...vu sous l’angle psychologique
A l’issue de la 9e partie du match on peut d’ores et déjà dire et quelle que soit l’issue du match : rien ne sera plus jamais comme avant pour Kasparov.
Kramnik est en train de mettre à rude épreuve le mythe d’invincibilité que l’Ogre de Bakou avait réussi à imposer à ses pairs et aux médias en général.On peut constater et presque affirmer que Kasparov ne s’est pas préparé ou très mal préparé. C’est la 1er fois qu’on peut faire ce constat.Il a réussi à créer l’illusion dans la 8e en gagnant la bataille de l’ouverture avec les noirs, mais dans la phase finale la fébrilité l’a emporté avec le hâtif 35. Td2+ qui conduisait vers une nulle rapide.Kasparov souffre avec les noirs ce qui est somme toute normal à ce très haut niveau de compétition, mais aussi avec les blancs ce qui n’augure rien de bon.
Le mur de «Berlin» érigé jusqu’à présent par Kramnik a tenu de manière plus que convaincante.
Les 2 anglaises jouées par Kasparov, parlons surtout de la cinquième partie n’étaient pas suffisamment affûtées afin qu’elles puissent blesser un adversaire.
La 7ème conclue par la nulle en 11 coups fut un aveu d’impuissance.Garry n’a jamais fait de nulle en 11 coups et n’a jamais aussi mal joué avec les blancs depuis le début de sa carrière. On peut légitimement se demander ce qui se passe en coulisses.
N’a-t-il pas évoqué des événements extra- échiquéens dont il ne souhaiterait pas parler pour le moment à l’issue de la conférence de presse de la 7ème partie terminée en 11 coups.Kramnik continue placidement la stratégie qu’il a minutieusement mise au point avec ses secondants. Alors qu’il ne reste que 7 parties à jouer, c’est lui qui mène très clairement les débats.
Kasparov ne joue plus l’écossaise avec les avec le score écrasant qu’il avait, car Kramnik la connaît très bien du temps où il était son secondant lors du match contre Anand.
Il ne peut plus jouer la Grünfeld, la 2ème partie a eu l’effet d’une douche froide ni l’Est - indienne car Kramnik passe pour un expert contre cette ouverture.
Vladimir Kramnik a réussi comme en lutte ou en judo à immobiliser pour l’instant le jeu agressif de Garry Kasparov.
Les seules faiblesses que nous avons pu déceler de Kramnik sont pour l’instant les symphonies inachevées des 4è et 6è parties. Kramnik n’a pas l’habitude de ces longs combats de rue, il lui a certainement manqué l’agressivité et l’énergie nécessaires pour conclure 2 belles parties qui accréditent une universalité rare de style.
L’autre faiblesse de la situation de Kramnik réside dans le fait qu’il est en ligne de mire d’un Kasparov qui n’a besoin que d’un match nul pour demeurer le n°1.
Une prochaine victoire de Kramnik sonnerait à présent le glas de Garry Kasparov. Mais tel n’est pas le cas.De toutes façons, ce combat est palpitant et je n’en ai pas connu d’aussi intense dans l’ère moderne depuis les duels Kasparov-Karpov.
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