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Correspondance III ; Affres et plaisir par Br***au***ch***2 le  [Aller à la fin] | Actualités |
Pourquoi donc jouons-nous aux échecs ? A cette question naîve il a été 100 fois répondu, sans pour autant épuiser le sujet et nous n'y parviendrons pas d'avantage.

On dira volontiers pour le plaisir. Mais, quel est donc ce plaisir qui engendre et distille si aisément inquiétude, stress, angoisse, désillusion ... et jusqu'aux affres délicieuses de la plus totale déroute ?

On ne pourra donc évoquer ici les petits plaisirs tous simples de l'existences, dont le charme finit bien souvent par le disputer à l'ennui. Mais, plutôt les plaisirs "corsés" qui mettent en jeu une part de nous-mêmes et impliquent, peu ou prou, un certain seuil de risque.

Il est clair que l'idée de risque est sous-jacente à toute activité humaine. Le risque nous effraie et simultanément nous fascine, inhérent qu'il est à toute manifestation de vie. Nous disposons d'ailleurs d'une panoplie considérable de jeux, de sports ou d'activités en tout genre, en vue de nous effrayer et intensifier ainsi, autant qu'il est loisible, la sensation que nous avons d'être.

Pourtant, il y a une différence majeure entre la vie tangible et ces activités codifiées par lesquelles nous tentons de canaliser nos émotions.

De la sorte, le jeu d'échecs est un travestissement de la vie ; chaque partie engagée exprime une naissance, un développement, un combat, un risque ... et, à la clef, une humiliante défaite ou une éphémère victoire ; à moins qu'une trêve ne soit conclue. Toutes échéances sonnant comme une fin d'existence, prélude à d'autres combats, à d'autres simulacres de vie.

Pénétrons donc plus au coeur de l'alchimie des affres et délices dont nous sommes redevables à notre jeu préféré. Je les analyse ainsi :

* Face à la position de départ, alors que nous sommes sur le point d'engager une nouvelle confrontation, nous éprouvons une émotion particulière, mélange d'exaltation et d'inquiétude, tant elle est signe de régénération, de renaissance. Donc de chance intacte.

* Le début des hostilités apporte cette satisfaction hors pair de jouer des coups quasiment parfaits, garantis qu'ils sont par la Théorie, tout en nous offrant le luxe de personnaliser notre ouverture, par des choix judicieux dans l'inextricable ramification qu'elle propose.

* Le jeu qui se déploie est un combat. Nous luttons contre un adversaire, mais tout autant, sinon plus, contre nous-mêmes. Pour un temps limité, extrait de la vie réelle, toutes nos forces, toutes nos capacités physiques, psychiques, morales et intellectuelles s'arc-boutent vers l'unique objectif dérisoire qu'est le gain de la partie en cours.

* La vie authentique est un jeu d'échecs trop complexe. ; voici bien longtemps que, pour ce qui la concerne, nos idéaux d'absolu se sont émoussés. A travers cette vie en réduction qui irradie l'échiquier, l'opportunité nous est offerte de satisfaire cette soif de perfection, provenant d'un paradis perdu, dont nous gardons souvenance.

Mais, hommes, nous restons hommes, et cette quête de sublimité, sans cesse réinventée, s'étiole et s'annihile, tandis que nous produisons une succession de coups médiocres, lorsqu'ils ne sont pas purement détestables ; et pourtant, tant qu'il se peut, l'espoir renaît et se poursuit notre inlassable rêve de dépassement.

* Et parfois, inopinément, doutant de la réalité de ce que nous observons, nous sortons le grand jeu : développement harmonieux, position dominante, initiative durable,combinaisons brillantes, sacrifice magistral, conclusion irréfutable ... Pour un infime instant de notre tumultueuse existence, nous cotoyons Dieu et la cohorte des anges.

* Qu'une partie s'achève dans la joie ou la tristesse, parfois même une confuse souffrance, s'y mêle bien souvent une certaine nostalgie, face à cette vie qui s'éteint... Mais, déjà résonnent en notre tête les clairons d'autres combats ; d'autres possibles victoires.

* Et cette féerie de se réfléchir inlassablement et nous revenir sans fin, reflet de notre propre image, à peine déformée à travers le miroir du temps.



Relis Pascal et ses "Pensées", et tu trouveras la réponse à ta question...et a bien d'autres questions d'ailleurs ! Les echecs sont un "divertissement", au sens pascalien (se divertir = se détourner de). Il s'agit tout simplement d'occuper son temps pour ne pas se poser les vraies questions, et oublier entre autre qu'on va tous crever. Tu pourras faire toute sorte de théories pour expliquer ce qu'il y a d'agréable dans le jeu d'échecs, le tennis, la philatélie ou tout autre activité humaine visant a nous divertir, la réponse est connue depuis longtemps ...


personnellement je joue aux échecs pour gagner 2,5€ de l'heure en moyenne !




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