Il me semble que dans la question posée plus bas par Dom, il en existe une autre sous-jacente et plus cruciale : quels facteurs déterminent la force d'un joueur à un moment donné ? Il me semble que c'est une combinaison des paramètres suivants :
- la compréhension du jeu. Par là, j'entends l'ensemble des positions à propos desquelles le joueur possède une idée sur la manière de les traiter, soit parce qu'elles se sont déjà présentées dans sa pratique, soit parce qu'il les a rencontrées dans des parties d'autres joueurs ou analysées. Cette compréhension est directement issue du travail et de la pratique antérieurs et va en augmentant mais de façon marginale (avec une dérivée négative si les mathématiciens préfèrent).- la force de calcul. Ce paramètre peut s'optimiser en effectuant des exercices tactiques qui permettent d'adapter au mieux la force brute au contexte particulier des échecs, mais il est pour la plus grande part inné. Il varie tout au long de l'existence, avec malheureusement une tendance à décroître dès le début de l'âge adulte. - l'investissement du moment. Ce dernier élément recouvre à la fois l'investissement en temps consenti pour les échecs et l'état d'esprit plus ou moins combatif dans lequel le joueur se trouve (allant du délassement pur à l'esprit de compétition exacerbé ou le moyen de subsistance). Bien que moins significatif du niveau échiquéen du joueur, il me semble que ce dernier aspect peut intervenir dans le classement d'un joueur jusqu'à 100, voire 200 points dans des cas extrêmes au dessus ou en dessous de sa valeur absolue. De façon générale, les joueurs au plus haut niveau sont à leur apogée vers 30-35 ans car c'est le meilleur compromis entre les deux premiers points : leur compréhension est déjà très élevée et ils ont encore l'énergie nécessaire. Quant à l'investissement, il va sans dire pour des joueurs de l'élite mondiale. Pour les amateurs que nous sommes (en général), c'est beaucoup plus difficile de déterminer l'optimum car les possibilités d'augmenter la compréhension du jeu sont beaucoup plus vastes et variables d'un joueur à l'autre. En outre, le 3ème point évolue aussi beaucoup selon les contingences professionnelles et familiales.Voilà, le DTN sera fier de moi, j'ai fait un article sur les échecs. Lisez-le bien, pas sûr qu'il y en ait d'autres !
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