Je me réjouis que le débat concernant M. Léotard soit moins virulent. Cependant je ne voudrais pas qu'il se termine sur l'intervention de M. Olivier Coclet car cette dernière contient trop d'inexactitudes.
Je me réjouis que le débat concernant M. Léotard soit moins virulent. Cependant je ne voudrais pas qu'il se termine sur l'intervention de M. Olivier Coclet car cette dernière contient trop d'inexactitudes.Avant de le reprendre point par point, je voudrais juste faire un court préambule sur le jeu par correspondance : Actuellement, on distingue trois catégories de joueurs
1/ "les anciens" qui ne veulent ou ne peuvent pas utiliser d'ordinateurs (ou alors seulement comme base de donnée), et qui continuent de jouer comme il y a trente ans. C'est une espèce en voie d'extinction.
2/ Pour des raisons qui me dépassent, il y a ceux qui se contentent de jouer en faisant tourner leur ordinateur. Au mieux, leur originalité consiste à choisir les premiers coups de l'ouverture... C'est l'espèce la plus répandue, hélas.
3/ La troisième est ce que j'appelle les "binômes". Il s'agit d'un humain + une machine. L'homme réfléchit, la machine calcule...
C'est dans cette catégorie que l'on trouve les meilleurs joueurs par correspondance.
Mais pas seulement : après sa défaite contre Deeper Blue, la première (et c'est toujours sa position en 2001) réaction de Kasparov a été de dire que Deeper Blue n'était en fait qu'un binôme ! (Machine + GMI) Doutant fortement que M. Léotard soit dans la première catégorie, comme il n'est manifestement pas non plus dans la seconde, je le soupçonne fortement de faire partie de la troisième.
Comme il ne s'agit pas d'une attaque personnelle à son égard, mais plutôt contre l'ensemble des forts joueurs par correspondance, dans la suite du texte par "M. Léotard", il faudra entendre "la majorité des forts joueurs par correspondance". Revenons au texte de M. Coclet : OC : 1. Facile de cracher sur les autres en se cachant derrière un pseudo, il faudrait avoir un peu plus de cran.
P.V. : A qui le dites-vous ! OC : 2. On peut accepter les critiques mais pas les violences et les calomnies :
a) Personnellement, je n'ai vu écrit nulle part ( dites moi où c'est ) "Brillant sacrifice de qualité du GM Léotard" puisque c'était théorique dans cette Sveshnikov tant décriée.
b) En fouillant dans les archives, je constate que C. Léotard a déjà atteint 2070 elo ( 2000 en ce moment ) avant de cesser presque totalement toute pratique à la pendule. Je ne connais pas C. Léotard mais des joueurs qui l'ont déjà vu évolué "en vrai" m'ont certifié que s'il consacrait un peu de temps au jeu devant l'échiquier, il obtiendrait facilement un classement FIDE au moins 2200.
P.V. : Le propos de M. Coclet ne fait que confirmer l'hypothèse du "binôme" !
Les meilleurs joueurs par correspondance français étaient ou sont (Dr Bergraser ou R. Goldenberg) d'une toute autre pointure à la pendule ! Idem pour les meilleurs mondiaux tel Estrine.
Je ne vois pas comment on peut étudier les échecs et jouer par correspondance si différemment que l'on les étudie à la pendule... Parlons plutôt du "temps consacré aux échecs". Et je suis désolé, pas mal d'entre nous en y passant autant de temps que M. Léotard serions aussi à 2200 ! OC : L'écart avec son classement par correspondance deviendrait alors tout à fait normal.
P.V. : Hélas non... voir plus haut pourquoi. OC : Simplement, il disait dans l'EE de février que le jeu par correspondance offre souvent le luxe de pouvoir réfuter les analyses des tous meilleurs devant l'échiquier. Cela ne signifie pas pour autant qu'il se considère meilleur que V.Kramnik, loin de là ! C. Léotard se ferait écraser à plate couture s'il rencontrait V.Kramnik devant l'échiquier mais le jeu par correspondance lui offre le bonheur de jouer à un niveau supérieur à celui que les plus grands champions développent à la pendule.
C'est pourtant clair et facile à comprendre, non ?
P.V. : Sans être M. Léotard, nous sommes nombreux à pouvoir poser plus de problèmes à M. Kramnik avec l'aide d'un très fort logiciel et d'un temps élevé que face à face sur l'échiquier !
