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Et si l'on essayait de dépasser les polémiques pro ou anti Kasparov ?
Et si l'on essayait de dépasser les polémiques pro ou anti Kasparov ? de ne pas croire que tout cela se réduit uniquement à des histoires de fric ? Avant la 2ème guerre mondiale, il n'y avait pas de règle, aussi le champion du monde choisissait son challenger, et remettait son titre en jeu... rarement. En 1948 la FIDE a organisé un match-tournoi pour désigner le successeur d'Alekhine mort en 1946, puis institué pour la suite un cycle de 3 ans : un système pyramidal long et complexe (zonaux, interzonal, tournoi des candidats) désignait celui qui aurait le droit d'affronter le champion. Ce dernier gardait son titre en cas de match nul et, jusqu'en 1963, avait droit à un match revanche en cas de perte. Autant dire que, depuis l'origine, les règles assuraient une grande stabilité au champion du monde et, par là-même, une grande autorité et un pouvoir certain dans le monde des Echecs. Souvent même un contre-pouvoir par rapport à la FIDE. Illiouminov, personnage très malin devenu président de la FIDE, a instauré le système actuel : une formule coupe annuelle, avec une centaine de participants. Autrement dit, on est champion du monde pour un an, avec une très faible probabilité de l'être plusieurs années de suite. Adieu stabilité et autorité : c'est maintenant le président seul qui a l'une et l'autre. Kasparov ne désire pas seulement gagner de l'argent. Il veut aussi bénéficier du pouvoir qu'avaient ses prédécesseurs et je crois que c'est la raison principale de ses bras de fer successifs avec Campomanes (après 87) et Illiouminov, et de son refus du système actuel. Au-delà du cas Kasparov, la vraie question est celle-ci : Quel champion du monde voulons-nous ? En cyclisme, athlétisme, etc..., le champion du monde est le vainqueur d'une course d'un jour. En formule 1, golf, etc..., le champion du monde est le meilleur sur l'ensemble d'une saison. Ce sont deux systèmes fondamentalement opposés et, aux Echecs, nous sommes passés de l'un à l'autre sans que la question ait réellement été discutée. Peut-être faudrait-il commencer par là au travers des fédérations qui composent la FIDE ? Une rencontre en 16 parties entre les deux meilleurs mondiaux, même dépourvue de la moindre valeur officielle, garde un impact considérable comme on vient de le voir, et comme le montrent les démarches récentes de la FIDE auprès de Kramnik. Que voudra et pourra faire la FIDE ? Que voudra et pourra faire Kramnik ? Comme tout le monde je l'ignore, mais comme tout le monde je souhaite que la raison l'emporte et que l'organisation internationale des Echecs cesse de ressembler à celle de la boxe.
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