert dans les années 80-90 avec les diagrammes avec des lettres et de la couleur.
Le suis au bureau et n'ai pas le bouquin sous les yeux, mais c'est bien une édition originale du début du XIX.
|
|
|
Je viens de consulter un numéro de 1931 de l'ECHIQUIER, revue belge d'Edmond Lancel. Oh ! surprise, le premier article, signé Tartakower est en descriptive alors que tout le reste du spécimen est en algébrique avec figurines. Le raffinement est même poussé assez loin, puisque les commentaires sont écrits avec une police beaucoup plus petite que la variante principale, police dotée de figurines miniaturisées pour noter les coups. Les diagrammes sont aussi de très belle facture. Quand on compare cela à certaines publications récentes, il est difficile de comprendre qu'ont pu coexister pendant des décennies des revues et des livres de qualités d'édition aussi différentes.
|
|
|