Cela aussi, c'est facile à comprendre, non ? OC : d) J'espère que celui qui le traite de "petit joueur qui n'entend pas grand chose aux échecs" a un elo FIDE supérieur à 2400.
Sinon, ça pourrait lui faire tout drôle si C. Léotard venait à apprendre cela et lui lançait, cette fois, un véritable défi sur l'échiquier.
P.V. : exact. Nul doute que M. Léotard a une forte compréhension du jeu, et c'est ce qui fait sa supériorité face aux autre binômes. OC : e) Je me demande bien pour quelles raisons saugrenues C. Léotard aurait besoin de l'aide d'un programme qui joue à 2200 quand il joue à 2650 elo ICCF.
P.V. : Sauf si pour obtenir 2650 ICCF il avait depuis toujours utilisé un programme. OC : 3. Dans le "match-défi", ce n'est tout de même pas de sa faute si les machines jouent comme des patates.
P.V. : L'opposition des machines dans ce match-défi correspond à ce que j'ai définie comme la seconde catégorie de joueurs dans mon préambule. Et M. Léotard les massacre déjà depuis pas mal de temps ! OC : 4. En supposant que C. Léotard ait utilisé une base de données pour commenter sa superbe partie contre Pietrobono, où est le mal ?
Sortir toute la théorie avec variantes et sous-variantes sans avoir à fouiller dans tous les bouquins et à tout rentrer "à la main", c'est bien pratique, non ?
Pourquoi lui aussi n'y aurait-il pas droit ?
L'utilisation des bases de données est désormais complètement admise et réglementaire par correspondance. S'il suit la théorie des GMI devant l'échiquier, n'est-ce pas une marque de respect ?
Il explique qu'il faut juste savoir comprendre à quel moment ces GMI se trompent.
P.V. : Ce que vous dites est exact. Mais je suis certain que M. Léotard utilise une base de donnée. Aucun mal à cela. OC : 5. Je reconnais que, pour les profanes du jeu par correspondance, C. Léotard peut paraître arrogant ou prétentieux. Mais, je suis sûr que quand il "provoque", il le fait volontairement dans le but qu'on parle du jeu par correspondance, qu'on fasse connaître cette discipline. Objectif largement atteint en effet.
Les plus réfléchis, ceux qui le connaissent un peu ou qui connaissent les caractéristiques du jeu par correspondance, ont compris tout de suite le sens de sa démarche.
P.V. : Je comprend la démarche, et me réjouis que l'on parle du jeu par correspondance.
Ce que je ne comprend pas, c'est l'obstination (question d'EGO ou à cause du règlement ?) des forts joueurs par correspondance à essayer de faire gober qu'ils font partie de la première catégorie de joueurs, de nier qu'ils utilisent les machines pour calculer, et enfin se fassent passer pour des massacreurs d'ordinateurs !
Car pour ma part, je ne vois aucun mal à cela... Les plus forts, tels M. Léotard ou M. Boissel émergent toujours !
Et non pas ceux qui ont l'ordinateur le plus puissant, le logiciel dernier cri, selon l'opinion hélas la plus répandue. OC : 6. Je ne comprends pas pourquoi dans ce pays :
a) On ne supporte pas ceux qui gagnent.
P.V. : merci pour le cliché
OC : b) Il faut toujours perdre du temps à expliquer l'évidence.
P.V. : j'ai bien envie de retourner le compliment ! Conclusion :
La compétition entre binômes qu'est devenu le jeu par correspondance à haut niveau constitue un véritable et précieux laboratoire pour notre jeu.
Nier contre vents et marées, contre insultes et sarcasmes, que les joueurs par correspondance, y compris les meilleurs, utilisent des bases de données "et aussi des machines pour calculer" ne sert pas la cause, bien au contraire.
Il faudrait que les règlements changent, pour que ceux qui ont investi quelques années de leur vie puissent avouer, mais c'est un tout autre débat...
Mais l'évidence, puisque M. Coclet parle d'évidence, est têtue ! Le match-défi qui me convaincrait, ce serait M. Léotard jouant une partie par correspondance dans les bois, sans électricité, sans ordinateur, sans liaison téléphonique, sans internet, etc. Juste quelques livres comme à l'ancien temps.
Et là, je suis prêt à parier jusqu'à mes dernières économies sur des Fritz, Hiarcs ou autre Genius... Pascal Villalba
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